Histoire de la rupture Jospin-Hollande…
Les rivaux de Ségolène Royal exigent des « règles du jeu claires »…
Ségolène Royal veut renationaliser EDF et GDF…
François Hollande se voit en candidat unique du PS, sinon rien…
Histoire de la Rupture Jospin Hollande Quatre jours plus tard, à Nantes, lors de la journée parlementaire du PS, Hollande fait le malin, comme souvent lorsqu’il cherche à se rassurer : «Quel que soit le candidat ou la candidate qui sera choisi le 16 novembre, ou le 23 puisqu’on me demande d’insister…» «On» n’est pas là, puisqu’il n’est pas parlementaire. Mais «on» est fâché. Le divorce a été consommé le 30 août, lors d’un tête-à-tête Hollande-Jospin au domicile parisien de Jospin, rue du Regard. Quand il accueille celui qu’il a installé neuf ans plus tôt à la tête du parti socialiste, Jospin commence par s’inquièter de l’état général de la gauche, de l’absence de « ligne claire » du parti socialiste, et reproche à Hollande de ne pas avoir « assez exercé son autorité de premier secrétaire ». Les rivaux de Ségolène Royal exigent des « règles du jeu claires »
Le 16.09.2006 François Hollande est attablé à Lens avec quelques élus et une poignée de journalistes. Lionel Jospin surgit et se penche vers lui : « François, pourquoi tu ne parles dans tes discours que du premier tour ? » « Pardon ? » « Oui, j’aimerais que tu arrêtes de faire comme si ça devait être plié le 16 novembre. Tu es premier secrétaire, tu dois veiller à ce que tout soit loyal jusqu’au bout, et donc jusqu’au deuxième tour, le 23 novembre ! Le ton est cinglant. Glacial. Jospinien. Hollande encaisse. Public, l’esclandre illustre la rupture entre les deux hommes.
Jospin est convaincu que Hollande a tout manigancé pour lui faire barrage ; et Hollande est persuadé que Jospin préfère faire perdre son camp plutôt que de voir un autre, ou plutôt une autre, triompher là où il a échoué.
Et il en vient au fait : « Je m’opposerai à la candidature de Ségolène. Tu le sais bien, ce n’est pas ma conception de la politique, ce n’est pas ma conception du parti. » Il reproche à Ségolène Royal de jouer « l’opinion contre le parti ». « On ne prend pas le parti avec des sondages ! » assène Jospin. « Tu as le droit de t’opposer à Ségolène, répond Hollande. Tu es une autorité morale et tu peux te contenter de donner ton avis. Il sera entendu. Tu peux aussi soutenir un autre candidat, comme Dominique [Strauss-Kahn], puisque tu dis que tu n’as pas de problème avec lui, ou appeler à ma candidature en tant que premier secrétaire. Ou alors… » « Ou alors je peux être candidat », le coupe Jospin. « Oui, tu peux décider de renverser la table, reprend Hollande, mais tu dois en mesurer tous les risques ! » «Je vais voir, je vais réfléchir…»
Les partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn entendent faire adopter le 26.09.2006 par le bureau national du parti socialiste des règles claires et transparentes garantissant l’égalité de traitement entre présidentiables.
Ouvertement mis en cause par Laurent Fabius, qui l’accuse de vouloir favoriser son ex-compagne, Ségolène Royal, François Hollande, doit présider le bureau national.
Pour Christophe Borgel, proche de Dominique Strauss-Kahn, « on sent une tentation pour que le débat n’ait pas vraiment lieu ». Le Parti socialiste doit veiller à ne pas « se faire imposer son vote de l’extérieur », s’alarme-t-il.
« La règle du jeu doit être fixée demain et pour tout le monde », renchérit Claude Bartolone, qui met en garde contre toute tentation de « jouer la montre » ou de « s’entendre sur un machin qui ne voudra rien dire ».
Les Fabiusiens attaqueront le 26.09.2006 sur trois axes: organisation de six débats (trois de type Lens et trois télévisés), équité des moyens impartis par le PS à tous les candidats et connaître « assez rapidement » les listes de militants autorisés à prendre part au vote du 16 novembre.
Craignant un « forcing » lors du scrutin, les Fabiusiens exigent que tout nouveau militant, venu à la faveur d’une campagne d’adhésion sur internet au printemps, soit « présenté » à section du PS en bonne et due forme pour avoir le droit de voter.
« Ce débat parlementaire est une occasion manquée pour équiper la France d’un pôle public national de l’énergie », a-t-elle déclaré dans les couloirs de l’Assemblée nationale, avant d’ajouter : « Nous devrons remettre à plat l’ensemble du dossier. Nous devrons remettre dans le secteur public GDF et EDF pour créer un champion national de l’énergie. »
Le coût et le financement (par l’emprunt ?) de cette renationalisation n’a pas été précisé par la candidate.
François Hollande se voit en candidat unique du PS, sinon rien
« Je suis au service de mon parti, donc je ne peux être candidat que si tous ceux qui aujourd’hui postulent à la candidature disent ‘c’est au premier secrétaire de faire son devoir’ », a déclaré François Hollande le 26.09.2006 sur France Inter.
Il a refusé toute « leçon » de Laurent Fabius en matière de respect du vote militant.
En 2004, « il y a eu un vote au moment du traité constitutionnel européen. Les militants socialistes ont répondu oui à 60%. J’ai respecté le vote, pas Laurent Fabius [qui a fait campagne pour le 'non']. Donc qu’il ne vienne pas ici faire des leçons sur le respect du vote », a-t-il expliqué.
Il a également rejeté l’objection des fabiusiens selon laquelle les nouveaux adhérents venus au parti via internet n’avaient pas été présentés en bonne et due forme dans les sections socialistes. « Je veux que ces adhérents, après contrôle bien sûr, puissent voter. Qui peut être contre cette position ? » a-t-il dit.
« Dans cette campagne interne, on est sûr qu’un socialiste va gagner puisqu’on est entre socialistes. Alors on peut continuer la bataille entre socialistes (…) mais le principal c’est quand même de battre la droite », a-t-il insisté.
« Je regarde l’opinion, y compris pour ce qui concerne le jugement qu’elle porte sur moi. Parce si on dit, ‘il ne faut pas prendre la plus populaire’, pourquoi pas ? Mais à ce moment-là, il faut prendre le moins populaire et là j’ai mes chances ! »
(Sources: NouvelObs, L’Express, Libération, Le Monde du 26.09.2006)
"Le Parti socialiste doit veiller à ne pas « se faire imposer son vote de l’extérieur »"
Un parti, qui fait de la politique en tenant seulement compte de l’avis d’une poignée de ses militants, va droit dans le mur.
Certains politiques de gauche (ça reste encore à prouver) qui nous ont déjà prouvé leur incompétence politique dans le passé (Voir affaire du sang contaminé) ferait mieux de ravaler leur orgueil et de soutenir le candidat faisant plus l’unanimité chez tous les électeurs de gauche.