La gauche Chinoise invente un nouveau mythe Mao dans sa lutte contre les réformateurs

Trente ans après sa mort, à l’âge de 82 ans, Mao Tse-toung est devenu une affaire politique importante entre les réformateurs et les gauchistes, qui débattent sur la direction à donner a l’économie en croissance ultra-rapide…

L’édition du 09.09.2006 du Quotidien du Peuple a publié un article extrêmement rare du fils de Mao, Anqing, titré « Souvenirs de mon père ». Anqing loue Mao, un leader désintéressé, qui détestait la corruption et refusait de promouvoir ses proches.
Selon les analystes Chinois, l’article est clairement inspiré par de puissantes personnalités de la gauche du parti communiste et ne fut probablement pas écrit par Anqing lui-même, qui a plus de 80 ans et souffrirait de schizophrénie.
Cet article frappe au cœur du dilemme actuel du parti communiste sur la corruption et le fossé social qui se creuse. Pour les Chinois capables de décoder le message politique, il prouve qu’il y a un véritable conflit à l’intérieur du parti.

« Mon père n’avait que deux chemises de nuit qu’il conserva toute sa vie, et elles comptaient 116 pièces à sa mort. Il nous éduqua pour devenir des personnages officiels. Il n’a jamais mis de l’argent en banque pour nous. Il refusait d’utiliser sa haute position pour donner des privilèges spéciaux à ses proches, » écrit Anqing.

L’article est une assertion effrontée des penseurs de gauche, qui ont déjà influencé le gouvernement du président Hu Jin Tao afin de modifier la politique de « croissance à tout prix » des héritiers réformistes de Mao depuis 1979.
Les changements effectués incluent des restrictions de propriété immobilière, l’obligation pour les entreprises de reconnaître les syndicats et des enquêtes de corruption à haut-niveau.
Hu est réputé jongler entre les différents factions.
Le nouveau leader a d’ores et déjà choisi de suivre la politique autoritaire de répression de l’ère Mao pour écarter les dissidents, contrôler les médias et restreindre l’expression libre sur Internet.
Les gauchistes retrouvent ainsi confiance.

Comme Mao le disait, une seule étincelle peut mettre le feu à la prairie. Aucun leader Chinois n’oublie que Mao initia la révolution culturelle avec un unique article de presse, sur un obscur sujet littéraire, dont peu avait compris le message codé (attaquer ses rivaux), jusqu’à ce qu’il devienne trop clair.

(Source : Michael Sheridan, The Times du 10.09.2006)

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