Née en 1955, dans une famille modeste, de Madras en Inde où elle a passé les 23 premières années de sa vie, Indra Krishnamurthy Nooyi a du faire un long chemin, sans fortune, sans appuis, sans relations, pour faire ses preuves, ne pouvant compter que sur son talent…
Aujourd’hui elle est considérée par le magazine Forbes comme la 4e femme la plus puissante, depuis qu’elle a pris la tête de PepsiCo, le géant de l’agroalimentaire, le 14.08.2006. Pepsico, c’est plus de deux fois Danone en chiffre d’affaire et en résultat.
Bien sûr, elle est brillante, elle a bénéficié d’une bourse pour étudier à Yale, puis est passée par le Boston Consulting Group, Motorola, Brown Boveri.
Mais elle n’a rien perdu de ses origines et de l’héritage Indiens dont elle est fière. Elle se rend aux manifestations de PepsiCo en sari.
Peut-on imaginer une femme, PDG de Danone, d’Alcatel ou de L’Oréal (au hasard), noire, arabe ou berbère, née en Afrique, y ayant fait la plus grande partie de ses études, récemment naturalisée, et apparaissant lors d’évènements de sa société en djellaba ou en boubou ?
L’Amérique a ses défauts, comme la France a les siens. Mais il faut reconnaître qu’elle sait donner leur chance aux talents et que le libéralisme et le capitalisme américain demeurent un formidable tremplin pour réussir. L’Amérique qui est capable de nommer au plus haut niveau de l’une de ses entreprises les plus emblématiques quelqu’un d’aussi éloigné de l’establishment.
L’Amérique qui est capable de fournir des capitaux à des immigrés pour exprimer leurs capacités. Ainsi Pierre Omidyar, né en France de parents Iraniens a fondé eBay, Sergey Brin, né en Russie et qui, avec ses parents, a fui l’antisémitisme, est le co-fondateur de Google, Pradeep Sindhu, né en Inde est le co-fondateur de Juniper Networks.
En France, de telles réussites sont-elles possibles ? Evidemment non.
Un pays ne réussit que s’il est capable de renouveler sa classe créative et dirigeante en faisant appel aux talents qu’elle que soit leur origine ethnique ou religieuse. En France nous n’acceptons les immigrés que pour remplir les stades ou les salles de spectacle.
Notre avenir est-il sclérosé ?
Je suis tout à fait d’accord avec vos propos.
En France, embaucher quelqu’un ça ne se prend pas à la légère. L’entreprise n’a pas le droit à l’erreur, son seul recours est de demander aux candidats un bon diplôme ou une solide expérience. Ce qui laisse peu de place aux autres, même s’ils sont aussi compétent ou motivés.
En France, en général, vous commencez un métier, vous finissez votre carrière avec celui-ci. Si l’on veut changer de voie, c’est assez difficile. On vous posera plein de questions sur ce changement. On verra cela comme de l’instabilité alors que cela peut simplement être une envie qui cache une réelle motivation.
Ce que je trouve de génial aux USA, c’est que l’on peut être embauché et commencer immédiatement après un entretien. A soi ensuite de faire ses preuves. Bien sûr, si on est mauvais, on est viré sur le champ : ce qui est logique aussi, non ? Et puis, aussi, on peut rendre son tablier à n’importe quel moment pour x raisons. Je le vois comme une liberté !
Bien sûr, le libéralisme a ses défauts. Mais je pense surtout que le libéralisme peut être une chance pour ceux qui veulent vraiment trouver un job…Sûrement qu’ici, on a pas cette mentalité…ou la même vision du monde du travail….