" Le péril Royal " selon le corédacteur de La Revue Socialiste

Alexis Dalem, corédacteur de "La Revue Socialiste", organe officiel du parti socialiste, tire à boulets rouges sur Ségolène Royal, Lionel Jospin et François Hollande. Morceaux choisis…

Quant à la prétention de Mme Royal à incarner le renouvellement du politique, c’est une opération d’illusionnisme, comme le révèle sa gestion de la région Poitou-Charentes. Elle affiche son soutien à la démocratie participative, mais elle pratique la centralisation et la personnalisation du pouvoir. Championne des coups médiatiques, elle calibre son discours en fonction des études d’opinion, ce qui la conduit d’ailleurs à se contredire.

La popularité de Ségolène Royal place le Parti socialiste dans une situation périlleuse.
Alors que beaucoup de militants et de sympathisants se disent : « Elle est la seule à pouvoir gagner contre Nicolas Sarkozy », c’est probablement le contraire qui est vrai. Si elle était désignée, sa défaite serait presque assurée.

Pourquoi ? Parce que son discours politique est en décalage avec les grandes attentes des électeurs potentiels de la gauche… C’est seulement lorsque le débat politique montera en intensité que se révéleront les clivages fondamentaux et les tendances profondes. Alors apparaîtra le décalage entre Mme Royal et l’électorat de gauche.

Depuis 2002, les principaux événements politiques qui ont secoué la société française ont traduit, de la part des sympathisants et électeurs potentiels de la gauche, une triple attente. Politique tout d’abord, c’est-à-dire une attente de débats de fond sur l’état du monde et de la France, une demande d’action et de volontarisme et une demande de repères et de valeurs permettant de reconstruire du collectif. Une attente de changement à gauche ensuite, c’est-à-dire d’alternative face à ce qui est vécu comme la domination du capitalisme libéral et mondialisé.

Or la personnalité socialiste la plus populaire incarne des orientations inverses : dépolitisation, « people-isation » du politique, aspiration à l’unanimisme et méfiance à l’égard des grands débats, préférence pour le local, la technique et le quotidien

La popularité de Ségolène Royal ne traduit pas une tendance de fond ou une évolution de société, mais relève du malentendu. Reste à comprendre comment ce malentendu a pu s’installer.

Mais la principale raison qui explique la popularité de Ségolène Royal tient à la situation interne du Parti socialiste. Depuis 2002, celui-ci a peiné à s’imposer dans le paysage politique comme une force de gouvernement crédible face à la droite. Un double diagnostic s’est installé : les socialistes n’auraient rien à proposer et le PS souffrirait de la division de ses chefs. Cette image, c’est le résultat de plus de dix ans de hollando-jospinisme.

C’est seulement dans le contexte d’un parti déboussolé par dix ans d’errements que Ségolène Royal peut aujourd’hui apparaître comme un recours.

Dernier paradoxe : elle propose de mettre à la retraite les " éléphants " – au premier chef Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn -, alors que ce sont eux qui ont permis au PS de rester, malgré tout, un lieu de réflexion et de proposition depuis 2002. Ce n’est pas un hasard si l’essentiel du contenu du projet provient d’eux et de leurs équipes.

Le passif du hollando-jospinisme, dont la popularité illusoire de Ségolène Royal est le dernier rejeton, doit être soldé pour que le socialisme français sorte de la crise. Espérons que l’électrochoc d’une nouvelle défaite électorale ne sera pas nécessaire pour y parvenir et que les semaines qui nous séparent de la désignation permettront à chacun d’y voir plus clair.

(Alexis Dalem, corédacteur en chef de " La Revue socialiste ", Le Monde du 26.08.2006)

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7 Réponses à “" Le péril Royal " selon le corédacteur de La Revue Socialiste”


  1. 1 Un citoyen écoeuré

    Pour une fois qu’un politique socialiste (une femme) sort du lot encourageons la plutôt parce que pour les autres on en ras la casquette entre un ancien premier ministre qui a été incapable de gérer la situation du sang contaminé (responsable mais non coupable disait un de ses ministres de l’époque … moi je dirais plutôt irresponsable) et il ose prétendre au poste suprême comme si les français avaient déjà oubliés son incompétence à gérer un dossier si sensible, résultat plusieurs centaines d’hémophiles et dialysés contaminés par le virus du sida, et tout cela pour faire l’économie du chauffage du sang. Il est pas plus compétent aujourd’hui comme si proposer d’augmenter le smic de 100 € allait le rendre plus populaire auprès des classes populaires.
    Quand à deux des autres on se demande ce qu’ils savent ce que veut dire "être de gauche", et pour finir le ponpon revient au perdant en titre qui avait pourtant retiré de la politique après sa défaite cuisante mais qui reste persuadé qu’il est le sauveur de la France et qui naturellement conduiras la gauche socialiste dans le mur une fois de plus. Je suis tendance de gauche mais la j’en peux plus de ces "guignols".
    Madame Ségolène postulez a cette élection, on est des milliers a vous soutenir mais de grâce si vous êtes élues débarassez vous de ces "loosers" il est temps de rénover et de vous entourer de vrais "socialistes" et surtout de gens compétents.

  2. 2 Nextway

    moi plus tendance droite, mais je pense parfaitement comme l’internaute, ci-dessus; On a et on a eu les mêmes clowns à droite; moi, je voterai pour ségoléne parcequ’une femme, c’est peut-être, notre salut…

  3. 3 Nextway

    moi plus tendance droite, mais je pense parfaitement comme l’internaute, ci-dessus; On a et on a eu les mêmes clowns à droite; moi, je voterai pour ségoléne parcequ’une femme, c’est peut-être, notre salut…

  4. 4 ¨hlippe

    Mettre dans le même billet "elle calibre son discours en fonction des études d’opinion" et "son discours politique est en décalage avec les grandes attentes des électeurs potentiels de la gauche" me semble contradictoire…

  5. 5 épimetheus

    Coup de chapeau à Ségo qui a su prendre le PS en otage. Après tout, elle fait comme tout le monde : Mitterand à son époque avait leurré toutes les forces de gauche et Sarkosy est en train de faire pareil à droite. J’ai au passage quelques contacts qui m’ont éclairé sur la manière dont Madame Royal dirigeait sa politique régionale, c’est franchement écoeurant.
    Ce qui me fait marrer c’est que lorsque l’on voit un le Pen au deuxième tour, on fustige les électeurs qui ont voté pour des candidats disons, plus originaux.
    Nous critiquons les américains mais nous avons réinventé leur conception de la politique : deux partis qui alternent et des candidats insipides.
    Ah ah la médiocrité française n’est pas mal non plus.
    Madame Royale, vous n’êtes pas de gauche !

  6. 6 Sébastien

    Non, ce n’est pas un décalage que de le dire! Les aspirations de la gauche et de la France sont différentes! Ainsi, sur le dossier de l’immigration, une partie non négligeable des gens sont pour la politique d’expulsion massive. Ce n’est pas le cas des socialistes.

    Concernant son clientélisme, totalement d’accord! Mme Royal est aujourd’hui pour le mariage gay, ce qui n’a pas toujours été le cas! (plus d’un Français sur deux y est aujourd’hui favorable, c’est bizarre non?!?).

    Par contre, l’analyse sur le soi-disant hollando-jospinisme, je reste sceptique: on sait que Jospin flirtait avec le trotskisme, pas Hollande! Les hommes sont différents et apparenter leurs politiques est une erreur.

  7. 7 Ouvrier

    Moi , je voterais au premier tour pour celui qui me donne encore l’impression d ‘exister .. Il n’est ni de gauche ( c’est quoi la gauche aujourd’hui , la droite extra molle ? .. ni un type de droite qui me parait elle aussi molle ) .. Ja voterais pour la seule droite qui reste !

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