Les économistes de renom du Cercle des Economistes en ont assez d’entendre dire tout et n’importe quoi par les hommes politiques. Ils veulent mettre en avant les contraintes économiques incontournables qui s’imposent à la France, et que le parti qui la dirigera après les élections de 2007 devra prendre en compte qu’il soit de gauche ou de droite…
(Photo: Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Economistes, ancien conseiller économique de Jean-Pierre Chevènement)
Une démarche analogue avait été lancée par Christian Blanc (app. UDF), Jean-Marie Bockel (PS) et Alain Lambert (UMP) au début du mois de juillet.
Qui protéger, de l’emploi ou du salarié ? Que défendre, du contrat à durée indéterminée ou du contrat unique ? Comment penser les conditions de rupture d’un contrat de travail ? Faut-il privatiser l’énergie ? Qui taxer, du capital, du travail ou de la consommation ?
Voilà quelques-unes des questions que le Cercle des Economistes pose pour « clarifier le débat de politique économique en France » en vue de l’élection présidentielle de 2007. « On n’a pas l’intention de laisser les politiques dire n’importe quoi. Or le débat est mal parti, à en juger par le préprogramme du PS, qui est ni fait ni à faire », déclare son président, Jean-Hervé Lorenzi.
Des contraintes qui s’imposent à la gauche et à la droite, au Parti socialiste et à l’UMP
Les économistes ne prétendent pas que les politiques ont perdu leur liberté ou leur faculté de choix. Mais, inquiets de la pauvreté du débat en France sur l’économie, quand ils ne sont pas outrés par la mauvaise foi ou par le manque de courage, ils veulent faire œuvre de pédagogie et lister les contraintes incontournables qu’imposent à la France son appartenance à l’Union européenne, plus particulièrement à la zone euro, et son insertion dans une économie mondialisée.
Aucun parti ayant vocation à gouverner ne peut prétendre ignorer des contraintes telles que l’ouverture aux pays émergents, la concurrence fiscale et les contraintes budgétaires, les règles ou les normes internationales du capitalisme, le vieillissement de la population et la politique monétaire de la Banque centrale européenne.
Or ces contraintes incontournables ont des conséquences pratiques.
Inutile, par exemple, d’imaginer faire face à la concurrence forte et durable des pays émergents à faibles coûts salariaux en réduisant les importations et en freinant réglementairement les délocalisations. Mieux vaut se faire à l’idée que les restructurations industrielles vont se poursuivre (comme par exemple ce qui se passe actuellement en Allemagne) et accroître les efforts d’innovation pour diversifier notre offre de produits industriels, de création d’emplois dans les services.
Dans une Europe où la concurrence fiscale s’exacerbe et où les contraintes budgétaires demeurent fortes, la baisse de la pression fiscale globale et des dépenses publiques improductives ainsi que la hausse de la productivité des administrations s’imposent comme une tendance lourde.
De même, ce n’est pas à court terme que le traité de Maastricht, le mandat de la BCE de lutter contre l’inflation seront modifiés. Autant prendre en compte cela comme une contrainte, c’est-à-dire que les déficits publics excessifs conduiront à une hausse des taux d’intérêt.
(Source : Claire Guélaud, Le Monde du 23.08.2006)
Ahhh… enfin on en parle.. c’est une des premiere fois que l’on abord enfin la réalité de l’environnement politique et economique Francais.
Mais les médias auront-ils une oreille attentive ou continueront-ils à préférer les discours populistes de nos hommes politiques qui brossent dans le sens du poils l’auditoire naif ???