Les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises Européennes montent et montent. Mais les performances n’augmentent pas dans les mêmes proportions, comme le montre une étude de Manager Magazin…
Exemple : lors de l’assemblée générale de la banque Hypo Real Estate, à Munich en mai 2006, le PDG Georg Funke (51 ans) se donna un mal de chien pour décrire de façon la plus positive l’activité de sa société. Les actionnaires firent les habituelles remarques plus ou moins fondées.
« Business as usual » en quelque sorte. Jusqu’au vote en fin d’assemblée. Là les actionnaires adressèrent une gifle à Funke et à ses collègues. Tous les points de l’ordre du jour passèrent pratiquement à l’unanimité jusqu’au dernier : la motion demandant d’accorder aux topmanagers de HRE 700.000 actions par an, dans un programme de bonus, fut largement rejetée.
Une telle révolte des actionnaires est rare mais remarquable. Habituellement, en Allemagne (comme en France, d’ailleurs) les demandes des dirigeants lors des assemblées générales sont acceptées avec une majorité « stalinienne » par les actionnaires.
Le PDG de Puma Jochen Zeitz (43 ans) avait, il est vrai, connu une telle déconvenue en 2005. Il avait, lui aussi, tenté de faire passer un plantureux programme de bonus, et fut surpris par la réaction de ses actionnaires.
Ne sont-ce que deux cas, isolés et sans relation, de réaction spontanée des investisseurs ? Possible.
Mais plus probablement, les investisseurs institutionnels Allemands veulent-ils lutter contre les demandes exagérées de rémunérations des dirigeants.
Et cela à juste titre : bien que les entreprises Allemandes se situent en rentabilité, comparées à leurs voisines Européennes, comme d’habitude dans la moyenne, leurs topmanagers demandent toujours plus. Les rémunérations des dirigeants des sociétés du Dax (Cac 40 allemand) ont augmenté de 15% en un an. Ils ont encaissé en moyenne par entreprise près de €16 millions par an.
Car une chose est claire : des revenus élevés ne peuvent se justifier que par des performances élevées.
« Quand ont fait des choses que la société n’accepte pas, ont provoque des réactions négatives. Celui qui vit dans un pays égalitaire comme la Suède, les Pays-Bas ou l’Allemagne, et veut gagner beaucoup d’argent, ce qui est perçu comme exagéré, celui-là ne doit pas travailler pour une entreprise cotée en bourse [dont les salaires des dirigeants sont publiés] », dit Ian Davis le CEO mondial de McKinsey au Manager Magazin.
Comme le montre l’étude du Manager Magazin, les hausses de rémunérations des dernières années ne sont pas justifiées par les performances des entreprises. Peu de topmanagers peuvent présenter des résultats les rendant plausibles.
(Source : Ulric Papendick, Manager Magazin du 21.08.2006)
0 Réponses à “Les salaires des topmanagers Allemands sont exagérés, selon les actionnaires”
Laisser un commentaire