Andy Young, personnalité considérable de la communauté afro-américaine, vient de se brûler les doigts en défendant Wal-Mart contre les attaques des syndicats et du parti Démocrate. A-t-il raison de défendre Wal-Mart?…
Andrew Young, 74 ans, est une personnalité de premier plan de la communauté noire Américaine. Il a construit sa renommée comme collaborateur très proche de Martin Luther King et en devenant le premier représentant noir de Georgie au Congrès. Il fut également maire d’Atlanta et ambassadeur aux Nations Unies.
Andrew Young vient de déclarer au Los Angeles Sentinel, un journal afro-américain, en parlant des épiceries de quartier qui vendent aux noirs : « Mais voyez-vous, ce sont les gens qui nous ont fait surpayer… nous vendant du pain rassis et des légumes rafraîchis. D’abord se furent les Juifs, puis les Coréens et maintenant les Arabes ; très peu de noirs possèdent ces magasins. »
Ces commentaires racialement explosifs ont entrainé les réactions outrées de groupes de minorités.
Young s’est par dès le lendemain excusé pour ses remarques, notant qu’elles ont été extraites d’une longue interview, et qu’elles ont été formulées dans un contexte inapproprié.
Les relations de Young avec son principal client, Wal-Mart, se sont tendues et il a dû démissionner le 17.08.2006 de ses fonctions de salarié chez Working Families for Wal-Mart, une organisation créée par le géant de la distribution pour défendre ses intérêts face aux attaques des syndicats et des Démocrates.
A Atlanta, les commentaires sont l’occasion de débattre du mouvement des droits civiques et de la fidélité de Young à ses idéaux.
« Mon idée est qu’Andy a essayé de mener une bonne course sur un cheval douteux, qu’il a fait trébucher avec ses remarques désappropriées, » a dit le Rev. Joseph E. Lowery, qui fit pendant longtemps un associé de Young.
Tom Houck, un habitant d’Atlanta qui a travaillé pour la famille King a déclaré : « J’ai parlé à Andy et lui ai dit ‘Andy, tu dors avec des serpents, ils vond te mordre.’ »
Young a défendu son travail pour Wal-Mart, disant : « Je pense toujours que Wal-Mart est une bonne chose pour les petites gens. »
Il a déclaré lors de son saturday morning meeting : « Wal-Mart a fait plus pour les pauvres que toute autre institution dans ce pays ».
Ses critiques et nombre de ses amis ne sont pas d’accord. Lorsque Wal-Mart lui a demandé de devenir le visage public de Working Families for Wal-Mart, une lettre ouverte de 57 personnalités, essentiellement des membres du clergé, l’accusait de se mettre de côté des « riches orduriers » et de « prendre une position diamétralement opposée à tout ce que Luther King avait défendu. »
Vernon Jones, l’un des hommes politiques de la jeune génération, qui est chief executive officer de DeKalb County, Ga., implantation du dernier magasin Wal-Mart dans la région d’Atlanta, a déclaré que la compagnie avait créé des emplois et revitalisé le secteur.
« Personne ne peut douter du fait qu’Andy Young soit pour les petites gens. Il l’est plus que quiconque d’autre.»
Young ne fut jamais un puriste dans le mouvement des droits civiques. Il a toujours été pragmatique.
Luther King disait de lui : « Andy est mon Républicain favori. »
Quand il a été élu maire en 1982, il déclara à la communauté blanche du monde des affaires : « Je peux gagner sans vous, mais je ne peux gouverner sans vous. »
Wal-Mart n’est pas la première entreprise cliente de Young qui lui a attiré des critiques. En 1996, il était payé par Nike pour inspecter les usines dans les pays émergents. Il leur a donné une caution contre les critiques d’exploitation du personnel.
(Source : SHAILA DEWAN & MICHAEL BARBARO, The NY Times du 19.08.2006)
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