Jean-Marie Colombani s’exprime sur le conflit au Proche-Orient

Avec mesure, dans un éditorial du 01.08.2006, Jean-Marie Colombani, président du Monde, que l’on de peut taxer ni de « sioniste dégénéré », ni de « juif avide de sang » (cf. certains commentaires sur le blog), critique la politique des Etats-Unis, et montre une certaine indulgence pour la position d’Israël. En voici des extraits…

Les extraits de l’éditorial sont en italiques.

« Une suspension des bombardements aériens, à défaut du cessez-le-feu qu’attend la communauté internationale et qui devrait d’urgence s’imposer : le drame injustifiable de Cana, au Liban, a au moins permis à celle-ci de commencer de se faire entendre. Le triptyque proposé dans ces colonnes par Jacques Chirac - cessez-le feu, négociation d’un règlement politique, force multinationale d’interposition - n’en apparaît que plus souhaitable, tant il semble correspondre en effet à l’énoncé du bon sens, selon l’expression du président de la République. Pourtant sa mise en oeuvre relèverait de l’exploit dans un contexte qui se révèle plus compliqué et plus dangereux que jamais, non seulement pour la région, mais pour la communauté internationale elle-même. »

Jean-Marie Colombani poursuit par une critique sans concession de la politique des USA aux Proche et Moyen Orients, et de don objectif de "remodelage" de la région.

« Au Liban, donc, mais aussi en Israël, à Gaza, en Irak, c’est la guerre. Avec, comme dans presque tous les conflits armés aujourd’hui, une majorité de victimes civiles.
Ce n’est évidemment pas ce que George Bush nous avait promis lors de l’arrivée des troupes américaines à Bagdad, en mars 2003, prélude à l’avènement d’un grand Moyen-Orient démocratique…
Trois ans plus tard, la région est à la veille d’un nouveau et vaste conflit si la guerre opposant Israël au parti chiite libanais Hezbollah finit par impliquer la Syrie et l’Iran. Passé les élections
[en Irak], le chaos a gagné toute la région : le Liban, désormais prisonnier du Hezbollah ; la Palestine des territoires, qui a confié son destin aux extrémistes du Hamas ; l’Irak, où les scrutins ont confirmé l’éclatement de fait, chaque ethnie ou religion votant pour les siens. »

Jean-Marie Colombani reproche à George Bush de s’être désengagé du conflit  israélo-palestinien. en collant à la politique d’Israël, et d’avoir renoncé aux processus de paix, « sans cesse relancés par les présidents américains - de Bush père à Bill Clinton - ils avaient au moins la fonction de combler un vide, que la violence a aussitôt occupé, dès lors qu’il n’y avait plus de "processus" ».
En Irak, il reproche à George Bush de n’avoir rien prévu pour l’après-Saddam. « Menée au nom de la lutte contre l’extrémisme sunnite de Ben Laden, l’opération américaine en Irak a donc abouti à un renforcement de l’extrémisme chiite, sans avoir réduit le premier, et en faisant dépendre le sort de l’Irak chiite du bon vouloir de l’Iran !

Or le fiasco américain en Irak limite la marge de manoeuvre pour contenir l’Iran d’Ahmadinedjad…
Et, par milices chiites interposées, l’Iran s’est doté d’un redoutable moyen de pression, comme le montre la situation au Liban. »

Jean-Marie Colombani passe ensuite à Israël avec compréhension.
«  Ce qui devrait conduire, malgré le drame de Cana, à plus de retenue dans la condamnation quasi unanime d’Israël par les opinions publiques européennes.

Car la mesure de la crise est celle-ci, et elle n’a de précédent que dans la crise des missiles soviétiques installés à Cuba en 1962 : en laissant l’Iran et la Syrie installer, via le Hezbollah, de douze mille à dix-sept mille missiles, le Liban a placé Israël à la portée de l’Iran. Pas de n’importe quel Iran : il s’agit de celui d’Ahmadinedjad, dont les propos sur l’existence de l’Etat d’Israël sont sans ambiguïté. Il ne peut donc y avoir aucun doute sur la réalité de la menace qui pèse sur l’Etat juif. C’est pourquoi, de l’Europe à l’Arabie saoudite, en passant par Washington et Le Caire, la plupart des gouvernements ont souhaité le succès de l’offensive israélienne contre le Hezbollah. Aujourd’hui, ces mêmes gouvernements reprochent à Israël son échec, et les opinions lui font grief de tuer des civils. »
Il trouve la stratégie militaire d’Israël inadaptée : « Israël est devenu une sorte de Silicon Valley et se trouve naturellement porté à la guerre technologique qui, face à une guérilla, n’a guère d’efficacité. »

« Israël n’imposera pas aux Palestiniens, ni aux Libanais, une solution israélienne ; mais Israël, plus que jamais, doit être garanti par ceux-là mêmes, Européens et Américains, qui sont visés à travers lui.
Le reproche fait à Israël est d’être coupable d’une réaction "disproportionnée" : le problème est qu’Israël doit sa survie en partie à sa capacité à réagir de façon disproportionnée. »

(Source : Jean-Marie Colombani, Le Monde du 01.08.2006)

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4 Réponses à “Jean-Marie Colombani s’exprime sur le conflit au Proche-Orient”


  1. 1 Fred.

    J’aime beaucoup le passage « Pas de n’importe quel Iran : il s’agit de celui d’Ahmadinedjad, dont les propos sur l’existence de l’Etat d’Israël sont sans ambiguïté. »

    Je n’ai aucune sympathie particulière pour l’Iran et son président, mais M Colomabni continue sa propagande classique.

    Déjà dans le Monde daté du vendredi 28 octobre 2005, critiquait Ahmadinedjad en lui attribuant des propos visant la destruction d’Israël en sa basant sur une dépêche de l’agence Reuters :

    « Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mercredi qu’Israël devait être rayé de la carte, a rapporté l’agence de presse officielle IRNA, décevant les espoirs que l’Iran tempère son hostilité à l’égard de l’État juif. Le soutien à la cause palestinienne est un pilier central de la République islamique qui refuse officiellement de reconnaître le droit d’exister d’Israël. "Israël doit être rayé de la carte," a déclaré Ahmadinejad lors d’une conférence intitulée "Le monde sans sionisme" à laquelle participaient 3 000 étudiants conservateurs qui scandaient "Mort à Israël" et "Mort à l’Amérique". »

    Sans bien sur allez directement vérifier au près de l’agence IRNA (source soit disant de Reuters) qui ne site pas les propos imputés au président Ahmadinejad.
    Et pour cause, une lecture (traduite car je ne lis pas le Perse) du discours prononcé ce jour là permet de se rendre compte que les propos attribués au président Iranien ne sont pas ceux prononcés.

    Mais vérifier une source est un travaille de journaliste, M Colombani est bien au dessus de ce genre de chose, il préfère utiliser tout se qu’il peut pour sa propagande.

    Réponse de Jakouille: et les propos sur la négation de la Shoah, du blabla de journalistes aussi… A quel jeu joue tu Fred? Et IRNA (agence de presse du gouvernement Iranien), c’est une source sûre? D’ailleurs son site est traduit en anglais et en français. Je ne comprends pas que tu ai eu recours à un interprète pour le traduire en français??

  2. 2 salem

    Il semble claire que Colombani est en train de virer vers des opinions assez demagogues, et qui d’ailleurs comme fred le precise ci-dessus, ne prend aucun soin de verifier ces sources.
    Honte aux "pseudo journalistes" (de droite comme de gauche) qui osent propager ce genre d’argumentaire !

    J’aimerais par ailleurs que quelqu’un parle le drame ECOLOGIQUE qui se deroule en mediterrannee, suite aux raids israeliens au sud Liban !
    Imaginez l’emotion qu’avait provoque l’ERIKA, et bien on est das des mesures largement superieurs a ce drame, et pourtant rares sont les journalistes qui s’y interesse. Et pourtant TOUS les pays mediterranneens devrait y reflechir car leur avenir y ai etroitement lie.

    Esperont que cela remont a la surface, et que l’on ne parle pas QUE de sang ! Réponse de Jakouiller: toi, bien sûr, tu vérifies tes sources. Colombani, directeur du Monde, est un excellent journaliste.

  3. 3 oulala

    Salem, et toi est ce que tu es alle verifier les sources ??

    tu nous declares que c est une maree noire pire que l erika !!

    Donne les nous sur la pretendue maree noire
    moi ce que j ai vu a la tele, c est qq litres d essence sur une plage et la propagande repris en choeur par les medias sur une maree noire monstre !!!

    stp : evites de nous donner des sources provenant du hezbollah ou de leurs amis …

    Si on veut, on prend les paris que plus personne ne parlera de cette maree noire qui devrait deferler sur Chypre, la Turquie, et la Grece, puisque bien entendu c’est un coup des libanais pour dire qu en plus Israel est egalement coupable d une catastrophe ecologique en Mediterannée !!!

    Réponse de Jakouille: J’ai lu 15.000 litres, à côté de l’Erika, c’est un verre à liqueur…

  4. 4 Fred.

    Je n’ai, pour ma part, pas vérifier les chiffres mais ce matin le conseillé européen aux transports avait les même inquétudes sur cette marée noire.

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