Un génocide ignoré en Papouasie-Occidentale

Cette région du monde est souvent présentée comme l’un des dernier paradis sur terre, fourmillant d’espèces animales uniques, enveloppé d’une forêt tropicale luxuriante. Les médias nous font admirer de magnifiques photos.
La réalité est tout autre…


Goliar Tabuni est l’un des hommes les plus recherchés d’Indonésie. Il est l’un des chefs de la guérilla en Papouasie-Occidentale, la partie ouest de l’île de Nouvelle-Guinée. Cela fait des dizaines d’années qu’il se bat en vain contre les milliers de soldats Indonésiens qui occupent son pays. Ses hommes se battent avec des arcs et des flèches, quelques fusils cabossés, et ils ne peuvent pas gagner. Ils meurent les uns après les autres, et le reste du monde n’est même pas au courant. «Tout ce que nous voulons, c’est la liberté. La liberté. Dis-leur, dis-leur, en Europe, ce qui se passe ici. Si tu leur dis, ils nous aideront, n’est-ce pas ? » dit-il à l’écologiste Paul Kingsnorth, de l’ONG « Free West Papua » qui ne sait quoi lui répondre.

On parle rarement de la Papouasie-Occidentale  dans les médias. Quand cela arrive, c’est pour annoncer de nouvelles espèces d’oiseaux de paradis ou de kangourous arboricoles ont été découvertes dans des forêts « inconnues » nichées dans des paysages montagneux. On parle du paradis de l’âge de la pierre des tribus de Nouvelle-Guinée.
La Papouasie-Occidentale est, il est vrai, une région extraordinaire, dans la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie, elle abrite 250 tribus qui y résident depuis quarante mille ans et parlent 300 langues distinctes.

La réalité est tout autre car la Papouasie-Occidentale est un pays occupé, où, à vouloir se battre pour la liberté on risque la torture, voire la mort.
C’est un pays interdit aux journalistes étrangers et aux représentants des droits de l’homme, rempli de militaires Indonésiens bien armés et à la gâchette facile au moindre signe de dissidence.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, ce territoire faisait partie des Indes orientales néerlandaises.
En 1949, les Hollandais cédèrent la quasi-totalité de leur empire au nouvel Etat-nation d’Indonésie.
Défendant néanmoins l’idée que la Papouasie-Occidentale se trouvait en Mélanésie et ne devrait par conséquent pas être rattachée à l’Asie, ils lui accordèrent l’indépendance en 1961. Trois mois plus tard, l’Indonésie envahissait le jeune pays.
L’intervention des Nations unies qui s’ensuivit n’eut que peu d’incidence : en pleine guerre froide le bloc de l’Ouest avait à coeur de ne pas froisser l’Indonésie de Sorkarno, qui était courtisée par l’URSS et la Chine. Pour « sauver la face », il fut conclu que l’ONU superviserait un référendum devant permettre aux Papous de choisir entre l’indépendance et le rattachement à l’Indonésie. En 1969, sept ans après l’invasion, l’ONU assista au trucage du vote sans ciller. En déclarant que les Papous étaient trop « primitifs » pour se faire à la démocratie, le gouvernement de Jakarta sélectionna 1.026 leaders papous « représentatifs » et les menaça de mort avant de leur demander de voter. Le résultat fut donc sans surprise.

L’Indonésie s’engagea ensuite dans une campagne de destruction de la culture papoue. Ceux qui résistaient étaient tués, torturés ou bien « disparaissaient ». Au moins 100 000 Papous ont été tués par les Indonésiens depuis le début de l’occupation. D’après certaines organisations de lutte pour les droits de l’homme, on serait en fait proche des 800 000 victimes.
Les richesses naturelles locales (or, cuivre, bois, pétrole, gaz) ont été vendues à des sociétés indonésiennes ou étrangères. Des millions d’hectares de terres ont été confisqués et les opposants passés assassinés.
Les soldats Indonésiens ont tué, violé, torturé et brutalisé les Papous en toute impunité, et le massacre continue aujourd’hui. Des dissidents sont tailladés au rasoir ou brûlés vif par les militaires. Des hommes sont jetés en prison pour dix ans simplement parce qu’ils avaient brandi le drapeau de la Papouasie-Occidentale en public.

Mais les choses sont peut-être en train de changer. Dans le monde, des organisations apparaissent qui s’efforcent de sensibiliser la communauté internationale. Au Royaume-Uni, une poignée de citoyens  a fondé l’initiative Free West Papua.

Le monde doit savoir ce qui se cache derrière les images paradisiaques.

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2 Réponses à “Un génocide ignoré en Papouasie-Occidentale”


  1. 1 yochebed

    Un génocide, ce n’est pas le faite de tuer un grand nombre d’individu, c’est le but recherché du massacre qui fait qu’un crime soit un génocide ou non.
    Tuer 1million de personnes juste pour l’envie de tuer c’est un massacre. Tuer ne serait ce qu’une seule personne mais dans le but d’eteindre sa "race" si je peux me permettre, c’est un génocide.

  2. 2 Seremele

    Les américains, les européens et les australiens parlent de crime de guerre et épuration raciale contre la Russie, l’Irak et arcèle l’Iran.

    Mais qu’on est il de l’indonésie qui est toujours dans la voie d’ épuration ethnique, lui interdisant son drapeau d’émancipation accordée par les hollandais et volée par le nouveau pays colonisateur.

    Comment peut ont accepter un tel comportement des états soi disant défenseur du droit de l’homme. Qui considère les pays qui se battent pour la protection et l’acquisition de leurs ressources naturelles comme force du mal et les voleurs comme leurs amis.

    Je vous prie chers internautes de parler de la cause de ce peuple oublié par les pays qui pouvaient leur donner de l’espoir. Je remercie également le propritaire de l’article “un génocide oublié en papouasie occidental”.

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