Pouvoir de veto du Hezbollah à la conférence de la paix de Rome ?

La proposition d’une force internationale de la paix a de plus en plus de résonance. A la conférence qui s’ouvre le 26 juillet à Rome, elle doit être développée. Mais un problème demeure : le Hezbollah ne veut pas en entendre parler, et pourrait prendre les soldats de l’ONU dans le viseur…

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, arrivé mardi le 25.07 à Rome, a déclaré, « Ce qui est important, c’est que nous quittions Rome avec une stratégie concrète. »
Le rôle de la Syrie et de l’Iran, qui sont les commanditaires du Hezbollah au Liban, sera également abordé au cours de la conférence. « Je m’attends à ce que l’Iran et la Syrie fassent partie de la solution (…), je suis en contact avec eux », a dit Annan.

Mais le préalable à toute intervention d’une force internationale tampon, est un cessez-le feu.

Premier problème : Israël demande le désarmement complet du Hezbollah et la libération des deux soldats kidnappés.
Le Hezbollah, de son côté, ne veut pas entendre parler de cessez-le-feu.

« Le Hezbollah ne veut pas de cessez-le-feu »

« Il est dans l’intérêt du Hezbollah qu’il n’y ait pas de cessez-le-feu, » dit Judith Palmer Harik, qui a écrit un livre sur l’organisation Islamiste, et l’étudie à Beyrouth depuis des années. Le Hezbollah utilise actuellement l’opportunité pour se faire fêter comme organisation de résistance contre Israël. Il a jusqu’à présent rejeté toute intervention internationale. « Quoiqu’il soit décidé à Rome, cela ne sera pas appliqué, » dit Palmer Harik. Si malgré tout, une force internationale devait voir le jour, celle-ci pourrait être la cible d’attentats, met-elle en garde. Déjà, à Beyrouth, le Hezbollah rappelle les attentats qu’il a perpétrés en 1983, et qui ont coûté la vie à 241 soldats US et à 58 Français.
Cela signifie que le Hezbollah exerce de fait un droit de veto : tous les participants à part le Hezbollah veulent une force internationale, mais le Hezbollah peut faire en sorte que personne ne se risque à l’envoyer.

Mais que se passera-t-il si Israël continue à bombarder le Hezbollah et ses infrastructures jusqu’à ce que les Islamistes soient trop faibles pour s’opposer à la force internationale ?
La diplomatie Européenne suppose que c’est le calcul des USA, et que pour cette raison, Israël aura encore quelques temps les mains libres au Liban. Le prix humanitaire serait élevé.
Il se murmure, que même le gouvernement Libanais, ne serait pas contre, si quelqu’un supprimait le Hezbollah comme facteur militaire. Le premier ministre Fuad Siniora a appelé, la semaine dernière, à l’aide contre la milice, qui selon la résolution 1599 de l’ONU devrait déjà être désarmée, a annoncé qu’il voulait restaurer l’autorité de l’état dans le sud.

« Nous voulons mettre à profit le temps »

Le spécialiste du Hezbollah, Hilal Khasha, qui enseigne à l’Université Américaine de Beyrouth, considère qu’il est possible de mettre le Hezbollah à genou : « Il pourrait déjà y avoir un cessez-le-feu la semaine prochaine, quand Israël aura détruit suffisamment d’installations du Hezbollah. Alors on en arrivera au désarmement. »  
Nasrallah disait néanmoins encore le 22.07 dans un discours, que la victoire n’était pas que ses troupes prennent Haïfa, mais que la lutte pour la destruction d’Israël se poursuive : « Tant qu’au moins une roquette est tirée depuis le Liban sur les sionistes, la résistance existe. » Cela ne sonne pas comme les mots de quelqu’un prêt à un compromis.

(Source : Yassin Musharbash, Der Spiegel du 26.07.2006)

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6 Réponses à “Pouvoir de veto du Hezbollah à la conférence de la paix de Rome ?”


  1. 1 starbuck

    Le Hezbollah étant une organisation terroriste je doute fort qu’il est le moindre pouvoir de decider quoi que ce soit au niveau international, si ce n’est de continuer leur guerre contre israel.

    En attendant de s’en prendre aux soldats de la Finul, c’est Tsahal qui vient de tuer 4 soldats de l’onu

  2. 2 jakouille

    Je suis d’accord avec toi. Seul l’Iran et, peut-être la Syrie, ont du pouvoir sur le Hezbollah.
    La seule solutions pour la sécurité d’Israël est donc bien de mettre a genou le Hezbollah militairement, afin qu’il rende les armes et qu’une force d’interposition puisse prendre place au sud Liban.
    Sinon qui va désarmer le Hezbollah, organisation terroriste? L’armée Libanaise, une force internationale? J’en doute. La résolution 1559 est en vigueur, et cela n’a rien changé…

  3. 3 Fred.

    La paix on la fait avec tout le monde sinon ce n’est qu’un leurre.

    De plus il ne faut non plus sous-estimé la volonté d’Israël de profiter du conflit pour finir de s’accaparer le Golan et de démanteler le Liban(y créer un mini État chrétien et d’annexer une partie de son territoire).
    Ce projet initialement énoncé par David Ben Gourion en 1957 à été repris par IASPS en 1966 pour Benjamin Netanyahu dans un document "Une rupture propre : une nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume [d’Israël]".
    Depuis cette vision du Liban fait parti des cours de la JINSA "Jewish Institute for National Security Affairs" organisant des échanges entre les généraux israéliens et états-uniens.

    De plus nous avons déjà vu récemment comment Israël écarte les propositions de paix avec le rejet de l’"Accord des Prisonniers" prévoyant entre autre la reconnaissance par le Hamas d’Israël sous réserve de réciprocité.

    Le monde n’est pas blanc ou noir, il est constellé d’une infinité de nuance de gris.
    Et les media ne sont jamais neutre.

  4. 4 harrouz

    pourqui toujours c est nous qui sont les victimes et vous parler de droits de l homme je suis pour que israil part de la region j ete contre le terorisme mais pas maitenant c est quoi la liberte d expression quand vous les occidentaux ne pouver pas dire quoi que ce soit contre israil is tuent desenfants des veillards et des femmes meme les gens de l onu

  5. 5 Fadi

    "Plus Israël tuera de civils, plus il produira de réfugiés, plus grande sera la colère du peuple arabe. La riposte actuelle n’est pas une méthode pour conquérir la paix ou la sécurité.
    « Terrorisme » est l’autre mot-clé de l’affaire. L’attaque du Hezbollah contre la patrouille de l’armée israélienne a été qualifiée d’«attaque terroriste» alors qu’il s’agissait d’une opération classique de guérilla. Des années d’exposition à la terreur ont conduit les Israéliens à utiliser ce mot pour qualifier n’importe quelle attaque à petite échelle dirigée contre eux. Avec sa charge d’émotion, la notion de «terreur» permet en outre à l’establishment de dissimuler un échec militaire et de mobiliser l’opinion publique en vue de soutenir une réaction aussi massive que disproportionnée".

    Rassurez vous ce n’est pas d’un antisémite ou d’un prohezbollahi que vient cet article mais de Menachem Klein ancien conseiller du ministre des Affaires étrangères israélien Shlomo Ben-Ami et du Premier ministre Ehoud Barak. Il est professeur de sciences politiques à l’université Bar Ilan. Il a été l’un des artisans et signataires de l’accord de Genève

  6. 6 Fadi

    Juste j’ai oublié de signaler que l’article provient du Nouvel observateur 28 juillet et présent en ligne sur mon blog.

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