Espagne : les victimes de la répression franquiste tirées de l’oubli

Après trente années de démocratie, l’Espagne de José Luis Zapatero fait réparation aux victimes du régime totalitaire d’extrême droite du général Franco…

«Il nous faut reconnaître les victimes du franquisme parce que ces gens-là ont payé les crimes d’une dictature militaire qui a muselé les libertés pendant quarante an,» a déclaré José Luis Zapatero, le premier ministre Espagnol, soixante dix ans jour pour jour après le putsch du général Franco contre la deuxième République espagnole (le 18 juillet 1936). Les victimes du franquisme, (sympathisants de gauche pour l’immense majorité) estiment que la jeune démocratie espagnole, qui n’a que 30 ans, a pour l’instant laissé les victimes de la répression franquiste à un oubli total, et sont enfin récompensé de leur longue attente.
En mai 2004, dès son accession au pouvoir, Zapatero avait promis une loi en faveur des victimes du franquisme, un sujet tabou dans un pays qui est passé sans heurts à la  démocratie grâce, entre autres, à un «pacte du silence» entre les héritiers et les opposants à Franco. Zapatero, lui-même, est petit-fils d’un militaire républicain, fusillé en 1936 par les franquistes.

Les gouvernements socialistes Espagnols ont toujours traîné les pieds afin de ne pas voir resurgir les vieux démons.
Zapatero a, lui, multiplié les actions symboliques, mais toujours en ménageant les susceptibilités des conservateurs. En mars 2005, il a fait démonter la statue de Franco qui était toujours dans le centre de Madrid; en avril 2006, le Sénat a rendu un hommage à la deuxième République (1931-1936); le gouvernement a déclaré 2006 «année de la mémoire historique»; début juillet, enfin, le Parlement européen (présidé par le socialiste espagnol Josep Borrell) a condamné le coup d’Etat de Franco.

Des députés travaillent depuis deux ans, sur une loi, statuant sur les réparations aux victimes du régime franquiste. Zapatero a promis de la faire au mois d’août 2006, en pleines vacances, un moment idéal. Car, à gauche comme à droite, le projet ne fait pas l’unanimité. Le Parti Populaire, conservateur, pense qu’il va «diviser les Espagnols». Quant aux partis de gauche et catalans, ils s’élèvent contre une loi qui ne va pas assez loin.
Le texte parle d’une reconnaissance morale pour les victimes de la dictature. Il accorde des indemnités aux descendants des victimes, mais seulement après 1968.

Pour les communistes Zapatero devrait aussi annuler les noms de rue et les plaques des murs d’église faisant référence au franquisme.
Une point acquis néanmoins : le mausolée de Franco, situé dans le valle de Los Caidos, près de Madrid, ne sera plus un lieu de pélérinage pour les nostalgiques du Caudillo, il sera transformé en exposition permanente sur la répression franquiste.

(Source : François Musseau, Le Temps du 18.07.2006)

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2 Réponses à “Espagne : les victimes de la répression franquiste tirées de l’oubli”


  1. 1 agar

    Finalement… :)

  2. 2 renaud

    J’ai connu dans ma vie maints opposants au régime franquiste, mais je n’ai entendu, toujours, que des demies vérités! Je m’en aperçois bien tard! Je m’en suis de plus en plus rendu compte, par la diversifications des sources d’information, mais surtout par l’objectivité des faits, plus clairs avec le recul . Si les crimes du franquisme font partie de la mémoire collective, les crimes tout aussi épouvantables de la République espagnole et de ses alliés communistes et autres sont systématiquement occultés. Avant le 17 juillet 1936 d’inombrables assassinats, destructions d’églises, et d’autres institutions, attentats de toutes nature contre les personnes et les biens, etc, je n’ai pas les statistiques sous la main, mais elles sont accablantes pour la République. Les nationalistes ne se sont pas précipités à déclarer la guerre au régime espagnol, et Franco lui-même s’est fait prier pour prendre la tête du mouvement nationaliste. On a toujours entendu presque exclusivement les témoignages des rouges et de leurs alliés internationaux, presque tous dictatoriaux et criminels, hurlant leur idéologie démocratique de paravant.
    Enfin, le sujet est vaste, mais je voudrais souligner ici que rien n’est noir et blanc dans la guerre civile espagnole, surtout ses causes. Ensuite, la rage et la haine du moment ont fait, hélas, le reste.

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