Dans une interview au Journal du Dimanche (publiée le 16.07.2006), par Pascale Amaudric, Michel Rocard s’en prend violemment au projet du PS. Extraits…
« J’avais compris que tout était foutu dès lors que François Hollande avait décidé la règle de l’unanimité, c’est-à-dire la synthèse, une bêtise sympathique mais qui a engendré la confusion », estime Michel Rocard.
« Ce projet nous isole de nos alliés sociaux-démocrates européens, interloqués, et nous ridiculise un peu. Sans compter qu’il est beaucoup trop cher alors que nous aurons à désendetter l’Etat. » Le PS évalue le coût de son projet à €30,7 milliards, tandis que la droite le chiffre à €115 milliards.
Rocard s’en prend violemment aux présidentiables du PS. Il déclare : « C’est une catastrophe et un vrai danger pour la France que la campagne ait commencé si tôt. Tous ceux qui sont partis trop tôt se sont toujours plantés, j’en sais quelque chose! En 1981 et en 1988, Mitterrand avait su retenir sa parole. Il est trop tard pour arrêter la course, mais nous sommes fous de nous être ainsi laissé embarquer par les médias qui nous ont imposé leur calendrier et leurs critères de sélection, d’où sont exclues évidemment l’expérience et la compétence. »
« Comment confier un trente tonnes bourré d’explosifs à des gens qui n’ont jamais conduit de poids-lourds ? », se demande Rocard, en réponse à une question sur les sondages donnant 20 points d’avance de Ségolène Royal sur Lionel Jospin, à propos desquels il avait dit, «cela annonce davantage d’orages que de rassemblement.»
En même temps Rocard il ferait mieux de pas trop la ramener dans le genre bétise humaine il est fort
Pas d’accord avec toi, ded, Rocard a une dimension intelectuelle profonde, quoique, parfois absconse. Mais là il a l’avantage d’être clair…
Rocard est l’un des tous meilleurs penseurs politiques à mes yeux… et l’un des moins bons orateurs, également et malheureusement pour sa carrière et la compréhension de ses propos :/
Oui, Rocard est crédible et est justement du genre cérébral qui ne passe pas à la télévision.
C’est un pragmatique qui dès les années 70 ne refuse pas l’économie de marché et est opposé aux nationalisations de 1981 : c’est le courant mittérandien qui l’emportera.
Donc, sa déclaration a beaucoup de sens : en 1981 la gauche avait préféré l’utopie, pour revenir à la politique de rigueur deux ans plus tard. Aujourd’hui il dénonce le consensus mou…
J’allai oublié le plus beau, il feraille depuis 2003 contre l’introduction des brevets logiciels en Europe !
Un sujet ingrat, technique et pas du tout médiatique à l’époque. C’est le contraire du démago…
je cite : "Il est trop tard pour arrêter la course, mais nous sommes fous de nous être ainsi laissé embarquer par les médias qui nous ont imposé leur calendrier et leurs critères de sélection"
enfin, un homme politique le dit ! fichtre ! il faut les remettre à leur place ces médias ! svp