Je reprends ici le manifeste publié conjointement par Christian Blanc, député apparenté UDF, président d’Energies 2007, Jean-Marie Bockel sénateur-maire de Mulhouse PS, ancien ministre, Alain Lambert sénateur UMP, ancien ministre, dans Le Monde du 03.07.2006…
Une telle démarche est novatrice. Alors qu’à l’approche des élections de 2007 les tensions vont aller en s’exacerbant, entre la gauche et la droite, à l’intérieur de la gauche et de la droite, voir que des responsables éminents de gauche et de droite peuvent se rassembler sur un diagnostic, sur une méthode pour proposer un nouveau pacte social, ne peut que rendre optimiste.
Les « projets » proposés, aussi bien par le Parti Socialiste, qualifié de "boulet" par L’Express, que le discours programme, de Nicolas Sarkosy le 22 juin 2006 à Agen, ne répondent pas aux exigences de la situation et reposent sur des analyses de la situation de la France fausses, sommaires et inquiétantes.
Tandis que le PS nous replonge dans des manuels marxistes, le candidat de l’UMP fait, à mon grand regret, une régression anti-européenne.
Voici la déclaration de nos trois mousquetaires :
« Par manque de lucidité et de courage politique, la puissance publique française a peu à peu perdu contact avec la modernité. La situation est aujourd’hui dégradée à un point tel que l’équipe dirigeante qui sera élue en 2007 sera investie d’une responsabilité historique. Si la France ne renoue pas avec le dynamisme, le processus d’unification de l’Europe sera stoppé et l’ambition européenne d’une société solidaire dans une économie de marché réduite à néant. Rien ne pourra alors contrebalancer l’hégémonie des Etats-Unis et de la Chine, avec des risques pour la paix dans le monde.
La tâche est immense et ne peut plus être repoussée, sauf à prendre le risque de voir la France se désagréger dans des convulsions violentes. Mais la tâche est aussi délicate, elle ne pourra être menée à bien, le moment venu, que si elle a été bien préparée en amont. C’est pourquoi nous estimons que notre responsabilité d’élus est de mettre à profit l’année qui nous sépare des échéances électorales pour créer les conditions d’un sursaut collectif.
Dans ce but, nous avons décidé d’unir nos forces au sein d’un comité d’action pour la modernisation de la France. Cette démarche au-dessus des partis politiques est rendue possible par un diagnostic partagé et des convictions identiques sur la méthode pour réformer.
Le diagnostic peut être résumé en trois points.
Premièrement, l’économie française patine, elle ne profite pas du dynamisme mondial et gâche ses potentiels, ce qui se traduit par une croissance molle.
Deuxièmement, rares sont les domaines d’intervention de la puissance publique qui n’ont pas besoin d’une refonte de leurs modes de fonctionnement. Education, solidarités, recherche… Partout l’organisation est inadaptée. A tel point que même une augmentation des moyens ne permettrait pas de progrès sensibles.
Troisièmement, l’endettement de l’Etat a atteint un niveau insoutenable et fragilise notre édifice national. La dette est une contrainte qui impose que les réformes s’accompagnent d’une baisse globale de la dépense publique de l’ordre de 20 %. Et ce au moment où un effort devra être consenti pour la recherche et l’enseignement supérieur. Mais cette contrainte peut aussi être une chance. En effet, résoudre un problème en distribuant des subsides n’est plus une option disponible : quand les caisses sont vides, la démagogie et la lâcheté ne peuvent que s’effacer devant l’intelligence et le courage.
La méthode pour réformer repose sur trois fondamentaux.
D’abord, toute réforme doit s’appuyer sur une analyse lucide. Le scénario classique d’une élection présidentielle voit les candidats multiplier les promesses, avant que l’heureux élu ne commande un audit pour voir ce qu’il va être possible de tenir. Il faut inverser cette logique, les propositions des candidats doivent être basées sur un audit préalable. Pour 2007, le rapport Pébereau sur la dette publique constitue un tel audit.
Ensuite, on ne peut réformer que de façon globale et cohérente. La méthode des petits pas est vouée à l’échec car chaque petit pas se heurte à l’incompréhension – et donc aux résistances – des populations concernées. Tant et si bien que la succession de petits pas se termine par un piétinement inefficace, coûteux et démoralisant.
Enfin, il n’y a pas de réforme possible sans légitimité électorale. Seules les réformes clairement présentées pendant la campagne pourront être menées à bien.
Conséquence de ces trois fondamentaux, c’est en amont de la campagne électorale que se joue la modernisation de la France. Aussi, pour créer les conditions de la transformation sociale du pays, nous souhaitons rencontrer tous les acteurs de la définition d’un nouveau pacte social. Les différents syndicats, bien sûr, mais aussi le monde associatif et plus largement les corps constitués qui souhaitent jouer un rôle dans l’évolution du pays. Au terme de ces échanges, nous présenterons les grandes lignes d’un pacte social en prise avec le monde d’aujourd’hui, ainsi qu’une méthodologie pour le mettre en oeuvre.
Ce "manifeste pour la modernisation" sera rendu public en janvier 2007, peu de temps avant que chacun des candidats à l’élection présidentielle ne dévoile la vision de la France qu’il propose aux Français. Né de discussions avec le mouvement social, le manifeste sera soumis à l’approbation des milliers d’élus locaux qui auront à jouer le rôle crucial de pédagogues pour que la France relève les défis qui l’attendent.
Notre démarche est fondée sur l’optimisme et la confiance dans l’aspiration des Français à une fraternité renouvelée. Selon nous, l’idée d’une France irréformable est non seulement un renoncement coupable, mais aussi un contresens historique. Au cours de notre histoire, il est souvent arrivé que des hommes et des femmes de bonne volonté mettent en commun leurs énergies pour initier les bouleversements qui ont permis à la France de rayonner. Les derniers exemples remontent à 1946 et 1958. C’est d’une impulsion collective de cet ordre que notre pays a aujourd’hui besoin pour que s’expriment tous ses potentiels de créativité et de solidarité. Nous savons que c’est indispensable, nous voulons prouver que c’est possible. »
Les nouveaux mousquetaires
C’est le titre de l’article que le magazine L’Express consacre à l’initiative que nous avons prise avec Jean-Marie Bockel et Alain Lambert. Notre démarche est expliquée en détails dans une tribune collective publiée aujourd’hui dans le…
Très bonne initiative, toutefois, concernant la nécessité de faire évoluer le système, une petite idée me trotte depuis qlq temps :
Quand, en face d’un système nationale (même réformé) se présentent une mutlitude d’alternatives (issues de la mondialisation), que se passe-t-il :
Les acteurs locaux choisissent (ou font pression) pour celui qui leur est le plus adaptés …
Donc : tant que les règles de la mondialisation n’auront pas été rendu plus homogène, une multitude de tension vont "perdurer".
Je pense donc qu’en l’état actuel de chose, il est impossible et même contreproductif d’imaginer des réformes qui tenteraient d’ordonner ce qui est pour l’instant en phase "de créativité".
Quel serait alors le rôle du gouvernement :
– EVITER DE MODIFIER LES REGLES
(ex : en matière d’enseignement, les changements à répétition n’ont fait qu’engendrer la confusion)
– ENCOURAGER LES ACTEURS A S’ADAPTER (NE PAS FORCER)
(si changement il y a, il doit être initié par les acteurs ET pas d’en haut – Ex : sur internet, aucune méthodologie n’a été imposé à priori – ce sont les acteurs qui ont sélectionné et plébiscité les outils les plus appropriés)
NE PAS TAPER. Merde, on arrête pas d’essayer de s’adapter, et qu’est-ce qu’on a comme encouragement :
– APPRENDRE QUE LA LIBERTE s’arrête … AU RESPECT DE L’AUTRE
Chacun est libre de choisir … après avoir su prendre en compte les besoins de son environnement.
– FORMER A LA COMMUNICATION
Nous sommes dans un siècle de communication et nous ne savons pas communiquer !!!
Aujourd’hui, exprimer sa différence passe le plus souvent par une communication sur un mode OPPOSITION (et nos élus donnent "l’exemple").
Je conseille vivement la lecture de "Cesser d’être gentil, soyez vrai" un bouquin génial sur une méthode de communication révolutionnaire (la CNV – Communication Non Violente)
Donc en résumé : faciliter la création d’outils (PAS DE NOUVELLES CONTRAINTES) permettant de nous adapter à un environnement changeant
PS : ça ira pour aujourd’hui
Et sinon, quand on ne méprise pas son interlocuteur et qu’on ne veut pas essayer de l’enfumer, on lui dit clairement quand on est pas d’accord… C’est aussi une solution… Mais libre à toi de penser que les gens sont des demeurés…