Les milliards de Warren Buffett vont aller à la lutte contre le SIDA

Décidemment les Américains sont fous ! Ils distribuent les milliards chèrement gagnés à des œuvres caritatives. Dernier en date, le magnat de la finance Warren Buffett.
Et les grandes familles Françaises pendant ce temps ?

Le cadeau de $31 milliards de Warren E. Buffett à la Fondation de Bill & Melinda Gates aidera la fondation à poursuivre son but de traiter la plus fatale épidémie mondiale, à déclaré Bill Gates le 27.06.2006, ainsi qu’à améliorer l’éducation en Amérique.

« Cela peut-il arriver durant notre vie ? Je serai optimiste et dirai, absolument. » a déclaré Bill Gates, assis à côté de Warren Buffett à la New York Public Library, ou le « cadeau » a été officiellement annoncé.
Mais Gates a reconnu que dépenser l’argent efficacement serait difficile.
Ils doivent, par exemple, améliorer le dialogue avec les gouvernements des pays pauvres, afin d’être sûr que les vaccins vont jusqu’à ceux qui en ont réellement besoin.

Buffett donne 85% de sa fortune. Le cadeau doublera les actifs de la Gates Foundation, qui était déjà la plus importante du monde, avec $30 milliards. Il a déclaré à Fortune  qu’il n’avait pas "d’enthousiasme, pour les fortunes dynastiques, surtout lorsque l’alternative est d’en faire profiter six milliards d’individus". Une philosophie à l’opposé de celle des grandes familles françaises.

Bien qu’il laisse également des milliards dans des fondations séparées pour ses enfants, Buffett a dit qu’il ne se sentait pas devenir un philanthrope comme les Gates et préférait rester businessman à la tête de sa compagnie
« Ils y dépensent plus de temps et d’énergie. J’ai tellement de plaisir à faire ce que je fais, et je pense qu’ils seront mieux capables d’accepter les erreurs qu’ils pourraient faire, que je ne le serai si je les faisais moi-même. Je ne pourrai écouter tant de gens avec tant d’opinions différentes comme ils le font. ».
A 50 ans, Bill Gates, fondateur de Microsoft, qui a déjà donné, depuis 1999, un peu plus de 30 milliards de dollars à la fondation caritative qu’il a créée avec sa femme Melinda, a fait part, le 15.06.2006, de son intention de se retirer, d’ici deux ans, de la gestion de son entreprise pour pouvoir s’occuper à plein temps de la fondation.

« Notre rêve le plus profond, est un vaccin contre le SIDA, » a dit Mme Gates. Elle admet que cela pourrait prendre 20 ans. Une mesure intermédiaire pourrait être, selon elle, un microbicide : un gel protecteur indétectable que les femmes pourraient appliquer avant une relation sexuelle.

Buffett a déclaré qu’il était l’élève des mêmes grands philanthropes Américains qui ont servi d’exemples à Bill Gates : le pétrolier John D. Rockefeller; le magnat de l’acier Andrew Carnegie; Irene Diamond, la veuve du développeur immobilier Aaron Diamond; et Joan Kroc, la veuve de Ray Kroc, qui a fondé McDonald’s.

Buffett est aussi fameux pour son amour de l’efficacité. Il dirige une compagnie de 200,000 employés depuis son siège d’Omaha, avec moins de 20 employés. La  Gates Foundation, à Seattle, en a 300.

Plus politique, le célèbre financier George Soros, a choisi d’oeuvrer dans les années 80 et 90, pour l’avènement de la démocratie dans les pays communistes par l’intermédiaire de son Open Society Institute, qui continue de nourrir de multiples projets, quinze ans après l’effondrement de l’URSS. M. Soros finance aussi, aux Etats-Unis, des programmes sur la drogue et les prisons.

Le boom d’Internet et la constitution rapide de grosses fortunes ont relancé la tradition philanthropique américaine, encouragée par une fiscalité incitative : nombre de ces millionnaires de 25 ans ont été rapidement convaincus par leurs aînés de suivre l’exemple de William Hewlett et de David Packard et de céder une partie de leurs bénéfices à des causes caritatives.
Le secteur de la finance n’est pas en reste : outre Warren Buffett, Sandy Weill, le légendaire patron de Citigroup, vient également d’annoncer qu’il ferait don de sa fortune - modeste, au regard de celle de M. Buffett : 1,4 milliard de dollars - avant sa mort. « Les linceuls n’ont pas de poches », a expliqué sa femme.

Ces généreux capitalistes ont, du XIXe au XXIe siècle, autre chose en commun : philanthrope ne veut pas dire candide, et, en affaires, ces hommes sont des requins. Ce n’est pas par hasard que les Rockefeller et autres Carnegie sont passés à la postérité sous le nom de « robber barons » (barons voleurs). George Soros est généralement gratifié de l’épithète de « spéculateur ». Les Gates travaillent étroitement aujourd’hui, avec Joel Klein, directeur du système scolaire public de New York, que la Fondation Gates tente d’améliorer. Auparavant, Joel Klein fut le procureur fédéral qui s’acharna contre Microsoft pour abus de position dominante sur le marché américain.

Tout ceci fait réfléchir quand on pense à nos barons d’industrie Français.

Pour savoir ce qui se passe au Royaume Uni, lire le billet "Philotropes anciens et nouveaux" sur Swissroll.

(Source : DONALD G. McNEIL Jr. & RICK LYMAN, The NY Times du 27.06.2006 ; SILVIE KAUFMANN, Le Monde du 01.07.2006)

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