Les officiels de l’Institut Fédéral Electoral ont déclaré le 02.07.2006 ne pouvoir déterminer un vainqueur pour l’instant, dans l’élection présidentielle la plus serrée de l’histoire du Mexique. Quelques minutes plus tard, les deux candidats en tête ont proclamé leur victoire, créant ainsi une crise électorale sans précédent…
Le vainqueur sera connu lorsque l’Institut fédéral électoral (IFE) aura effectué un deuxième décompte, qui débutera mercredi et pourrait durer plusieurs jours, en raison du faible écart entre les deux candidats. Il est craint des réactions violentes de la part de militants du PRD (gauche) en cas de victoire des conservateurs.
La lutte mettait aux prises Felipe Calderon, un conservateur soutenu par les leaders du monde des affaires, à Andres Manuel Lopez Obrador, la bombe de gauche, ancien maire de Mexico City, soutenu essentiellement par les pauvres (A lire, « La campagne présidentielle au Mexique »).
Felipe Calderon, 43 ans, devancerait Andres Manuel Lopez Obrador, 52 ans, de 1,04 point, soit une avance de 402 000 voix, selon les résultats préliminaires de l’Institut fédéral électoral (IFE) qui achevait la compilation des résultats, lundi 3 juillet à 20 heures locales (3 heures à Paris), portant sur 98,5 % des 130 500 urnes installées.
Lopez Obrador a déclaré respecter la décision de l’institut électoral, même s’il devait perdre d’une voix. Mais en même temps il maintenait qu’il était convaincu d’avoir gagné de 500,000 voix. « Ce résultat est irréversible, » dit-il. IL conteste les résultats préliminaires de l’IFE. Lors d ‘une conférence de presse, il a souligné "de nombreuses erreurs".
Apparaissant devant ses supporters quelques minutes plus tard, Calderon brandit les résultats de plusieurs districts clés pour montrer qu’il avait gagné. « Il n’y a pas le moindre doute, nous avons gagné l’élection, » dit-il.
Les sondages sorti des urnes montraient une compétition trop serrée pour donner un résultat, et les officiels appelèrent la population au calme. La seule chose claire est qu’un troisième candidat, Roberto Madrazo, l’ancien gouverneur de Tabasco State, suivait les deux leaders.
A 23h, avec un quart des bulletins comptés, Caleron menait avec 38% des suffrages devant Lopez Obrador 35%. Madrazo avait 19%.
Luis Ugalde, le chef de l’Institut Fédéral des Elections, est apparu deux fois sur la télévision nationale, pressant les candidats et leurs supporters d’attendre les résultats officiels. Le Président Vicente Fox s’est aussi adressé à la nation, demandant aux électeurs de respecter les décisions du comité des élections. « Il est de la responsabilité de tous les acteurs politiques de respecter la loi, » dit-il.
Mais Lopez Obrador, dont les critiques dénoncent la tendance autoritaire, agit comme s’il était déjà élu. Il se rendit immédiatement sur la place historique du centre de Mexico, où de milliers de ses supporters étaient réunis pour célébrer la victoire.
« Nous allons démontrer que nous avons gagné et qu’ils ont à respecter notre victoire, » dit-il à la foule.
L’enjeu des élections est soit le maintien d’une voie conservatrice et d’une position d’allié solide des USA soit la poursuite de la tendance qui a amené plusieurs leaders de gauche au pouvoir en Amérique Latine au cours des dernières années, affaiblissant l’influence de Washington.
Ce scrutin fut la première élection moderne au Mexique dans laquelle les tris principaux candidats bénéficièrent d’une couverture égale par les médias.
(Source : The IHT du 03.07.2006)
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