Les dessous du projet d’alliance Renault – Nissan - G.M.

Le premier actionnaire de Général Motors presse le géant de l’automobile Américain en difficulté d’accélérer son effort de redressement en formant une alliance avec Nissan et Renault qui paieraient $3 milliards pour une participation de 20% dans GM…

Une lettre de la compagnie de Kirk Kerkorian, Tracinda Corporation, dit que Renault et Nissan sont favorables à l’idée d’inclure GM dans leur partenariat.
La proposition du milliardaire Kirk Kerkorian, 88 ans, constitue son plus récent effort de mettre la pression sur le chief executive de GM, Rick Wagoner, pour accélérer le changement.
La compagnie a pris des mesures drastiques au cours des derniers mois, afin de réduire ses coûts, en partie en réponse aux demandes Kerkorian, qui a, jusqu’à présent perdu de l’argent sur ses 56 millions d’actions G.M., qui représentent une participation de 9.9%.
Une alliance avec Renault et Nissan offre à Kerkorian l’opportunité d’avoir le soutien de Carlos Ghosn, le dirigeant endurci qui supervise les deux sociétés.
Ghosn, surnommé « the cost killer, » doit sa réputation au redressement rapide qu’il a fait faire à Nissan, ou il a taillé dans les dettes, introduit de nouveaux modèles attractifs et augmenté les ventes aux USA et au Japon.
Si Nissan et Renault devaient s’associer avec GM, les sociétés pourraient y retirer des avantages en production, engineering et développement produits, a déclaré le 30.06.2006, Terry Christensen, l’avocat de Kerkorian.

G.M. a déclaré que la proposition serait prise en compte par son board, qui a tenu dans la hâte une réunion en téléconférence le 30.06.

Les investisseurs ont salué le projet et l’action G.M. a gagné $2.35, à $29.79.
La révélation de l’initiative de Kerkorian a été un choc à Detroit, où les dirigeants se préparaient à prendre des congés la semaine du 2 juillet à l’occasion des congés annuels de l’industrie automobile.

Un accord entre les trois compagnies refaçonnerait un peu plus l’industrie automobile, comme le firent la fusion de Daimler-Benz et de Chrysler Corporation en 1998, et le montage qui lie Renault et Nissan en 1999.
Cela renforcerait aussi General Motors. Les trois sociétés auraient ensemble environ un quart du marché mondial, comparé à 14% pour Toyota, qui, selon certains analystes, pourrait dépasser G.M. dès cette année.
Et cela apporterait à G.M., qui a perdu plus de $10 milliards l’an dernier, plus de cash pour son plan d’amélioration.

Mais il n’est pas certain que le projet réussisse, spécialement parce que c’est l’enfant du cerveau de Kerkorian, qui a décidé de lancer l’idée après un dîner avec Ghosn. Le management de G.M. n’a pas joué de rôle actif dans les discussions.
Ghosn pourrait être un concurrent pour Wagoner, qui a été dans la tempête cette année après les lamentables performances financières de la compagnie, les pertes de parts de marché et la mise en faillite de son principal équipementier, Delphi.
Les administrateurs de G.M., dont la plupart ont été choisis alors que Wagoner était soit chief executive, soit président, ont émis une déclaration le soutenant ce printemps, quand son avenir paraissait douteux, particulièrement près la révélation d’erreurs comptables qui ont forcé G.M. à augmenter ses pertes 2005.
Des personnes impliquées dans les discussions ont dit que le rôle de Ghosn et le futur de Wagoner n’ont pas encore été abordés. Bien que la position de Wagoner soit considérée comme forte, la réputation de Ghosn, et son aisance en public, pourrait lui faire de l’ombre.

Renault and Nissan ont déclaré que leur partenariat n’avait jamais été limité à deux compagnies, et pouvait être étendu « dans les bonnes circonstances et avec les partenaires appropriés. »
Mais les compagnies ont dit, « il est nécessaire que le board de G.M. et son management soutiennent pleinement ce projet » avant que les discussions ne commencent.
A la compagnie de Kerkorian, Tracinda, ont a dit que l’on souhaitait un accord rapide sur le deal, qui pourrait prendre six mois pour obtenir l’approbation des agences de régulation.

Des personnes connaissant la façon de penser de G.M., disaient pourtant le 30.06, que la compagnie n’étaient pas pressée de donner une réponse à Renault et Nissan.
La prudence de la compagnie est compréhensible. G.M. eu des déconvenues avec des alliances dans le passé, comme le deal avec Fiat, où G.M. a dû payer $2 milliards à Fiat pour s’échapper, et les ventures, maintenant défuntes, avec des sociétés Japonaises comme Suzuki et Fuji Heavy Industries, la maison mère de Subaru.
De plus, les acteurs les plus forts du secteur, comme Toyota, Honda et BMW, sont des sociétés indépendantes, sans les complications que ce type d’association peut créer.

Des personnes au courant du dossier disent que la proposition d’une participation de 20% a été faite par Ghosn à Kerkorian lors d’un dîner, le 15 juin, à Nashville, où Nissan vient de mettre en chantier son nouveau siège.
La rencontre eut lieu après des semaines de contacts téléphoniques entre Ghosn et Jerome B. York, un conseiller de Kerkorian qui a rejoint le board de G.M. en février 2006.
En janvier, York a établi un plan pour accélérer le changement chez G.M., incluant la division par deux du dividende, la suppression des marques les moins performantes comme Saab, Saturn et Hummer, et la réduction des salaires des membres du board et des top managers.
G.M. a défendu ses marques, mais la compagnie a réduit le dividende ainsi que les salaires des cinq dirigeants du top et des membres du board.
En annonçant son plan, York a suggéré que G.M. adopte la vitesse et la clarté montrées par Ghosn dans son remaniement de Nissan, qui avait sur les bras des ventes stagnantes et $20 milliards de dettes quand il arriva à l’automne 1999.

Ghosn, pour sa part, a toujours voulu conduire Renault et Nissan au-delà d’une alliance eurasienne.
Bien que Ghosn n’ait pas voulu donner d’avis sur la manière de traiter les problèmes de G.M., il a déclaré qu’il pouvait ramener le premier constructeur automobile mondial vers les profits, comme il l’a fait avec Nissan.

Christensen dit que le but de Kerkorian est de faire plus pour aider G.M. que de simplement faire de l’argent avec ses actions, qu’il a payé $30.10. Au prix de clôture du 30.06 il avait perdu $17.3 millions.
« La valeur pour les actionnaires sera là, mais plus important, la réussite, la force et la santé à long terme que cela donnera à G.M., en serait une part importante, » dit Christensen .

Pour sa part, Ghosn savoure l’opportunité de négocier de tels accords. En 2003, il a lui-même passé un accord Nissan en Chine, voyageant trois fois depuis Tokyo pour mettre au point les détails.
Ghosn a semblé destiné à émerger un jour à Detroit. Il a déjà été courtisé par Ford Motor.

De même, le plaidoyer de Kerkorian chez G.M. était obligé de sortir, compte tenu de son passé chez Chrysler, dont il fut le premier actionnaire avant la fusion avec Daimler-Benz.
Il a commencé par acheter des actions Chrysler en 1990, devant un allié proche de son chief executive de l’époque, Lee A. Iacocca. Cinq ans plutard, avec le départ en retraite de Iacocca, et le prix de l’action se traînant, lui et Iacocca on lancé un projet de rachat.


(Source : MICHELINE MAYNARD, The NY Times du 01.07.2006)

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2 Réponses à “Les dessous du projet d’alliance Renault – Nissan - G.M.”


  1. 1 greg

    un schéma assez bien fait pour mieux comprendre le contexte….

    howgee.blogspot.com/2006/…

  2. 2 avril

    le retour aux années grises d’avant guerre
    faut il poser la question qui dérange, RENAULT nationalisé pour intelligence avec l’ennemi et GM qui à travers sa filiale adam von opel a construit dés 1936 400 000 transport de troupes les BLITZ
    parait que GM a demandé le remboursement des dégats occasionnés par l’aviation alliée sur son infrastructure allemende; tout se gange , rien ne se perd. GM a t il contribué au fond d’indemnisation?

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