Référendum sur une refonte constitutionnelle de grande ampleur en Italie

Les Italiens sont appelés à voter par référendum sur une importante révision constitutionnelle les 25 et 26 juin 2006.
Cette réforme est héritée du gouvernement Berlusconi. Elle a pour but de renforcer les pouvoirs du président du conseil et des régions.
Droite et extrême droite, tenants du oui, s’opposent à la gauche, unie autour du non…

Cette refonte considérable touche 55 des 139 articles de la constitution de 1947.
Si une majorité de votants se prononce pour le « oui », le président du conseil, deviendrait quasiment inamovible en cours de législature, et des « compétences exclusives » en matière de santé, d’éducation et de sécurité seraient accordées aux régions.
Ce serait un premier pas vers un fédéralisme, notamment fiscal, que le parti populiste de la Ligue du Nord souhaite depuis l’échec de sa doctrine sécessionniste des années 90.

Appuyée par Forza Italia, la formation de Silvio Berlusconi, la réforme constitutionnelle a été soutenue du bout des lèvres par les autres composantes de la coalition de centre droit.
Les partisans du oui considèrent que la nouvelle version de la Constitution contribuerait à la «  modernisation des institutions », avec un Parlement moins nombreux, passant progressivement de 945 à 760 représentants. Les responsabilités seraient réparties entre une Chambre des députés à vocation nationale et un Sénat de type fédéral.

La gauche, massivement unie autour du non, dénonce « une atteinte à l’unité nationale », redoutant une aggravation de la fracture entre l’Italie du Nord et le Mezzogiorno, déshérité. Le chef de l’Etat sortant, Carlo Azeglio Ciampi, devenu sénateur à vie, s’est engagé à défendre la Constitution actuelle « belle, vivante et plus actuelle que jamais », et selon lui, les modifications proposées risquent de « miner le fonctionnement des institutions ».
Pour le président du conseil, M. Prodi, « la Constitution est une chose sérieuse qui ne se réécrit pas en une nuit, il faut le faire avec une large majorité ». Le chef de gouvernement n’est pas hostile à travailler, ultérieurement, à « une réduction du nombre des députés » et à une « déconcentration administrative » dans le cadre d’un dialogue élargi.

Mais il a politiquement besoin d’un non massif au référendum pour asseoir un peu plus sa faible majorité. A gauche comme à droite, on craint une très forte abstention.

(Source : JEAN-JACQUES BOZONNET, Le Monde du 25.06.2006)

Les Italiens ont voté "non" a plus de 61%.

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