Emeutes en Chine pour les diplômes universitaires

La dévalorisation de certains diplômes universitaires en chine provoque des émeutes et est révélateur de l’inadéquation entre les besoins de l’économie et le nombre d’étudiants…

Shengda College dans le centre de la Chine, propose diverses filières, des professeurs étrangers et un campus très soigné. Mais de nombreux étudiants ont payé les frais de scolarité parmi les plus élevés en Chine, $2,500 par an, principalement parce que Shengda a promis que leur diplôme porterait le nom de son parent, l’Université de Zhengzhou, une institution de niveau national beaucoup plus prestigieuse, et ne mentionnerai même pas Shengda.

Ainsi lorsque les diplômés de 2006 lurent sur leurs diplômes « Zhengzhou University Shengda Economic, Trade and Management College, » les étudiants on saccagé le vendredi 16.06.2006 les salles de cours et les bureaux, se heurtant à la police, dans l’une des plus longues protestations d’étudiants depuis le soulèvement de 1989 qui remplit la place Tiananmen, puisqu’elle durait encore hier mercredi 21.06.

Cette révolte reflète la réalité que doit affronter une population d’étudiants en croissance exponentielle : fraude, éducation de sous-niveau et marché du travail très compétitif. Les étudiants, baromètre traditionnel de la volatilité politique en Chine, sont devenus une nouvelle source de remous, dans une société déjà secouées par les saisies de terres, les salaires impayés et les abus contre l’environnement.

Autrefois ticket d’entrée magique dans la haute administration ou dans l’élite du business, le collège (niveau mastère en Europe) est devenu un jeu de hasard très couteux pour des millions de familles aux ressources limitées qui se rendent compte que même les diplômes les plus prestigieux ne garantissent le succès en économie de marché.
Le nombre de diplômés des collèges a été multiplié par 5 en 7 ans, à environ 4,1 million cette année. Mais au moins 60% ont des difficultés à trouver un emploi, selon la Commission Nationale du Développement et de la Réforme.

Les étudiants de Shengda, un collège privé de 13.000 étudiants, situé à l’extérieur Zhengzhou, la capitale de la province de Henan, disent qu’ils ont été assurés à l’admission, et plusieurs fois par après, que leurs diplômes seraient visuellement identiques à ceux délivrés par Zhengzhou, la meilleure université de la province.
La plupart des étudiants de Shengda n’ont pas obtenu de résultats suffisants à l’examen national d’entrée aux collèges pour aller à l’Université de Zhengzhou où les frais sont de $500 par an. Ainsi, la promesse de Shengda, a convaincu étudiants et familles de payer des frais inhabituellement salés pour gagner un avantage sur le marché du travail.
Ce que beaucoup ne savaient pas, c’est que depuis un règlement de 2003, le collège devait, par étape utiliser don propre nom sur les diplômes.

Ainsi quand les étudiants en fin d’études reçurent le 16 juin leurs peaux d’ânes, la réaction fut instantanément l’émeute violente qui s’étendit jusqu’au 21.06.
Mr. Hou Heng le président de Shengda a démissionné le 21.06. Il reconnaît que certaines documentations promotionnelles « ne disaient pas clairement » que Shengda devait modifier ses diplômes. Il nie avoir délivré intentionnellement de fausses informations.

Le problème de Shengda avec les diplômes n’est pas unique. En 1998, le gouvernement a favorisé une vaste expansion du système universitaire de collèges. Des centaines de nouveaux collèges ont été fondés, plus ou moins dans la nuit, pour accueillir les millions de nouveaux étudiants qui deviendraient les ingénieurs, les managers, les banquiers demandés par l’économie en forte expansion.
Légalement, les nouveaux collèges devaient trouver des « écoles mères » pour les superviser, et utilisèrent ce lien à leur avantage en facturant des frais élevés que l’école mère pour offrir aux étudiants qui n’avaient pas brillamment réussit l’examen d’entrée, l’opportunité de s’affilier à un collège d’élite.
Tous n’ont pas, comme Shengda émis de diplômes portant le nom de l’école mère, mais certains le firent. D’où la réaction violente des étudiants lorsque les autorités mirent fin à la pratique.

A Dalian, ville du Nord-Est, par exemple, 3.000 étudiants de l’East Soft Information Institute, fondé conjointement par  Northeast University et East Soft Group Company, ont attaqué les installations du campus en décembre 2005, après avoir appris que le mot « online » distinguerait leurs diplômes de ceux de Northeast University.
A Shengda, les diplômes dévalorisés furent comme une claque pour de nombreux étudiants qui virent s’envoler leurs chances d’obtenir un job de premier plan.

Selon le gouvernement, l’économie Chinoise créera 1,6 million de postes destinés aux diplômés des collèges en 2006, alors que le pays produit 4.1 million de diplômés.

Un groupe croissant de citadins hautement qualifiés, mais sous-employés est taillé sur mesure pour alarmer Pékin, qui a toujours craint les troubles étudiants plus que toutes autres formes de mécontentements sociaux, depuis les émeutes de 1989.
L’un des plus grands succès du Parti Communiste depuis ce soulèvement a été de créer un support fort à l’économie de marché parmi les citadins, les intellectuels et leurs enfants.
Ce lien a tenu bon pendant plus d’une décade, même quand la Chine s’engouffra dans d’autres types de désordres, incluant plus de 80.000 manifestations de masse enregistrées en 2005. La plupart de ces évènements impliquaient des paysans, des travailleurs saisonniers et des ouvriers licenciés par les entreprises d’état, dont les leaders ne comprenaient pas les médias, et demandaient rarement des changements politiques substantiels.
Cette situation pourrait changer si un grand nombre d’étudiants s’impliquaient, bien qu’il n’y ait aucun signe que les protestations dans les collèges s’étendent dans ce sens à court terme.

Le gouvernement Chinois a annoncé une nouvelle politique en mai, afin d’augmenter la valeur des diplômes professionnels et des lycées, et ainsi de réduire le nombre d’entrées au collège.

(Source : JOSEPH KAHN, The NY Times du 22.06.2006)

Articles relatifs

1 Réponse à “Emeutes en Chine pour les diplômes universitaires”


  1. 1 Stalla Level 2

    An ostentatious man will rather relate a blunder or an absurdity he has committed than be debarred from talking of his own dear person.

Laisser un commentaire