Les véhicules de fonction des Services Publics en question en Italie

Les « auto blu » en Italie, ce sont les voitures de fonction (la couleur a changé mais le nom est resté) coiffées de l’inévitable gyrophare et conduits par des chauffeurs en costume sombres et lunettes noires. Elles représentent le symbole du pouvoir, selon la cylindrée et l’âge. Entre une rutilante Maserati Quattroporte une Alfa Romeo poussive, il y a tous les rangs et les hiérarchies…

Le chef du nouveau gouvernement de gauche, Romano Prodi, qui prône les économies et la rigueur, a demandé à ses ministres, le 05.06.2006, d’en limiter le nombre. Il a souhaité que « les escortes et les voitures de représentation ne soient plus un "status symbol", mais la réponse à de réelles nécessités ».

Encore faut-il faire l’inventaire précis des « auto blu ».
Après des années de recherches minutieuses, l’administration vient de faire parvenir au Parlement un total officiel de 43 481 voitures de fonction en circulation. Ces chiffres font rire tour le monde en Italie. Des experts estimaient récemment de 150.000 à 200.000 les véhicules de fonction et de service dans les ministères et les administrations, soit un coût annuel de 10,5 milliards d’euros. En fait, les voitures payées par le contribuable seraient plus de 300 000 en comptant celles des collectivités territoriales.

En 1991, une loi avait prévu de limiter la dotation aux ministères. Cette belle initiative est resté lettre morte : 92 % des « auto blu » d’Etat ont eu une dérogation, répondant à « des exigences effectives, motivées et documentées ».
En 2004 un consultant du gouvernement Berlusconi avait proposé de remplacer certaines « auto blu » par des bons de taxi. Economie estimée : 4,8 milliards d’euros par. Résultat, néant…
Son autre proposition a eu plus de succès, à savoir le recours à la location de longue durée plutôt qu’à l’achat.

Depuis 1994, l’achat de véhicules non italiens par l’Etat est autorisé, ce qui a entraîné l’achat massif de Mercedes, BMW et autres Audi pour les fonctionnaires. Le gouvernement étudie des mesures pour inciter à un retour au made in Italy. Romano Prodi donne l’exemple : il a remplacé l’Audi 8 de Berlusconi par une Lancia Thesis.

Reste à définir avec précision les gisements d’économies au sein de chaque ministère. Le bon élève est celui de l’environnement, qui aurait économisé 402 000 euros sur sa flotte automobile. Cependant les réductions y concernent essentiellement les parcs nationaux, ce qui fait dire à l’Espresso, de gauche,  que les les gardes-chasses vont marcher à pied, plutôt que les fonctionnaires ronds-de-cuir romains.

(Source : Jean-Jacques Bozonnet, Le Monde du 10/06/2006)

Articles relatifs

0 Réponses à “Les véhicules de fonction des Services Publics en question en Italie”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire