Ayant publié le billet légèrement provocateur "Le parti socialiste est-il devenu fou ?", le 02.06.2006, alors que le projet socialiste n’était pas encore publié, mais circulait largement, je me suis attiré les foudres des Ayatollas de coin : "Quelles sont tes sources?", "Desinformation", j’en passe et des meilleures. Les passages en
Ce projet a été adopté par le Bureau National dans la nuit du 07.06.2006. Il sera le projet du candidat socialiste aux Présidentielles de 2007, quel qu’il soit.
J’ai peine à croire que ses auteurs sont sérieux, qui plus est unanimement sérieux, tant il fait appel aux antiennes du tout-état, tant il manie la langue de bois. C’est donc l’état Français qui corrigera les lois de l’économie et qui changera le monde, envers et contre tous !
D’ailleurs, pour ne tromper personne sur l’orientation du projet, c’est Henri Emanuelli, qui organise les états généraux du projet.
Voici quelques commentaires de votre serviteur (1ère partie)…
(A lire aussi mes commentaires sur la Partie II)

Tout ce qui figurait dans le billet est malheureusement vrai…
Voici une critique plus détaillée du projet du PS.
Introduction
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Nous voulons agir à gauche
Fidèles aux valeurs du socialisme démocratique, nous voulons nous appuyer sur la puissance publique, l’Etat, les collectivités locales mais aussi davantage sur les citoyens, les forces sociales, pour réguler le capitalisme et cantonner le marché à la sphère économique, combattre les inégalités, redistribuer les richesses, préserver les équilibres écologiques, en un mot, transformer la société.
Puissance publique, état… et les entreprises seules créatrices de richesse ?
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Nous voulons répondre aux problèmes d’aujourd’hui
Ou comment répondre aux problèmes d’aujourd’hui avec les solutions d’hier et d’avant-hier. Le village Gaulois contre le reste du monde!.
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Notre objectif est de retrouver le plein emploi en ramenant le taux de chômage au-dessous de 5% d’ici 2012 et en diminuant de moitié sa durée.
L’objectif est ambitieux mais louable, même la méthode est indiquée plus loin…
A cet effet, dans le printemps 2007, nous engagerons avec les partenaires sociaux une Conférence Nationale qui aura pour charge de débattre des orientations et des propositions en termes d’emploi, de salaire, de conditions de travail et de protection sociale.
Amusant, non? si les Conférences permettaient de réduire le chômage, on serait à 0% en France depuis longtemps.
Partie I : Réussir Le plein emploi dans un développement durable
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Face aux délocalisations, nous mettrons en place une Agence Nationale de Ré-industrialisation. Elle pourra agir préventivement par des aides ciblées. Elle organisera la reconversion des sites. Elle pénalisera le comportement des « patrons voyous ».
Une nouvelle Agence d’Etat, encore des fonctionnaires!
Ah la ré-industrialisation, on se croirait dans l’après-guerre. Et enfin le PS parle des patrons, ces salauds de patrons voyous…
Nous augmenterons le pouvoir d’achat par la négociation sociale, notamment par la mise en place d’une Conférence nationale annuelle tripartite qui aura pour objectif de débattre des orientations et des propositions en termes de politique salariale pour rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital et rénover les grilles de classification. En cas de carence ou d’échec de la Conférence la loi pourra fixer une nouvelle méthode de négociation.
Une nouvelle Conférence, personne n’y avait pensé ! Bien sûr c’est ça la solution. Le coût du travail n’est pas assez cher en France, c’est évidemment en l’élevant que nous serons compétitifs avec les économies étrangères, notamment les économies en développement.
Nous porterons le SMIC au moins à 1500 Euros brut avant la fin de la législature et nous ajusterons les minima conventionnels à ce niveau. Nous irons dans la direction d’un impôt citoyen sur le revenu en harmonisant les bases fiscales de l’impôt sur le revenu, qui seront élargies, avec celles de la CSG et en rendant celle-ci progressive… Nous engagerons une profonde rénovation de l’Université, qui conduira sur 5 ans à porter
Toutes les études sérieuses montrent que SMIC + Charges sont beaucoup trop élevés pour créer des emplois peu qualifiés.
Le massacre des cadres va se poursuiver !
Pas très original mais bravo !
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Nous réintroduirons le contrôle public à 100 % d’EDF et mettrons en place un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF –dont nous refusons la privatisation-.
On renationalise, l’état ayant démontré sa compétence et son efficacité à gérer des entreprises (Cf. Crédit Lyonnais, Air France, SNCM, CNCE, j’en passe et des meilleures…)
Pour renforcer le rôle de l’Etat dans la détermination de la stratégie des entreprises, nous créerons, à partir de la Caisse des Dépôts et Consignations, un pôle financier public.
Nouveau ça, c’est l’état qui va déterminer la stratégie des entreprises !
Aller vers le plein emploi et refuser la précarité
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Nous réactiverons les emplois-jeunes dans le secteur public et associatif en relation avec les emplois tremplins mis en place dans les régions.
C’est pas du précaire ça? Sauf que c’est l’état qui paye, alors c’est tout bon… Qui paye mais à bas prix.
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Nous relancerons la négociation sur le temps de travail, pour étendre le bénéfice des 35 heures, avec création d’emplois, à tous les salariés. Si la négociation n’aboutit pas, la loi interviendra.
Si j’ai bien compris Mme Royal, le bénéfice des 35 heures a été de fragiliser les plus faibles…
Ici on généralise ! Et toujours, la menace de l’intervention de l’état.
Nous lancerons une négociation pour aller vers un Service public de l’emploi unifié mettant en synergie les différents acteurs de la politique de l’emploi, notamment les régions qui sont l’échelon pertinent pour définir les orientations et les objectifs de la politique de formation.
Bien ! Mais pourquoi ne pas confier cela au secteur privé qui est bien plus efficace que l’ANPE ?
Pour lutter contre la précarité, nous supprimerons le CNE et réaffirmerons la primauté du CDI sur toute autre forme de contrat de travail.
La rigidité de notre Code du Travail est l’une des causes principales de chômage élevé. Le PS reste suspendu aux vieilles lanternes !
Un modèle de croissance durable
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Nous réduirons la part du nucléaire en faisant passer à 20% d’ici 2020 et à 50% à plus long terme la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie.
Comment ? Quelles énergies ? A quel coût ? Nul ne le sait. Peut-être "Mme Soleil" ?
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Nous refuserons les essais en pleins champs des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), tout en encadrant la poursuite de la recherche publique en ce domaine.
Faut bien allécher Bové-Mamère et autres Faucheurs… Mais j’aime bien le "tout en".
J’ai noté que le PS ne propose rien aux anti-nanos, étonnant non ?
(A Lire le blog de Bernard Salanié)
Tu t’en fou t’es à la retraite, on va tous pouvoir bosser pour que tu puisse t’acheter une nouvelle voiture
Et toi, ded, tu bosses? Ou c’est moi avec mes impôts qui te paye tes études? Mais au lieu de te limiter à ce genre de “mot d’esprit”, débat donc sur le fond, depuis ton “village gaulois”. Si je passe beaucoup de temps sur le blog, c’est peut-être que je ne m’en fous pas tant que cela de ce qui va “vous” arriver, non?
Je suis assez content qd des propositions ‘choquent’ sur le fond (que l’on soit d’un bord ou d’un autre). Cela prouve que la différence entre la gauche et la droite ne s’arrête pas à la distance qui les sépare à l’assemblée.
Et je pense qu’au moins sur ce point tu es d’accord avec moi
D’accord avec toi, là vraiment, les socialistes ont fait fort.
Mais comment Mme Royal va-t-elle s’accomoder de ce "projet", elle qui à fait son coming-out de blairiste?
Le PS encourage les électeurs " en les caressant dans le sens du poil ?
Oui, pourrait-on dire, si la gauche, une fois élue, avait les moyens de respecter des promesses électorales "villageoises", mais tout le monde sait que c’est impossible : la gauche, comme la droite, devra gouverner en économie de marché, sauf à quitter l’Union européenne, à fermer nos frontières, à nationaliser les entreprises, bref à revenir un demi-siècle en arrière.
Personne ne le fera.
Il n’est pas vrai que la gauche renationalisera EDF après 2007, il n’est pas vrai qu’elle abrogera la réforme des retraites.
Promettre des lendemains qui chantent, avant 2007, et qui déchantent après, est-ce digne d’une grande formation démocratique ? "
écrit Lionel Stoleru dans Le Monde.
Jakouille, tu le sais un projet ce n’est jamais qu’un projet.
L’objectif d’un projet c’est d’abord de répondre aux attentes des électeurs - après au gouvernement de se dem*rder avec
L’électeur a peur de la mondialisation, a peur de la responsabilité et surtout l’électeur français ne veut pas d’un modèle libéral à l’américaine/ oua à l’anglaise
L’électeur veut être rassuré…
Le rassurer pour :
- la droite, c’est mettre l’accent sur la sécurité
- la gauche, c’est lui dire qu’on a mis ses attentes dans un programme.
Donc, après une fois élu, le gouvernement dit : j’ai fais ce que j’ai pu, mais au moins je vous ai écouté !
Idoine, je te trouve bien cynique et fataliste… Peut-être as-tu raison?
Ni cynique, ni fataliste, tu admettras que le problème de tout gouvernement, ce n’est pas vraiment l’économie, mais plutôt de :
- ne pas écouter l’électeur
- camper sur des positions par conviction sans se remettre en question …
Bozon,
le PS encourage les électeurs " en les caressant dans le sens du poil ?
Oui, pourrait-on dire, si la gauche, une fois élue, avait les moyens de respecter des promesses électorales "villageoises", mais tout le monde sait que c’est impossible : la gauche, comme la droite, devra gouverner en économie de marché, sauf à quitter l’Union européenne, à fermer nos frontières, à nationaliser les entreprises, bref à revenir un demi-siècle en arrière.
Personne ne le fera.
Il n’est pas vrai que la gauche renationalisera EDF après 2007, il n’est pas vrai qu’elle abrogera la réforme des retraites.
Promettre des lendemains qui chantent, avant 2007, et qui déchantent après, est-ce digne d’une grande formation démocratique ? "
écrit Lionel Stoleru dans Le Monde.
Jakouille je respecte ton engagement, c’est vrai que tu dois passer pas mal de temps sur ton blog.
François Hollande n’aime pas les riches
Il serait grand temps que la gauche de ce pays prenne conscience que les classes moyennes insufflent la dynamique de notre économie. Et que ce sont “les riches” qui y investissent.