Une série de scandales sur les paris et de matchs « arrangés » en Europe et en Amérique du Sud a conduit la FIFA à prendre des mesures exceptionnelles pendant la Coupe du Monde. Les arbitres notamment sont tenus en laisse…

Pour la première fois, les joueurs, les arbitres et les coaches vont devoir signer un document où ils s’engagent à ce que, ni eux-mêmes, ni aucun membre de leur famille immédiate ne parient sur les matchs de la Coupe du Monde.
Les seuls bookmakers Britanniques attendent plus de €1,5 Milliards de paris.
La FIFA a crée une société spécialisée appelée, Early Warning System, qui va travailler avec l’industrie du jeu pour pointer toute tentative de manipuler des résultats.
Les officiels de la FIFA se disent inquiets par la prolifération des paris sur Internet, par l’influence des consortiums de paris Asiatiques et par les récents scandales en Allemagne, Italie et au Brésil. En cas de soupçons des actions préventives seront prises, comme changer d’arbitre juste avant le match.
Durant le Tournoi, les 81 arbitres et assistants seront logé au Kempinksi Gravenbruch Hotel en dehors de Francfort.
L’hôtel, qui est situé dans une zone boisée, n’aura pas d’autres clients, à part des équipages de compagnies aériennes et d’anciens clients, bien connus du personnel.
Dix vigiles seront stationnés à l’intérieur de l’hôtel pendant que quatre policiers patrouilleront les sous-sols.
Les arbitres ne pourront ne pourront recevoir d’appels téléphoniques directement dans leurs chambres.
Les arbitres seront payés €32.000 chacun pour le Tournoi 2006, le double de 2002.
Dans toutes les Ligues à travers le monde, les arbitres sont considérés comme particulièrement vulnérables à la corruption. Ils ne sont pas toujours professionnels ou bien payés, et leurs décisions, ou non-décisions peuvent profondément influencer le résultat.
Les arbitres candidats ont été observés pendant un an. Les candidats finaux ont passé ensuite cinq journées de tests techniques, psychologiques et physiques. La commission d’arbitrage scrutera les tours préliminaires, afin de désigner les « meilleurs » arbitres pour la suite.
La FIFA a déclaré avoir entière confiance dans les arbitres de la Coupe du Monde.
Mais, en mai, l’Italie a supprimé son accréditation à Massimo De Santis, qui devait la représenter comme arbitre durant le Tournoi. De Santis est impliqué dans les affaires de corruption qui agitent le football Italien, autour de la personne de l’ex-manager général de la Juve, Luciano Moggi.
Marcello Lippi, le coach de l’équipe d’Italie, Fabio Cannavaro, le capitaine, et Gianluigi Buffon, le gardien de but, sont aussi concernés, à des degrés divers, et ont été auditionnés par la justice.
Le scandale Italien est le dernier en date à secouer le football international, mais ce n’est que l’un d’une douzaine d’affaires de corruption qui ont terni ce sport sur tous les continents.
En novembre 2005, l’arbitre Allemand Robert Hoyzer a été condamné à trente mois de prison pour avoir faussé des matchs pour un syndicat Croate de paris de Berlin.
En octobre 2005, les résultats de onze matchs du Championnat Brésilien ont été annulés, après que l’arbitre Edilson Pereira de Carvalho ait admis avoir accepté des pots de vin pour influencer les résultats. Ce scandale laissa Pereira de Carvalho banni à vie et le Brésil avec deux champions, après décision judiciaire.
En mars 2006, six joueurs et coaches Belges ont été licenciés par leurs clubs, dans une affaire de matchs arrangés qui implique, en partie au moins, un consortium de jeu Chinois.
En mai 2006, des procureurs des Pays-Bas ont déclaré s’intéresser à des fraudes dans le championnat Néerlandais.
Compte tenu de cette vague de scandales avant la Coupe du Monde, Andreas Herren, porte parole de la FIFA, a déclaré, « clairement, nous passerions pour fous si nous disions que nous n’avons rien à faire. »
La sécurité était si prévalente lors d’une séance d’interviews avec les arbitre de la Coupe du Monde, le 05.06.2006 à Francfort, que les journalistes ne purent pénétrer dans l’hôtel pour leur parler. Les interviews ont été conduites dans le parc, pendant que la police patrouillait dans l’hôtel. Beaucoup d’arbitres ont refusé de parler des scandales. D’autres ont mis en avant qu’un certain nombre d’arbitres mis en cause n’ont pas encore été condamnés ou n’ont pas admis avoir triché.
Gregory Barkey, un arbitre Américain remplaçant a dit : « Ce qui me perturbe, est que cela déteint sur tout le monde. Même si je suis intègre, les gens me regardent comme si je faisais parti de ce groupe de pourris. »
La Coupe du Monde à, jusqu’à présent largement échappé aux scandales de corruption, mais le comportement de certains joueurs dans deux matchs au moins, dans le passé, a suscité des doutes.
En 1978, l’Argentine avait besoin d’une victoire par quatre buts d’écart sur le Pérou pour devancer le Brésil. L’Argentine a gagné 6-0. Rien ne fut prouvé, mais la FIFA modifia le règlement.
En 1982, l’Allemagne de l’Ouest marqua tôt contre l’Autriche, les deux équipes ont ensuite délibérément refusé de jouer pour le reste du match. Toutes deux passèrent au tour suivant à la différence de buts, aux dépens de l’Algérie. Depuis la FIFA a programmé tous les derniers matchs de poule simultanément.
Plus récemment, les performances de certains arbitres ont été sévèrement critiquées, pendant la Coupe du Monde 2002 au Japon et en Corée.
Notamment l’Equatorien Byron Moreno, qui au cours de la victoire après prolongations de la Corée du Sud sur l’Italie 2-1, a accordé un penalty très litigieux aux Coréens, refusé un but Italien valable, et exclus le meneur de jeu Francesco Totti pour simulation.
Moreno n’en resta pas là. En 2003 il fut suspendu pour 20 matchs après avoir laissé jouer 11 mn de temps supplémentaire dans un match de championnat, et omis de le noter sur la feuille de match. Il dut ensuite quitter l’arbitrage.
Ángel María Villar Llona, vice-président de la FIFA, en charge des arbitres, a déclaré qu’il était « absolument convaincu que ses arbitres sont très bien préparés et intègres. »
Mais si le scandale Italien n’avait éclaté au grand jour en mai, suite à des indiscrétions de presse, De Santis, aurait le sifflet à la bouche dans cette Coupe du Monde, et son intégrité est pour le moins douteuse… Est-il le seul dans ce cas ?
(Source : Jere Longman, NY Times du 08.06.2006)
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