Les USA veulent attirer des infirmières au détriment des pays pauvres

Alors que les US sont à cours d’infirmières, les sénateurs lorgnent vers l’étranger. Une disposition peu remarquée dans leur projet de loi sur l’immigration ouvre grandes les portes aux infirmières, et certains craignent que cela ne se fasse à l’encontre des intérêts des pays en développement…

La loi doit passer cette semaine, et la disposition du Sénat qui supprime la limitation du nombre d’infirmières, a été largement éludée dans le débat émotionnel sur l’immigration illégale.

L’exode des infirmières des pays pauvres vers les pays riches a déjà mis à rude épreuve les systèmes de santé du monde en développement. Beaucoup de pays Africains ont commencé à demander des compensations pour l’éducation et la perte d’un grand nombre d’infirmières et de médecins.
La disposition du Sénat, qui resterait en application jusqu’en 2014, ne contient pas de telles compensations, et n’a pas eu de sérieuse opposition au Congrès.
Les experts de la santé dans les pays pauvres ont réagi avec consternation et indignation, doutant que leurs infirmières puissent résister à l’attrait des US, qui est au pinacle du marché mondial du travail pour les infirmières.

Seront particulièrement touchées les Philippines dont plusieurs milliers d’infirmières vont déjà aux US tous les ans.
Une infirmière aux Philippines démarre avec moins de $2,000 par an comparé à plus de $36,000 aux US. En conséquence de cette émigration, le système de santé s’est détérioré.
Des milliers de médecins, mal payés se sont transformés en infirmiers prêts à émigrer (un sondage récent montre que 80% des médecins fonctionnaires sont dans ce cas, attendant un visa d’immigration aux US).

Projection de la pénurie
en équivallent temps plein
Le projet est fermement supporté par l’American Hospital Association, qui rapporte que les hôpitaux américains ont 118,000 postes d’infirmières vacants. Le gouvernement fédéral prévoit une pénurie de plus de 800,000 postes en 2020.
L’American Nurses Association, syndicat qui regroupe 155,000 infirmières est opposée à la mesure est est inquiète de voir le flot d’immigrants détériorer autant les conditions de travail aux US, que les systèmes de santé des pays d’origine.
Il y a pourtant plus d’Américains qui tentent de devenir infirmier(e)s que de place pour les former. 150.000 candidatures qualifiées ont été rejetées en 2005. Les professeurs dans les écoles d’infirmières gagnent moins que des infirmières qui pratiquent, créant une baisse de la demande de postes d’enseignement.
Dans le système actuel d’immigration, les experts estiment que 12 à 14,000 infirmières ont immigré aux US annuellement avec des visas d’employés qui les autorise a emener les membres de leur famille immédiate et d’obtenir des green cards. Ils doivent passer des teste d’anglais et de technique infirmières US pour prétendre à un visa. Au cours des années récentes il y avait suffisamment de visas pour les infirmières étrangères, mais un goulot d’étranglement s’est développé en 2005.

Origine des immigrants infirmiers en 2005


(Source : Celia W. Dugger, NY Times du 24.05.2006)

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1 Réponse à “Les USA veulent attirer des infirmières au détriment des pays pauvres”


  1. 1 gegelo

    En France , on appelle cela " émigration choisie "
    Et pis les pauvres n’ont pas à être malades …

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