Jusqu’où ira la collusion des sociétés occidentales avec le régime Chinois ? A cet égard, l’affaire du rapport du cabinet d’audit Ernst & Young (Cap Gemini), dont il avait été fait état dans le billet "Les créances douteuses, talon d’Achille de l’économie chinoise", est unique dans les annales. Rarement acte de contrition d’une société étrangère rappelée à l’ordre par les autorités Chinoises aura été aussi humiliant et choquant du point de vue de l’éthique des affaires…
Le 03.05.2006, Ernst & Young publiait son rapport annuel sur les créances douteuses des banques en Asie et en Europe.
Pour la Chine, le rapport établissait que le montant de ces "prêts non performants" se chiffrait à 911 milliards de dollars. C’est énorme et cela représente près de 50% du PIB chinois en 2005 et dépasse les réserves monétaires que le pays a engrangées par ses exportations. C’et surtout très nettement supérieur aux chiffres officiels Chinois, notoirement sous-évaluées.
S’il a fait sensation, le montant d’Ernst & Young a semblé néanmoins crédible. Il englobait les engagements de l’ensemble du système bancaire et pas seulement ceux du club des quatre banques commerciales d’Etat (les "Big Four"), dont la vitrine a été bien nettoyée à la veille d’introductions sur des places boursières étrangères, notamment en transférant les dettes « non performantes » dans les structures de défaisance chinoises (230 milliards de $).
Mais la surprise est venue d’Ernst & Young qui, invoquant un problème de cohérence avec une autre étude interne, vient de se dédire. Le cabinet a présenté ses excuses. On comprend mieux cette reculade quand on sait qu’il compte parmi ses clients… des grandes banques chinoises.
Cette affaire est à comparer à d’autres comme celles de Google, Yahoo!, Microsoft, Cisco, qui ont accepté les conditions du "Big Brother" Chinois. Mais la logique à l’oeuvre est celle d’une résignation, au nom d’intérêts commerciaux, à une vérité financière fausse. Le calcul est à très court terme. Et la réalité finit toujours par se savoir, un jour ou l’autre il faut passer à la caisse.
(Source: Le Monde du 17.05.2006)
Je tiens à saluer tous mes anciens collègues de chez EY et le gouvernement chinois : Seik ma Koyok !!! Lifan Kao Tomagnö
(vous pouvez pas comprendre)
En tous cas, bonne année : Kong hé fat cho !