« Selon tout ce que nous savons, Osama bin Laden vit au Pakistan, près de la frontière Afghane. Notre voisin le Pakistan aurait pu l’attraper et le déférer à la justice. Mais, selon nos informations, leurs tentatives ont toujours été faites à contre cœur », à déclaré Rangeen Dadfar Spanta, Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement d’Afghanistan le 14 mai 2006.
Après le billet sur le Revival des Talibans dans le sud de l’Aghanistan, voyons avec l’aide de l’Asia Times ce qui se passe à l’est dans les montagnes de l’Hindu Kush, où Osama bin Laden est supposé se cacher…
Le gouvernement du Pakistan a immédiatement démenti les accusations, déclarant que le problème est en Afghanistan, où bin Laden, le leader d’al-Qaeda, se cache actuellement.
Les américains préparent une opération de grande envergure
Les investigations de l’Asia Times, menées dans les terres inhospitalieres des montagnes de l’ Hindu Kush, confirment que les forces US et Pakistanaises sont actuellement en préparation d’une opération à grande échelle pour capturer bin Laden, ou d’autres gros poissons, quelque soit le côté de la frontière où ils se trouvent.
Le point central dans la guerre contre le terrorisme dans cette région, s’est déplacé vers le dédale de montagnes et de rivières qui s’étend du lointain Chitral au nord-ouest de la province North West Frontier du Pakistan aux provinces du Nuristan et du Kunar en Afghanistan.
La frontière traverse cette zone, mais c’est une barrière virtuelle : pour ceux qui connaissent les chemins par des cols tortueux, le passage aisé entre les pays est possible.
Le FBI est sur place
La présence d’agents du FBI dans la vallée du Chitral sans être confirmée, a été rapportée à l’Asia Times par différentes sources. En même temps, il y a une très importante présence des forces de sécurité Pakistanaises avec des armes lourdes le long de la frontière, spécialement près d’Arandu.
Les locaux expliquent que les militaires Pakistanais ont construit de nombreux bunkers autour d’Arandu durant les années 80 quand les Soviétiques occupaient l’Afghanistan. Ils les ont abandonnés après le départ des Sovietiques en 1989, mais maintenant ils les ont faites occuper par les Chitral Scouts, une force paramilitaire, avec des armes lourdes.
Rien à signaler sur le front de l’est ?
« Comparé avec la région sud de l’Afghanistan, la région Est est tranquille. Il y a de la résistance, mais rien en comparaison de ce qui se passe dans le sud. L’est est peut-être une zone plus adéquate pour se cacher que pour mener des opérations de combat régulières, » déclare un mujahid à l’Asia Times.
Des rapports persistants annoncent que Gulbuddin Hekmatyar, une ex-premier ministre Afghan et maintenant leader du mouvement anti-américain se cache dans la Kunar Valley.
ll y a aussi eu beaucoup de supputations sur la présence de bin Laden dans la zone.
Néanmoins le mujahid dément cette possibilité pour bin Laden. « Il n’y a pas de doute qu’il est facile de se cacher dans des endroits comme le Nuristan et le Kunar comparés à d’autres parties du Pakistan et de Afghanistan, mais il y a des risques particuliers pour Osama dans cette région où tous les Afghans sont Salafistes et sont à mort contre les Talibans. Durant le règne des Talibans (1996-2001), Osama bin Laden a joué un rôle important en persuadant les leaders Salafistes de faire allégeance à Mollah Omar (le leader des Talibans). Cela a fait couler une rivière de sang entre les Salafistes Afghans et Osama, et c’est pourquoi Osama ne serait pas en sécurité au Nuristan, » déclare le mujahid.
Néanmoins de nombreux vétérans de moyenne importance, comme le Commandant Faqirullah du Hizb-i-Islami Afghanistan et Abu Ikhlas d’al-Qaeda, opèrent sur le Nuristan et le Kunar et sont bien placés pour orchestrer les actions de guérillas contre les forces des alliés des américains.
En même temps, la résistance conduite par les Talibans à pris le contrôle de certaines zones stratégiques. Cela indique que les Talibans se sont fondus aux intérêts locaux.
La région de Pechdara est une partie stratégique de la vallée du Kunar, à l’est de Jalalabad et touchant le Nuristan. Elle est devenu un noyau dur aux mains des Talibans, notamment le village de Korangal, où des combattants Tchetchènes, Chinois, Arabes et Ouzbeks sont retranchés et mènent des attaques.
La vallée du Kunar, contrairement à de nombreuses autres parties d’Afghanistan, est dépourvue de champs de pavot, hormis la zone de Pechdara. Les acheteurs convergent ici pour acheter de petites quantités de pavot, 5 à 10 kgs, au prix de 230$ le kilo.
Bien que les Talibans aient un pied solide ici, certains chefs de guerre majeurs ne sont pas des Talibans et ont des liens avec Kaboul. Parmi ceux-ci, le Commandant Najamuddin, autrefois de Hekmatyar’s Hizb-i-Islami Afghanistan, Jahandad, un ancien gouverneur du Kunar, Malik Zarin Khan, qui était un adjoint du légendaire leader Tadjik du nord de l’Afghanistan, le Commandant assassiné Ahmad Shah Massoud.
Ces acteurs ont initialement aidé les forces alliées dans leurs opérations contre les Talibans. Ensuite, ils ont pactisé avec les Talibans qui en retour les laissent faire leurs affaires d’opium. Pechdara est devenu relativement paisibles, avec les chefs de guerre qui cultivent le pavot et partagent les revenus avec les Talibans..
Le support local, après avoir été neutre est maintenant en faveur des Talibans et d’al-Qaeda.
La cause en est, selon les américains, la Afghan National Army (ANA), qui est devenue très peu sûre et corrompue.
Les forces US ne partagent plus d’informations avec l’ANA depuis que plusieurs fuites ont démontré que celles-ci étaient immédiatement transmises aux Talibans et à al-Qaeda.
Pour faire face, les US développent une force spéciale appelée « Peace Force » dans laquelle le critère de recrutement n’est pas le talent militaire, mais la haine Talibans. Beaucoup de membres de la nouvelle unité sont, soit d’anciens communistes soit des droits communs locaux. Peut-être sont-ils attirés par la très généreuse paye $500 à $1,000 par mois.
Une opération massive, telle que celle destinée à capturer l’insaisissable bin Laden, pourrait allumer la mèche, et ouvrir un autre front, comme dans le sud. Toutes les pièces sont en place.
(Source : Asia Times du 16.05.2006)
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