L’opérateur satellite Setanta vient de remporter deux des six lots des droits de retransmission des matchs de la Premier League anglaise pour 392 millons £.
J’ai voulu en savoir plus sur cette société inconnue, et ai découvert une vraie success story…
Tout commença en exploitant une toute petite niche : la retransmission des matchs de football irlandais à Londres. Mais, l’opérateur satellite Setanta, du nom d’un guerrier celtique mythique, touchera bientôt une audience beaucoup plus importante.
Fondée par deux jeunes entrepreneurs irlandais, Michael O’Rourke et Leonard Ryan, il y a plus de dix ans, la société a écrit l’histoire, en mettant fin au monopole de BSkyB, sur les droits du football anglais de Premier League, avec l’aide il est vrai de l’Union Européenne qui a imposé le morcellement en six lots.
La création de la compagnie date de la Coupe du Monde de 1990, quand O’Rourke and Ryan, alors âgés d’une vingtaine d’années, qui travaillaient à Londres, réalisèrent que le match Irlande – Hollande, n’était retransmis ni sur la BBC, ni sur ITV. Ils louèrent un pub irlandais, le Top Hat, pour montrer le match, installèrent une liaison satellite et demandèrent £10 l’entrée.
O’Rourke and Ryan avaient mis le doigt sur un marché : les ex-pats irlandais qui voulaient voir le sport de leur pays.
Ils ont ensuite formé Setanta et obtenus les droits du football gaëlique et du hurling, mais le business décolla quand ils rachetèrent le réseau de sport en difficulté Sportscast peu après, récupérant un réseau satellite servant 1.500 pubs.
Le passage des pubs aux living rooms britanniques se fit six ans après, en montant une chaîne TV pour retransmettre directement dans les foyers britanniques sur la plateforme Sky. L’an dernier a été lancé la première chaîne d’Irlande dédiée aux sports.
Le mois derniers, ils ont participé à la mise en vente des droits de la Premier League anglaise. Malgré une réputation grandissante, les chances d’un petit opérateur irlandais (chiffre d’affaires €35m) semblaient ridicules.
Mais la société avait montré ses ambitions en débauchant Trevor East de Sky plus tôt dans l’année, un homme qui avait, avec son boss Vic Wakeling, construit le sport chez Sky à partir de rien, obtenant les droits de Premier League qui étaient cruciaux pour son succès. Le recrutement d’East, fut suivi par celui de l’ancien finance director de Sky, Richard Brooke.
Les deux hommes furent les cerveaux de l’offre de Setanta pour deux des lots de la Premier League. Mais l’argent vient du support financier de la société, le fond géant américain Benchmark. Le fond de la côte ouest a financé quelques unes des meilleures success stories de la high-tech, incluant Ebay.
Supporter deux jeunes irlandais qui ont les nerfs pour enlever un élément clé de l’empire media de Rupert Murdoch, prouve que Benchmark ne craint pas les risques.
(Source: The Observer du 07.05.2006)
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