La faillite de la politique de Bush en Amérique Latine

Après le Venezuela et la Bolivie, d’autres pays pourraient basculer vers le nationalisme populiste anti-américain.
Et ce, en dépit de tous les efforts des stratèges de la Maison Blanche…

Sur le front de la nouvelle guerre froide entre l’Amérique du Nord et du Sud, Maria Velazquez Hernandez a choisi son camp. Elle est rentrée chez elle au Nicaragua, après une visite, tous frais payés au Venezuela, pour une opération de la cataracte qui a considérablement amélioré sa vue. C’est un miracle de Dieu, et je veux remercier le Président Hugo Chavez,” le révolutionnaire en puissance et bravache leader du Venezuela, qui a remporté une nouvelle victoire de propagande dans son combat avec Washington, pour un avantage d’influence et économique sur le continent latino-américain.
Velazquez était l’un des 85 Nicaraguéens qui ont pris l’avion pour Caracas pour des opérations chirurgicales payées par Chavez.

Après 5 ans de tentatives d’isoler Chavez et de faire taire ses insultes anti-américaines, la politique de Washington de courtiser en douce ses voisins est tombée en lambeaux le semaine dernière (pour mieux connaître Hugo Chavez, lire le billet qui lui est consacré)
C’est le signe de l’influence en croissance rapide de Chavez dans la région, que même un pays aussi pauvre et ignoré que la Bolivie peut envoyer des ondes de choc dans tout le monde occidental. Evo Morales, son nouveau président populiste a annoncé qu’il allait suivre l’exemple du Venezuela en nationalisant les ressources énergétiques, en dépit des effort de Condoleezza Rice de prévenir des chocs politiques qui pourraient augmenter le prix du pétrole aux USA.


Les officiels à Washington reconnaissent, d’un air las, que leur influence en Amérique Latine, était dangeureusement en déclin, avec des alliés de Chavez surfant vers le pouvoir par les urnes au Pérou, au Nicaragua et au Méxique.
La scène est installée pour une confrontation entre les consommateurs occidentaux inquiets des prix du pétrole, et les producteurs sud-américains, dont le nouvel enthousiasme à mettre des raclées aux compagnies étrangères pourrait s’étendre à l’Afrique ou l’Asie.
« Il y a dix ans, la Bolivie n’aurait pas crée une vague, parce que l’offre était suffisante. Mais maintenant nous sommes dans un marché de vendeurs. Ce que nous voyons, c’est que toute nation quelque soit sa fourniture veut encaisser. Le pouvoir est entre les mains des leaders de ces pays. C’est une tendance très dangereuse, » déclare Phil Flynn, un analyste basé à Chicago.
 
Chavez, l’homme qui contrôle les réserves de pétrole les plus importantes de l’hémisphère occidentale, a tiré le maximum des ses revenus croissants. Ses dépenses pour les pauvres lui garantissent la réélection. Sa position est si forte qu’il a annoncé le 06.05.2006 qu’il cherchait une réélection « indéfinie », au-delà de la constitution qui le limite à 2014.

Au grand désespoir de Washington, Chavez tisse une alliance trans-continentale, qu’il appelle « l’Axe du Bien », mais que les officiels US voient comme une galerie de fripouilles, de dictateurs manqués, d’opportunistes corrompus.

Le « parrain » du mouvement est Fidel Castro, qui après des années d’insignifiance géopolitique, est soudain revenu aux affaires dans sonrôle d’épine dans le flanc des américains.
C’est maintenant au tour du Nicaragua. Après avoir dépensé des millions de $ sous Reagan pour virer le régime d’extrême gauche sandiniste, Washington doit faire face à la perspective d’un comeback démocratique de Daniel Ortega, l’ancien leader sandiniste, en course pour la présidence, cette fois avec l’aide de Chavez.
Chavez n’a pas fait mystère de son intérêt pour les élections au Nicaragua. Il est prêt à accueillir d’autres nicaraguéens pour se faire soigner à Caracas. Castro est prêt à envoyer des médecins cubains.
Des accusations d’ingérence ont aussi été lancées au Pérou, où Chavez supporte Ollanta Humala (lire: "Le désastre est imminent au Pérou"), un populiste.
Mais plus inquiétantes pour Washington sont les élections présidentielles au Mexique, où Andres Manuel Lopez Obrador, un ancien maire populiste de Mexico City, a combattu les accusations d’être une version mexicaine de Chavez. Héros pour les pauvres du Mexique, Lopez Obrador se méfie de s’aliéner les votes conservateurs, et a gardé ses distances avec Chavez.

Le analystes américains prédisent un retour de bâton contre le comportement de Chavez. Il est impopulaire au Brésil et en Argentine, qui consomment le gaz de Bolivie et sont les plus touchés par la politique de nationalisations. Cela suffira-t-il à freiner ses ambitions?

Articles relatifs

0 Réponses à “La faillite de la politique de Bush en Amérique Latine”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire