Les élections présidentielles américaines 2008 (1)

Voici le premier d’une série de billets qui fera, au cours du temps, le point sur les candidats déclarés, ou en préparation, leurs prises de positions, leurs forces, leurs faiblesses, et leurs chances de remporter l’investiture de leur parti.
La situation au début du mois de mai 2006, à plus de deux ans de l’échéance finale, est la suivante…

Alors que les démocrates offrent sept ou huit candidats sérieux à l’investiture, les républicains n’ont que trois hommes politiques qui, à ce stade préliminaire, sont largement en avance.
Les sénateurs John McCain (Ariz.) et George Allen (Va.), avec le gouverneur du Mitt Romney, sont les trois républicains qui construisent l’organisation, lèvent les fonds et attirent le buzz nécessaire pour remporter la course dans leur parti. Bien qu’il soit impossible de prédire qui sera en compétition dans un ou deux ans, il est très surprenant qu’il n’y ait pas en course plus de républicains de top-niveau, particulièrement alors que la nomination est largement ouverte.
Le gouverneur du Mississippi Haley Barbour s’est retiré en début d’année. Le leader de la majorité au Sénat, Bill Frist (Tenn.), les sénateurs Sam Brownback, Chuck Hagel, les gouverneurs de New York George Pataki  et de Caroline du Sud Mark Sanford, ont l’étoffe, mais pour l’une ou l’autre raison, n’ont pas émergé, à ce jour, comme sérieux challengers à la nomination.
Un entrant potentiel dans le club fermé des coureurs de tête républicains est l’ancien maire de New York City Rudy Giuliani, qui a depuis peu agi plus comme un candidat dans la course. Même avec Giuliani en course, il reste de la place pour un candidat social-conservateur (Huckabee et Brownback).
Actuellement McCain et Sen. Hillary Rodham Clinton sont en tête dans leurs partis respectifs, mais tout peut encore arriver, et arrive habituellement.

Il faut savoir que la levée de fonds auprès de donateurs est un exercice fondamental pour espérer l’emporter. Une équipe de campagne "consistante" se compose de plusieurs dizaines de collaborateurs salariés, sans compter les innombrables bénévoles. Les frais sont très élévés, la transparence aussi.
On estime ainsi, qu’il faudra, début 2007, avoir levé au moins $ 10 million pour espérer emporter l’investiture de l’un des grands partis.

Voici le liste par parti et par ordre alphabétique des 5 candidats les mieux placés actuellement.

 LES DEMOCRATES

Evan Bayh, 50 ans, ancien gouverneur de l’Indiana, sénateur de l’Indiana (voir son site de campagne « All America »)
Evan Bayh travaille dur comme tous les autres candidats en voyages et rencontres avec des donateurs clés.
Il est moins conservateur et moins ennuyeux que la plupart des gens ne le pensent.
Bayh terminera 2006 avec au moins  $10 million sur son compte de campagne. Son challenge est de remporter la primaire 2008 de l’Iowa, ou il a un avantage géographique et a  passé beaucoup de temps à courtiser les électeurs de. Si Bayh ne fait pas une démonstration de force en Iowa, il est difficile d’imaginer comment il pourra rester compétitif au New Hampshire et plus loin.
C’est un homme mesuré et réfléchi, sur toutes les questions intérieures et extérieures.
Sur la guerre en Irak, Bayh, comme la plupart de ses collègues sénateurs démocrates qui courent pour 2008, a initialement en 2002, supporté la guerre. Mais, au contraire de certains de ses rivaux, il a, à ce jour refusé de répudier son vote et de mettre des dattes buttoirs au retrait des troupes américaines.
Bayh est un avocat de la « voie moyenne raisonnable », le centre dirait-on en France. Il se décrit lui-même comme "Republican lite", s’exposant aux foudres de la gauche du parti démocrate.
Il n’a jamais été charismatique, mais espère que les électeurs estimeront qu’en ces temps graves, il faut des hommes politiques sérieux.
C’est lui qui a le CV le plus impressionnant des démocrates : élu deux fois gouverneur de l’Indiana, un état républicain depuis 1964, et il en est à son second mandat de sénateur.
Mais un CV impressionnant est-il suffisant ? Les électeurs démocrates semblent avoir voté avec leur tête (nomination John Kerry) plutôt qu’avec leur coeur (rejetant la flamme de gauche de Howard Dean) aux primaires 2005.
Les espoirs de victoire finale vont-ils à nouveau supplanter l’idéologie en 2008 ? Bayh parie que oui.

Hillary Rodham Clinton, 58 ans, sénateur de New York (voir son site de campagne « Hillpac » - PAC = Presidential Advisory Committee)
Quand les gens demandent pourquoi Clinton est dans une catégorie à part dans le camp démocrate, la réponse est "money, money, money".
Clinton a levé $40 million pour sa réélection au Sénat depuis 2001. Elle terminera 2006 avec un reste de $20 million à $25 million sur son compte électoral. Et voila le truc : chaque personne qui a donné pour la campagne sénatoriale, peut remettre au pot pour la campagne présidentielle, donnant à Clinton un avantage encore plus important sur ses concurrents que son compte électoral ne le suggère.
La gauche du parti (les libéraux) restent sceptiques à propos de Clinton, à cause de son manque de prises de position sur la guerre en Irak, mais après 8 années sans Maison Blanche, ils pourraient mettre un mouchoir sur ces doutes dans l’espoir de remporter la présidentielle.
Elle est actuellement largement en tête dans les sondages pour l’investiture démocrate.

John Edwards, 53 ans, ancien sénateur de Caroline du Nord (voir son site de campagne « One America for all of us »)
Edwards et ses stratèges sont confiants de lever les $10 million ou plus qui seront nécessaires pour être compétitif avec Clinton, Bayh et Kerry, au premier trimestre 2007. Edwards est le politicien le plus naturellement talentueux du lot, il a un charisme brut qui a payé ses dividendes en 2004. Il fut colistier de Kerry en 2004 et il va bénéficier (comme Kerry) de son expérience des fourches du sufrage national.
Mais il ne semble pas y avoir la même énergie derrière Edwards qu’en 2002, au même moment.
En 2004, Edwards quitta le Sénat, après un seul mandat et retourna en Caroline du Nord, où sa femme, Elizabeth, commença le traitement d’un cancer.
Edwards cherche à porter les couleurs de la gauche du parti. Depuis qu’il a quitté le Sénat, il a travaillé sans relâche sur le sujet de la pauvreté de ses nombreuses implications. Il a beaucoup voyagé aux USA et dans le monde et estime que sans le leadership de la Maison Blanche, rien ne changera sur la pauvreté.
Parler en expert sur les sujets majeurs de politique intérieure, est nouveau pour Edwards qui fut régulièrement considéré comme un « poids léger » de la politique par ses rivaux en 2004.
 
John Kerry, 62 ans, sénateur du Massachusetts (voir son site de campagne « Keeping Americas promise »)
Il est probable que John Kerry, candidat démocrate en 2004 contre Bush, tentera à nouveau d’être désigné en 2008. Il est l’un des trois candidats (Bayh et Clinton sont les autres) qui auront probablement $10 million ou plus sur leur « compte présidentiel » en 2007 lui assurant une place sur la ligne de départ. Kerry reste dépourvu de buzz parmi les catégories qui jacassent, mais il a réussi, ce qui est remarquable, à maintenir sa position de leader au sein du parti démocrate.

Mark Warner, 51 ans, gouverneur de Virginie (voir son site de campagne « Warner’s Forward Together PAC »)
C’est l’ousider. Son équipe de campagne comptait déjà 23 employés à fin mars 2006, le second plus important staff parmi les démocrates après celui de Clinton.
Il a levé $5 million depuis Juillet 2005, un total impressionnant, sachant que Warner n’a jamais eu à lever des fonds sous le règlement fédéral durant son mandat de gouverneur. L’histoire de Warner comme gouverneur d’un « red-state » a fait son temps; les experts politiques semblent attendre de nouveaux actes du virginien. Vus ses succès passés, il ne fait pas de doute qu’il y en aura.

 
LES REPUBLICAINS

George Allen, 54 ans, sénateur de Virginie (voir son site de campagne GeorgeAllen.com)
Le mois dernier n’a pas été bon pour Allen. Il poursuit le double labeur, de faire campagne pour sa réélection au Sénat en novembre 2006, tout en traversant le pays pour maintenir en vie ses espoirs présidentiels.
Le sénateur a été attaqué pour sa fascination de jeunesse pour le drapeau confédéré et les thèmes racistes.
Mais Allen est l’un des trois candidats républicains qui dispose de l’équipe politique, des sources nationales de fonds et de la crédibilité politique pour concourir à la nomination dans 2 ans.

Rudy Giuliani, 62 ans, maire de New York jusqu’en 2004 (voir son site de campagne « Draft Rudy Giuliani for President »)
Il parait vraisemblable que Giuliani entre dans la course. Le 04.05.2006, il a annoncé qu’il avait recruté Anne Dickerson, qui avait servi comme bras droit de Mercer Reynolds (le directeur financier de la campagne de Bush en 2004). Dickerson dirigera le PAC de Guiliani « Hizzoner’s Solutions America ».
Guiliani commence ses déplacements et rencontres avec les donateurs républicains.
Bien qu’une candidature Giuliani soit maintenant plus que probable, il doit toujours trouver le moyen d’attirer les républicains conservateurs, malgré ses vues libérales sur l’avortement, le contrôle des armes et les droits des homosexuels.

Mike Huckabee, 51 ans, gouverneur de l’Arkansas,
Huckabee est le candidat le mieux placé pour attirer les conservateurs sociaux ( il est pasteur baptiste), tout en proposant une solution non orthodoxe aux autres composantes du parti (à noter la couverture medias de ses positions sur la nutrition, l’exercice et la perte de poids).
Mais, Huckabee n’a pas capitalisé sur le moment où il est entré en course en 2006. Sa décision d’augmenter d’un minimum les salaires des fonctionnaires le mois dernier, lui a attiré les foudres des faucons fiscaux du parti, conduit par le « Club For Growth », qui a qualififié Huckabee d’homme de gauche. La fenêtre pour Huckabee pour entrer au niveau supérieur est toujours ouverte, mais moins qu’avant.

John McCain, 70 ans, sénateur de l’Arizona (voir son site de campagne « Straight Talk America »)
American Research Group, une société indépendante de sondages, vient de publier une série de sondages sur les primaires républicaines. McCain menait la course dans les trois états clés de l’Iowa, du New Hampshire et de la Caroline du Sud (les premiers états à voter pour les primaires et qui donnent le ton), et, sans l’option Giuliani, il surclasse ses concurrents. Son ascension au top du pack semble facile, mais il doit toujours répondre aux doutes persistants sur sa bonne foi répubicaine.
Il a été candidat malheureux à l’investiture républicaine contre George Bush en 2000.
 
Mitt Romney, 59 ans, gouverneur du Massachusetts (voir son site de campagne « The Commonwealth PAC »)
Il ne faut pas sous-estimer l’importance de Romney qui été leader dans le succès de la loi qui procure la sécurité sociale à tout résident du Massachusetts.
Cela lui a apporté une couverture favorable, et quelque chose à vendre pendant la campagne, son habileté à trouver des compromis et à résoudre les problèmes.  Romney parcourt le pays aussi agressivement que les autres candidats républicains. Le fait que Romney soit mormon (il a été missionnaire durant un an et demi en France), peut être un obstacle, mais aussi un avantage, ainsi qu’en témoigne un récent meeting pour lever des fonds, en Utah, où il a recueilli plus de $1 million, un montant particulièrement élevé pour cet état, qui n’est pas connu pour sa générosité électorale.

(Source: Washington Post - The Fix du 05.05.2006)

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3 Réponses à “Les élections présidentielles américaines 2008 (1)”


  1. 1 charles

    merci pour ce super topo!
    encore!
    tu as juste oublier obama pour les démocrates!
    et je croise les doigts pour un duel obama/guliani

  2. 2 Jakouiller

    @charles Lis le topo de novembre et tu verras que Barack Obama y figure.

  3. 3 fefette

    bonsoir

    Barack Obama se presente pour les primaires 2008 et je croise les doigts pour guiliani

    cordialement

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