L’Unedic va étendre à douze nouveaux territoires les appels d’offres aux sociétés privées pour reclasser les chômeurs de longue durée…
A l’image de ce qui se pratique avec succès dans les pays nordiques, le rôle du secteur privé dans le reclassement des chômeurs de longue durée va s’étendre rapidement.
Il a jusqu’à présent été expérimenté dans sept territoires.
Devant le succès rencontré, le conseil d’administration de l’Unedic, organisme géré paritairement par le patronat et les syndicats de salariés, devrait décider, mardi 09.05.2006, de l’étendre une douzaine de nouveaux sites.
Des appels d’offres seront lancés pour attribuer les marchés à des opérateurs privés. L’Unedic veut ainsi réduire son déficit.
Depuis un an 9 000 personnes en ont déjà profité.
« Nous adoptons une politique des petits pas car nous voulons être sûrs de l’adhésion des partenaires sociaux pour un dispositif qui a suscité des critiques », commente Claude de Rosier, directeur général adjoint de l’Unedic, en charge du réseau des Assedic ;
Au vu des premiers résultats, on voit mal comment ils ne pourraient pas adhérer.
Le groupe d’origine australienne Ingeus a tout d’abord chargé de reclasser 6 000 personnes volontaires sur les agglomérations de Lille et de Rouen, sur une période de deux ans, dans le cadre d’un partenariat étroit avec l’ANPE et les Assédic. Cet accompagnement s’adressait à des demandeurs d’emploi indemnisés.
Vu son succès, l’opération a ensuite été étendue à la Défense et Strasbourg. Les deux sites ont été désignés pour tester un dispositif spécial pour les cadres de plus de 45 ans.
La région lyonnaise, Nice, Sophia Antipolis et Toulon et enfin Marseille et Avignon en ont également bénéficié. Ces sites ont été retenus pour leur taux de chômage élevé.
A Marseille et Avignon, l’ANPE a sélectionné il y a un an 1 000 demandeurs d’emploi présentant des risques de chômage de longue durée et leur a proposé de bénéficier d’un accompagnement spécifique pour accélérer leur retour à l’emploi, cette tâche étant confiée au groupe privé BPI.
553 chômeurs ont été volontaires (55% seulement!). Ils ont fait l’objet d’un accompagnement maximum de neuf mois avec un soutien individuel renforcé (un rendez- vous par semaine avec un consultant référent) et sélection d’offres d’emploi ciblées après un bilan de compétences.
Un an après, le bilan est positif estime Michel Valente, directeur régional de l’ANPE Provence- Alpes :
sur les 553 volontaires,
- 271 ont retrouvé un emploi en CDI ou en CDD,
- 146 sont toujours dans le dispositif d’accompagnement renforcé,
- 26 en sont sortis sans résultats,
- 110 l’ont quitté avant la fin.
- 37 % avaient retrouvé un emploi au bout de trois mois et 47 % au bout de six mois, ce qui est encore plus significatif.
« Pour la première fois, nous faisons un suivi de la recherche d’emplois et nous voyons que l’association de compétences entre l’ANPE, les Assedic et BPI favorise le retour à l’emploi », note Michel Valente.
Le coût du dispositif a été initialement critiqué par les syndicats (4 000 euros pour chaque chômeur de moins de 50 ans ayant retrouvé un emploi et 5 000 euros pour les plus de 50 ans), Claude de Rosier souligne que ces personnes ont été reclassées en moins de cinq mois alors que la durée moyenne d’indemnisation est de plus de douze mois. L’économie d’indemnisation pour l’Etat couvre donc largement le coût de la rémunération de BPI.
Ingeus a également été chargé par le Conseil général des Hauts-de-Seine de suivre les titulaires du RMI depuis plus de 2 ans du département, via le programme Energies Emploi 92.
Prévu pour une durée de quatre ans, l’objectif de ce programme est qu’au moins 900 personnes soient placées et maintenues dans l’emploi pendant une durée minimum d’un an.
Un conseiller aide le bénéficiaire à définir son projet, à identifier ses difficultés et ses atouts et à tracer ses étapes de travail. Chaque semaine en moyenne, ils font ensemble un bilan des actions conduites : apprentissage des techniques de recherche et de présentation, contacts avec les entreprises, préparation des entretiens.
Le principe est d’aider chacun à tirer le meilleur parti de ses compétences et expériences pour fixer des objectifs réalistes et mettre en œuvre les actions nécessaires pour les atteindre.
Le conseiller mène un travail de contact direct auprès des employeurs potentiels du département pour connaître leurs besoins et mettre en relation les "chercheurs d’emploi" avec les entreprises.
Les bénéficiaires ont accès sans restrictions aux outils de recherche d’emploi : ordinateur, téléphone, accès internet, presse…
Après le retour à l’emploi, le conseiller suit le bénéficiaire pendant les 12 mois qui suivent le recrutement.
ll fait le point régulièrement avec le nouveau salarié et avec son employeur, afin de faciliter l’insertion de la personne dans son nouvel environnement professionnel, son maintien et son évolution dans le poste.
La personne volontaire pour bénéficier du programme s’engage contractuellement :
- à se consacrer activement à sa recherche d’emploi,
- à participer aux rencontres régulières avec son conseiller
- à mettre en œuvre son programme personnalisé de travail.
De son côté, Ingeus s’engage à mobiliser toute sa compétence et toute son expérience professionnelle au service de l’accès rapide du bénéficiaire à un emploi durable.
(Source: Le Figaro du 06.05.2006)
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