L’islamisme au Proche-Orient - Volet 1 : Arabie Saoudite, Iran, Irak

The rise of islamism in the Middle East, Saudi Arabia, Iran, Irak.
Depuis 2005, une vague islamiste submerge le Proche-Orient. Cette montée de l’islamisme politique se déroule dans un processus d’élections pluralistes, encouragé par les USA et dont l’issue est contraire aux espoirs des occidentaux. En Arabie Saoudite et en Iran, l’islamisme politique est au pouvoir depuis de nombreuses années, en Irak, il vient d’y accéder en 2005…

L’islamisme est un phénomène ancien qui traduit l’ambition des religieux d’exercer un pouvoir temporel allant jusqu’à instaurer la charia comme base de développement d’une démocratie islamiste.

Arabie Saoudite et Iran, l’Islam politique au pouvoir

L’islamisme est né en Arabie, fondé sur la doctrine du Wahhabisme, une forme rigoriste de l’Islam sunnite.
Riyad devient la source d’inspiration du fondateur des Frères Musulmans, l’égyptien Hassan Al-Bana.
Opposée au modèle ultranationaliste alors en vogue au Proche-Orient, l’Arabie finance mosquées, écoles coraniques et mouvements religieux pour la propagation de l’Islam. Elle a soutenu les mouvements islamistes comme le FIS en Algérie, le front islamique au Kosovo puis les Talibans en Afghanistan. Son influence remonte jusqu’en Asie Centrale et en Tchétchénie.
Depuis le 11 septembre 2001, son image s’est considérablement détériorée. Son allié, les Etats-Unis, l’a contrainte à lancer des réformes démocratiques et à lutter contre le terrorisme.
Pour la première fois en 2005, les saoudiens ont découvert la démocratie représentative lors d’élections locales. Mais cette modernisation est combattue par le réseau d’Oussama Ben Laden (déchu de sa nationalité saoudienne) qui multiplie fusillades et attentats alors que la succession du roi Abdallah constitue un sérieux danger pour l’unité du pays.

L’autre modèle d’islam politique en place est celui de l’Iran, en place depuis la révolution de 1979. L’Iran finance l’islamisme chiite et dispose d’importants relais au Liban avec le Hezbollah et la milice Amal. Depuis la chute des Talibans, Téhéran a des soutiens dans les zones chiites en Afghanistan. L’Iran s’appuie en Irak sur l’armée du Mehdi dirigée par le chef religieux chiite Muqtada Al-Sadr.
Après deux mandats du président modéré Mohamed Katami, le iraniens ont élu en 2005 un ultraconservateur à la tête de l’état, Mahmoud Ahmadinedjad (à lire, "La course au pouvoir de Mahmoud Amanidedjab"
) .
A peine installé il a entrepris un nouveau bras de fer avec les occidentaux à propose du programme nucléaire iranien, et multiplié les déclarations prônant la destruction de l’état d’Israël.

Irak, la victoire de l’Islam politique

En Irak, la guerre a été lancée depuis mars 2003 par les USA, dans le but d’instaurer la démocratie. L’Irak sans Saddam Hussein devait servir de modèle de démocratie pour tout le monde arabo-musulman.
D’une assemblée constituante aux élections législatives, le processus de recomposition du pouvoir a donné certains résultats, mais les rivalités intérieures, les problèmes de sécurité, la politique américaines et notamment les images de scènes de tortures sur des prisonniers dans la prison d’Abou Gharib, ont radicalisé les mentalités.
Aux législatives de 2005 les islamistes ont remporté 203 sièges, dont 130 chiites, sur les 275 que compte l’assemblée.
Ce processus démocratique (A lire,
"Tous les espoirs des USA d’une sortie possible du guêpier irakien reposent sur Nuri Kamal al-Maliki") risque de faire basculer le pays dans la guerre civile entre chiites en sunnites. Dès 2003, le chef religieux chiite Moqtada Al Sadr avait crée sa milice, l’armée du Mehdi. Plusieurs milices clandestines sunnites opèrent, comme l’Armée Islamique du Salut, contre le pouvoir en place. Les tensions intercommunautaires se multiplient, chiites et kurdes se partageant le pouvoir politique et économique au détriment des sunnites. Le risque de guerre intercommunautaire exacerbe le risque de désintégration de l’état irakien.

(Source: Visuel interactif de lemonde.fr du 29.03.2006)

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1 Réponse à “L’islamisme au Proche-Orient - Volet 1 : Arabie Saoudite, Iran, Irak”


  1. 1 idoine

    C’est souvent comme ça la tyrannie arrive par la démocratie.
    Le problème, c’est qu’une fois installée, pour s’en débarasser, à part la guerre ou la révolution (donc beaucoup de sang) …

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