Sale temps en Alsace. La guérilla entre Bruxelles et Strasbourg pour accueillir les sessions du Parlement européen devrait redoubler d’intensité dans les jours prochains. Les eurodéputés viennent, en effet, de mettre à jour un système de surfacturation de loyers et de prix de bâtiments, par la ville de Strasbourg…
Le parlement européen occupe, entre autres, deux bâtiments que la ville de Strasbourg a construits en 1979, et revendus à la SCI de droit néerlandais Erasme.
La ville est, depuis, locataire des bâtiments et les sous-loue au parlement, selon un montage un peu obscur.
Le parlement ayant décidé de racheter ces bâtiments, a donc négocié avec le propriétaire Erasme et on s’est mis d’accord sur le prix de 136 millions d’€.
C’est alors que l’affaire s’envenime !
La ville de Strasbourg toucherait une commission 29 millions d’euros sur la vente!
Le parlement apprend aussi que la différence entre les loyers payés par la ville à Erasme, et ceux qu’elle perçoit du parlement (10,5 millions d’€/an) serait de 15 à 25%, en faveur de la ville, et ce, depuis 1979…De la surfacturation quoi! Les montants en jeux sont difficiles à établir, mais selon Valdis Dombrovskis, député letton, le parlement aurait été grugé de 27 millions d’€ depuis 1979.
Résultats
Le Parlement vient de suspendre le paiement des loyers pour la location des bâtiments ainsi que les négociations en cours pour leur rachat. Un groupe d’enquêteurs parlementaires sera chargé de faire la lumière sur l’affaire. Et l’Olaf, le Bureau européen de lutte contre les fraudes, va également entrer dans la danse.
Le président du parlement, Parlement, Josep Borrell, a écrit à Dominique de Villepin pour leui demander d’intervenir, mais le pauvre a d’autres chats à fouetter actuellement.
Les invectives fusent
Les eurodéputés sont scandalisés.
Selon Edward McMillan-Scott, député britannique et l’un des vice-présidents, « Strasbourg a agi de mauvaise fois depuis plus d’une génération. »
Le député Jeffrey Titford (UK Independence Party) réclame le remboursement par Strasbourg du trop-perçu frauduleusement. Il critique aussi le parlement pour n’avoir pas mis le doigt sur l’affaire plus tôt. « Pourquoi les procédures internes au parlement n’ont-elles pas fonctionné ? Ce pourrait être l’affaire d’euro corruption la plus importante jamais vue, » déclare-t-il.
Le mot corruption est lâché ! La surfacturation est, en effet, souvent utilisé pour verser des rétrocommissions.
Selon Bild, le quotidien allemand à scandales, qui prétend se fonder sur un rapport interne de la commission de contrôle des finances du Parlement européen, Strasbourg est soupçonné de corruption lors de la vente d’un autre bâtiment à cette institution en 2003, celui de l’hémicycle du Parlement. La ville aurait vendu ce bâtiment pour 450 millions d’euros, soit 200 millions de plus que sa valeur réelle, assure Bild. "Ca sent la corruption", estime le député européen autrichien Hans-Peter Martin, cité par le journal le plus lu d’Allemagne.
Explications évasives de la ville de Strasbourg
Les Twins (c’est ainsi que l’on surnomme à Strasbourg, le duo, Fabienne Keller et Robert Grossmann, qui dirige la ville) se défendent, sans convaincre. Ils évoquent des compensations (de quoi ?), des travaux effectués aux frais de la ville, des dédommagements…
Les contrats originaux avec Erasme ont été demandés à la ville. Il semblerait qu’on ait du mal à les retrouver. Ces documents datent de 1979, « c’est véritablement de l’archéologie, » se plaint Fabienne Keller.
Quand à Robert Grossmann, il se dit oppressé. « Le parlement européen dispose de négociateurs qui sont plus que redoutables, qui sont oppressants, » se plaint le pauvre homme aux Dernières Nouvelles d’Alsace.
«Les explications des représentants de la ville et de la maire Fabienne Keller sont vaseuses. Il va falloir pointer des responsabilités à tous les niveaux,» se fâche Bart Staes.
Rapatriement à Bruxelles
Reste qu’à moyen terme, reconnaît le rapporteur budgétaire du Parlement, Markus Ferber, «cette histoire va revigorer ceux qui plaident pour le rapatriement du Parlement vers Bruxelles». Vendredi dernier, le ministre-Président de la Région Bruxelloise Charles Picqué (PS) s’était publiquement réjoui des déboires strasbourgeois à l’heure d’organiser les sessions parlementaires. Il a maintenant de quoi rire…
(Source : DNA du 29.04.2006, La Libre Belgique du 27.04.2006, BBC News du 27.04.2006, TF1-LCI.fr du 28.04.2006)
Et une fois de plus, qui va ête mis a CONTRIBUTION pour régler la note ? :/
Nous avons affaire à une opération de déstabilisation de la Ville orchestrée par les eurodéputés britaniques opposés aux sessions à Strasbourg.
Par ailleurs, on rejette la faute sur le vendeur. Qu’en est-il de l’acheteur qui a surpayer sans broncher durant 27 ans ????
C’est justement pour cela, cher Vincent, qu’il y a soupçon de corruption.
Cette affaire n’est que la partie visible de l’iceberg, d’une politique totalement corrompue par ces deux personnalités détéstables qui dirigent notre belle ville de Strasbourg…
Faut pas charier, Max, l’ensemble du montage date de 1979, et puis sous Trautmann, la surfacturation des loyers avec le fond Erasme s’est poursuivie… A mon avis, s’il y a corruption, c’est plutôt du côté du parlement européen.