« Les coulisses de Gazprom » ou « Miller le sbire obéissant de Putin (Poutine) »

Le géant de l’énergie Gasprom est dirigé du kremlin. Ses affaires demeurent opaques…
« Backstage of Gasprom » or « Miller the obedient benchman of Putin » (translation tool on-site)
The new jewel, energy giant Gazprom is driven directly from the Kremlin. The business remains opaque…

Le géant de l’énergie Gazprom est le nouveau joyau du Kremlin.
Contrairement au monopole soviétique du pétrole, Gazprom ne fut pas démantelé à la fin des années 90 car la petite flamme bleue assurait seule la survie de la Russie. Le gaz chauffe tout le pays en hiver et produit 50% de l’électricité.
Le trust est devenu une société par actions contrôlée par l’état et s’est transformé, depuis l’arrivée de Putin il y a 6 ans, en un géant de l’énergie qui possède 16% des réserves de gaz mondiales et achète à tout va les sociétés pétrolières. Aujourd’hui Gazprom contrôle des centrales électriques et jusqu’aux entreprises qui construisent un réacteur nucléaire controversé en Iran.
330.000 employés, 153.000 km de pipelines et plus de 1.000 filiales c’est l’empire Gazprom.

En 2010 la Russie sera, grâce à la technique de liquéfaction du gaz et par supertankers, le 3e fournisseur d’énergie des USA. Aleksei Miller, le président de Gasprom prophétise que dans 5 ans le trust énergétique sera n° 1 dans le monde.
Jusqu’à présent Gazprom livrait ses produits jusqu’aux frontières, à des intermédiaires. Gazprom ne touchait souvent que le tiers de ce que payait l’utilisateur final et voudrait maintenant s’en rapprocher en prenant des participations dans les réseaux de distribution, en commençant en Europe occidentale. En Allemagne, le trust a pu fêter, par l’intermédiaire de sa joint-venture avec BASF, son premier grand succès international : l’entreprise a obtenu 50%, moins une action, du distributeur de gaz Wingas, contrôlé par BASF. En échange BASF participe à l’exploitation du champ Juschno Russkoje en Sibérie.
Au Royaume-Uni, la situation n’est pas la même et les projets d’acquisition du distributeur gazier Centrica plc (à lire : « Putin menace les européens de diriger son pétrole et son gaz vers l’Asie »), se heurtent à l’opposition du gouvernement Blair.

Putin a porté la part de l’état dans Gasprom à 51%. Le conseil de surveillance est présidé par Dmitrij Medwedjew, l’ancien chef de cabinet de Putin et l’un de ses successeurs potentiels. Le libéral ministre de l’économie et du commerce German Gref s’était en vain opposé à la présence de l’état dans l’économie. Son plan de déréguler le marché du gaz s’est heurté à la volonté oligarchique de Putin, qui veut, à l’aide des ressources énergétique recréer une super puissance. Les experts  estiment que le Kremlin possède entre temps plus de 50% de tout le secteur de l’énergie. Selon les rumeurs de la bourse de Moscou, Putin deviendrait même le prochain président de Gazprom, a la fin de son mandat de chef d’état.

Alexej Miller, le boss de gazprom

Alexej Miller, autrefois maigrichon et terne, bien nourri maintenant, symbolise  la renaissance de Gasprom. Il a été intronisé chef de Gasprom par Putin en 2001, à 39 ans.
L’économiste de formation avait travaillé depuis 1992 à l’administration de Saint-Petersbourg, où il avait préparé l’implantation des premières entreprises occidentales. Putin était alors, pendant un temps, son supérieur. Il se disait alors que Miller était marié à une parente de Putin. Putin appréciait chez le transparent Miller, son dévouement, son sens de la discipline, sa puissance de travail et son visage inexpressif.

Le chef de Gazprom parle en public, quand il ne peut l’éviter, si bas que personne ne peut pratiquement le comprendre. « Miller ne dit jamais rien d’inutile. Je ne peux me souvenir d’une conversation légère avec blagues et rires, » dit de lui l’un de ses anciens collègues. Par politesse il lui arrive parfois de boire un verre de vin. Une photo avec son labrador est la seule preuve d’une vie privée.
Le premier travail de Miller chez Gazprom a été de remettre en état l’entreprise totalement pillée et dévastée. Son prédécesseur,  Rem Wjachirjew avait comme devise, « d’abord je vole pour Gasprom, ensuite je vole pour moi. » Jusqu’à trois milliards de $ par an ont été détournés sous sa direction et sous l’ère Eltsine.
« Miller eut beaucoup de succès et réussit à récupérer 60% des champs gaziers, et des participations perdus. Maintenant il doit tenir le challenge de faire de Gasprom un trust énergétique de dimension mondiale, » dit Wadim Kleiner de Hermitage Capital Management, dont le patron vient d’être expulsé de Russie, pour s’intéresser de trop près à Gasprom.

En plus de Gasprom, Miller à en charge divers projets annexes chers au maître du Kremlin. A Krasnaja Poljana, au nord du Caucase, où Putin aime à faire du ski, il supervise la sortie du néant d’une station de ski avec hôtels, centre de conférence, 6 remontées mécaniques, le tout pour la publicité de la candidature russe aux JO d’hiver de 2014.

Miller suit une nouvelle stratégie avec les anciennes républiques soviétiques. Après que le plan, d’acheter la suzeraineté politique en échange de gaz bon marché, ait échoué, ce sont les prix du marché qui sont pratiqués. L’Ukraine, l’a senti au début de 2006 quand Gasprom a fermé certains robinets, et l’annonce des nouveaux tarifs a été faite à la Biélorussie.

Gasprom, un entreprise opaque

Mais l’impressionnant comeback de Gazprom, dissimule les ratés de l’économie russe.
Sous Miller aussi, Gasprom, dont les rivières de $ avaient plusieurs fois servi de caisse de secours à l’état russe (pour payer les retraites, financer les campagnes de candidats proches du Kremlin, ou de troubles sociétés d’intermédiaires…), est resté un géant opaque. « L’entreprise a une structure très complexe, qui rend illisible par les actionnaires, les opérations qui sont profitables, et celles qui sont déficitaires,» dit Wadim Kleiner.

Au cours des années, Gazprom est devenu un monstrueux bric à brac, avec des élevages de poulets, des manufactures de porcelaine, des ateleirs de couture et un sanatorium au bord de la mer Noire. Miller a acheté le club de football du Zenith de Saint-Petersbourg et les Iswestijas. La filiale Gasprom-Media avait déjà acquis il y a cinq ans la très critique chaîne de télévision NTW et, en perdant de l’audience, l’avait rendue Putin-conforme. Les journaux très lus, Komsomolskaja Prawda et Kommersant sont, avant les prochaines élections présidentielles sur la liste d’achat.

Les dirigeants sont très bien traités. Les coûts de personnel grimpent plus vite que les profits.

Les dettes de Gazprom sont estimées à 30 milliards de $. Cela ralentit la capacité de crédit du trust, qui doit se débattre avec les réparations des infrastructures déficientes. Selon une étude russe, Gasprom doit investir, pour maintenir la production actuelle, jusqu’à 200 milliards de $ dans les 15 prochaines années.

Le capital manque pour ouvrir de nouveaux champs gaziers. Au cours des années passées la production a stagné. Trois énormes champs gaziers sont épuisés à respectivement 25, 50 et 68%.
 « Le problème de Gazprom est que l’investissement en importantes exploitations nouvelles, du fait des prix bas fixés par l’état sur le marché intérieur, n’est pas rentable, » estime Jonathan Stern de l’Institute for Energy Studies à Oxford. Pour une exploitation en hausse, la mise en valeur des nouveaux champs de Jamal et de Schtokman serait nécessaire. Mais, du fait des travaux préparatoires de longue durée, l’exploitation ne s’y fera pas avant 2015. Depuis des années, Gazprom doit acheter du gaz au Turkménistan.

La Russie pourrait économiser jusqu’à un quart des ses besoins internes en gaz. Beaucoup de générateurs de courant électrique au gaz travaillent avec un rendement de 33%, alors que 55% seraient techniquement possible. Neuf clients du gaz sur dix n’ont pas de compteur. Ainsi la Russie est, après les USA, le second plus gros utilisateur de gaz dans le monde, bien que sa puissance économique soit vingt fois plus faible. Mais ni la politique, ni Gazprom n’envoient de signaux contre le gaspillage.
De petits producteurs privés de gaz existent et exploitent, à l’ombre du géant, de façon beaucoup plus efficace. En l’espace de six ans, ils ont doublé leur production et, ainsi, couvert les besoins croissants de la Russie. Mais le trust, qui a le monopole des pipelines, les contrôle et peut les interdire de tuyaux. Les exportations leurs sont ainsi interdites.
 

C’est le privilège de Gazprom, pour gagner de l’argent et comme bras armé politique d’une grande puissance.

(Source: Die Zeit, 27.04.2006)

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1 Réponse à “« Les coulisses de Gazprom » ou « Miller le sbire obéissant de Putin (Poutine) »”


  1. 1 idoine

    C’est tellement opaque, que c’est à se demander si c’est pas carrément obscur.
    Et qd c’est obscur, à ce point, ya plus que F. Coppola pour nous faire aimer cette musique

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