Putin menace les européens de diriger son pétrole et son gaz vers l’Asie

Vladimir Putin a menacé le 26.04.2006 de diriger les futures exportations de pétrole et de gaz du géant Gazprom non plus vers l’Europe mais vers les marchés asiatiques.
En dehors de l’Asie, l’expansion des sociétés énergétiques russes a été bloquée par une concurrence déloyale, a-t-il déclaré…

Putin parlait ainsi avant le sommet avec Angela Merkel du 26.04.2006 à Tomsk, centré sur l’énergie.
Cette semaine, l’opérateur russe de pipeline Transneft a annoncé le début des travaux du pipeline Sibérie orientale – Océan Pacifique, pour dévier vers l’Asie les exportations qui vont actuellement vers l’Europe.

Putin estime qu’il a en main des atouts forts pour négocier avec l’Europe.

« Nous rencontrons souvent une concurrence déloyale… En dépit de la forte demande en énergie, des tentatives sont faites, sous toutes sortes de prétextes, pour nous limiter…Nous devons nous souvenir que les nations de la zone Asie-Pacifique se développent très rapidement, et elles ont besoin de notre coopération, » a déclaré Putin à Tomsk.

Après que Gazprom ait brièvement coupé les approvisionnement en gaz de l’Ukraine, en janvier 2006, les leaders européens se sont interrogés sur la fiabilité de la Russie comme fournisseur d’énergie.

Il y a un autre signe de l’influence des exportateurs russes d’énergie : Cette semaine, la capitalisation boursière de Gazprom a dépassé les 250 milliards de $, prenant la première place des sociétés énergétiques européennes à BP, et devenant 2e mondial, derrière Exxon Mobil.

Merkel suit une ligne plus ferme avec Putin que Schröder, accusé de négliger de presser la Russie sur les droits de l’homme, pour sécuriser les contrats énergétiques. Une semaine après avoir quitté la chancellerie, Schröder fut recruté comme président d’une filiale de Gazprom qui construit un pipeline vers l’Allemagne, sous la mer Baltique.
Néanmoins, deux sociétés allemandes, E.On et BASF, devaient signer un important contrat gazier avec Gazprom, au sommet de Tomsk.

En dehors de l’Allemagne, les choses ne progressent pas aussi harmonieusement.
Les médias britanniques ont rapporté en avril 2006, que les régulateurs tenaient réunions sur réunions, pour bloquer une OPA possible de Gazprom sur Centrica, le premier distributeur de gaz britannique.
Les commentaires de Putin reflètent le mécontentement russe, bien que les services de Blair aient déclaré le 26.04.2006, qu’il n’interviendrait pas en cas d’OPA de Gazprom sur Centrica.
Gazprom est si riche actuellement qu’il peut se payer n’importe quelle société européenne. " Il est très difficile de trouver une société qui ne soit pas sur notre watch list… Laissez moi compter. Les doigts de mes mains ne suffiraient pas," a déclaré Aleksandr Medvedev, directeur-adjoint de Gazprom à la BBC.
L’association étroite de Gazprom avec le gouvernement russe est parfois considérée comme un outil de la politique étrangère de Moscou.

Devant les objections sur les visées sur Centrica, le CEO de Gazprom, Aleksei Miller a rencontré les ambassadeurs européens à Moscou, afin de cautionner les tranferts vers l’Asie, si Gazprom ne se sentait pas bienvenu en Europe.
Dans le même registre, Semyon Vainshtok, président de Transneft déclarait à Nezavisimaya Gazeta, le 24.04.2006, « la Russie a suralimenté l’Europe en pétrole, c’est au tour de l’Asie maintenant… Tout livre d’économie indique que les fournitures en surplus font baisser les prix, » sous-entendant  que les prix devraient monter en Europe pour maintenir les fournitures russes.

(Source : International Herald Tribune du 26.04.2006)

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1 Réponse à “Putin menace les européens de diriger son pétrole et son gaz vers l’Asie”


  1. 1 idoine

    C’est évident : L’Urss cherche un prétexte pour détourner ses livraisons vers l’Asie (où il a du obtenir des avantages plus importants)

    On y ajoute la protection des chinois vers l’Iran et on déduit :
    La guerre pour le contrôle des ressources rare a commencée …

    Heureux Européens :
    - pas encore trop de besoin pour pouvoir encore les contrôler
    - pas assez de ressources pour susciter les appétits.

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