Le président iranien, Mahmoud Ahmadinedjad, élu le 28 juin 2005 avec 65 % des voix, maîtrise la propagande : déclarations assassines contre Israël et les Israéliens, négation de la shoah, appels à la haine des Américains, durcissement de la position de l’Iran sur le nucléaire, menaces contre les intérêts occidentaux, rien n’y manque. Le tout admirablement mis en scène, sans aucun amateurisme, rassemblements populaires, tribunes et harangues sous l’oeil des photographes et des caméras.
Et la communauté internationale, Russes et Chinois compris, de s’interroger : qui est donc, et que cherche au juste Mahmoud Ahmadinedjad ?
Ahmadinedjad ne correspond pas aux voeux et à l’attente des Occidentaux, qui lui préféraient Ali Akbar Rafsandjani, 71 ans, richissime, bien connu à l’Ouest.
Deux éléments sont la base de l’ascension d’Ahmadinedjad : le nationalisme iranien, exacerbé par la présence américaine en Irak, et la lassitude d’un peuple qui vit mal (40 % de la population vit au dessous du seuil de pauvreté, 16 % est au chômage) dans un pays riche de 18 % des réserves de gaz mondiales et deuxième producteur de pétrole de l’OPEP, mais ravagé par la corruption. Le candidat Ahmadinedjad a affiché sa légitimité religieuse (son modèle est l’Imam Khomeini), son patriotisme et son austérité personnelle.
Il est maintenant président, que veut-il de plus ?
L’état iranien, fondé par l’imam Khomeini, laisse peu de pouvoirs réels au président. Ce sont les religieux qui dirigent.
Le pays est conduit par un “ Guide suprême ” (Ali Khameini) nommé, à vie, par une “ Assemblée des Experts ” de 86 religieux élus au suffrage universel. C’est lui qui nomme six des douze membres du Conseil des Gardiens de la Révolution – des religieux. Les six autres membres (juristes) sont désignés par le Parlement. Le Guide désigne encore les 31 membres d’un “ Conseil de discernement ”.
Que reste-t-il au président ? L’exécutif, puisqu’il désigne les membres du gouvernement. Encore faut-il que le Parlement (290 membres élus au suffrage universel, mais le Conseil n’autorise pas toutes les candidatures) approuve, puisqu’il investit le gouvernement. Ajoutons que le Parlement détient le pouvoir législatif. Quant au pouvoir judiciaire, il appartient à un Chef nommé par le Guide suprême.
C’est encore le Guide suprême qui est commandant en chef des forces armées.
On sait que Mahmoud Ahmadinedjad s’est entouré d’hommes qu’il connaît depuis longtemps.
Comment élargir son pouvoir réel alors que la fonction présidentielle est aussi manifestement encadrée ?
En jouant les mêmes cartes, orthodoxie religieuse, lutte contre la corruption généralisée, nationalisme, qui lui ont réussi pour son élection. Notons que se c’est la même stratégie qui a amené le Hamas au pouvoir dans les territoires palestiniens.
Mais, soucieux d’équilibre, l’imam Khameini s’est empressé de nommer Rasfandjani président du “ Conseil de discernement ”.
Ahmadinedjad était présenté comme un naïf, peu au fait du monde.
Naïf ou ambitieux ? Plutôt ambitieux.
Au contraire de ses adversaires réformateurs, qui souhaitaient désenclaver l’Iran de son isolement, il appuie, à grand renfort de références à l’Imam Khomeini, sur la fibre nationaliste iranienne et sur la haine d’Israël. Les conséquences de cet isolement choisi seront à mettre au compte de l’intransigeance et de l’arrogance des Occidentaux. Isoler son peuple un peu plus, c’est affermir son emprise.
Il n’attaque jamais la Chine (soutien économique et politique précieux, parce qu’elle dispose d’un droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU).
Seuls les Etats-Unis ont imposé des sanctions économiques à l’Iran. Mais avec les difficultés militaires qu’ils rencontrent en Irak et l’emprise iranienne sur une partie des Chiites irakiens, leur marge de manoeuvre réelle s’amenuise. Ce qui permet à Ahmadinedjad de montrer ses muscles, de s’afficher avec “ l’Etat voyou ” syrien et de s’affirmer comme la puissance régionale incontournable. En mesurant les risques.
Le tout à destination interne, en flattant le patriotisme et l’orgueil d’un peuple sur lequel il appuie sa légitimité et son pouvoir.
Ses vrais ennemis sont ses rivaux politiques : il s’agit bien d’une conquête du pouvoir, sous l’oeil d’un Guide suprême qui maintient une balance entre les forces qui s’affrontent. Bien sûr, tout peut déraper et l’Iran d’Ahmadinedjad représenter un danger réel pour la région et la paix du monde. D’autres pays de la région (l’Arabie Séoudite sunnite par exemple) et du monde arabe (les Iraniens sont des Perses) s’en inquiètent. Les Etats-Unis peuvent s’impatienter. Un accident peut toujours arriver.
S’il gagne son combat pour le pouvoir (et préserve sa vie), qu’en fera le président iranien ? S’enfermera-t-il dans la radicalité qu’il affiche aujourd’hui ? Où sera l’intérêt de ce faux naïf?
(Source: Lettre de Leosthene)
Tu devrais relire (ou lire Dune)
Une armée de fanatique, s’empare d’une richesse indispensable au monde et …
contraint le monde à s’engager dans la seule voix possible pour éviter la destruction !!!????!!!!??
Le monde est un miracle, si une majorité de crétin n’arrivent pas à comprendre qu’il faut rapidement "évoluer", il est fort probable que la tyrannie nous amène de force là où on aurait pu aller de plein gré !
ahmaninedjad is fuckin asshole and a write motherfucker