Alors que le règne de Chirac se termine, le journaliste F-O Giesbert vides ses carnets.
Morceaux choisis…
L’affaire Cecilia Sarkosy
Giesbert précise que ce n’est qu’une "rumeur", mais il a semble y croire puisqu’il la publie. C’est De Villepin, alors ministre de l’intérieur et donc patron des RG, qui a mis le feu au couple Sarkozy. Extraits : " De là à imaginer que la rupture entre les Sarkozy ait pu être provoquée par une manipulation d’état, il n’ y a qu’un pas qu’on ne franchira pas, faute de preuve. Mais la rumeur a couru que le départ de Cécilia avait été provoqué par une note blanche, c’est-à-dire sans signature, des renseignements généraux, parvenue miraculeusement sur son bureau et détaillant les prétendus écarts de son mari."
Les « frais de bouche » du président
« Qui n’a pas vécu une journée avec lui passe à côté de la vraie nature de Chirac. Du matin au soir, il est tourmenté par un vertige compulsif qu’il comble en s’empiffrant, comme s’il avait à nourrir une armée de ténias. Jamais il ne semble repu.
Récapitulons. Après s’être levé, vers 7 heures, il se gorge de tartines beurrées avec du miel ou de la confiture. De quoi tenir un siège. Mais sur le coup de 10 h 30, il a toujours un petit creux. Alors, il remet ça et casse la croûte, avec des sandwichs au pâté et au saucisson. Sans oublier les cornichons.
A 13 heures, le déjeuner sera complet ou ne sera pas. A sa panse, il ne fera grâce ni de pain, ni de fromage, ni de dessert. « Il faut que ça me cale », dit ce grand gosier. C’est pourquoi il affectionne les plats à l’ancienne comme la tête de veau ravigote.
A 16 h 30 c’est l’heure du goûter. Avec des sandwichs au pâté et au saucisson, comme d’habitude. Ainsi dévore-t-il, en plus des repas, l’équivalent de deux baguettes et demie. Sans parler des biscuits qu’il grignote entre temps.
Après ça on se dit qu’il devrait en avoir jusqu’au goulet, les dents de derrière baignant dans le beurre et la charcuterie. Mais non. Le dîner est aussi consistant que le déjeuner. Chirac nettoie les plats et ne saute ni le fromage ni le dessert. S’il rentre tard, il avalera une omelette d’au moins quatre œufs.
Le tout aura été arrosé de cinq ou six bières quotidiennes. Ne crachant pas non plus sur les punchs, il a parfois du vent dans les voiles. Mais quand il est pompette, il cuve avec une grande dignité. »
Le référendum
Giscard claironnait haut et fort que le oui l’emporterait au référendum sur la constitution européenne à 53 ou 54% selon les interviews. On découvre dans le livre de Giscard que lui-même n’y croyait pas ! C’était juste de l’intox pour influencer les électeurs! Extrait : trois semaines avant le référendum, Giscard avait appelé Chirac pour lui dire " Il semble que vous allez perdre le référendum. Ce sera une catastrophe pour l’Europe. Avez-vous envie de faire un grand coup politique? (…) Vous annoncez demain que vous changez le gouvernement et que vous reportez le référendum. Quand on va dans le mur, mieux vaut faire volte-face avant."
Et pendant ce temps-là, les journalistes reproduisaient les propos de Giscard déclarant partout « J’en suis sûr le oui va l’emporter » !
Cet extrait est hilarant : "les dents de derrière baignant dans le beurre…"