La compétition pour l’accès au pétrole est l’un des principaux sujets de la visite du président Hu Jintao à la Maison Blanche.
Le président Bush a cité la croissante demande chinoise comme l’une des raisons de la hausse des prix du pétrole et a mis en garde Pékin contre les tentatives d’appropriation de certains marchés…
Avec le barril de brut à plus de 70$ et les automobilistes américains qui payent 3$/gallon (=0,64€ !!!), les officiels américains disent que le sujet du pétrole ne sera pas évité comme il l’avait été lors de la visite de Bush à Pékin l’automne dernier.
L’appétit de la Chine pour le pétrole influe aussi sur son comportement vis-à-vis de l’Iran, dont la confrontation avec l’occident sur le programme nucléaire a déstabilisé le marché du pétrole. La Chine a investi massivement en Iran, et, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, sa position sur la question des sanctions est cruciale.
En 2004 la Chine a utilisé 6,5 millions de barrils/jour, et a supplanté le Japon comme 2e plus gros utilisateur de produits pétrolier, le 1er étant les Etats-Unis avec 20 millions de barrils/jour.
Le Mercantilisme était une conception économique en vigueur en Europe du 16e à la moitié du 18e siècle. Elle se caractérise par le protectionnisme, le commerce, beaucoup exportations et peu d’importations. Les officiels de l’administration américaine a de façon répétée utilisé de terme pour décrire la Chine, comme ils l’utilisaient dans les années 80, pour décrire l’approche du commerce mondial du Japon.
Dans le cas de la Chine, le terme est de plus en plus employé pour dépeindre la version du 21e siècle du "Great Game", en référence aux luttes d’influence stratégiques, au 19e siècle entre l’Empire Britannique et la Russie des Tsars, pour le contrôle de l’Asie Centrale. La recherche de pétrole par la Chine se fond avec son désir de plus grande influence de l’Afrique en Afrique, Amérique Latine et Moyen-Orient.
Le débat public commença en septembre 2005, quand le Secrétaire d’Etat Adjoint, Robert B. Zoellick, pressa la Chine de devenir un « acteur responsable » sur la scène mondiale. Il suggéra que la Chine repense sa politique d’achat de pétrole aux birmans ou aux soudannais, parce qu’ils le pouvait. « Les relations de la Chine avec des états ‘désagréables’ indique au mieux de l’aveuglement, au pire quelque chose de plus inquiétant, » déclara Mr. Zoellick.
Les officiels chinois dirent qu’ils appréciaient beaucoup son commentaire parce qu’il suggérait une égalité entre la Chine, puissance naissante, et les Etats-Unis, puissance établie. Néanmoins, à ce jour, ils n’ont pas répondu à l’appel de l’administration à revoir leur politique.
Le géant pétrolier d’état Sinopec a signé un accord de 70 milliards de $ avec les iraniens en novembre 2004 pour développer le gisement pétrolier de Yadavaran. L’intérêt des chinois de réaliser cet investissement, est l’une des raisons pour lesquelles ils ont refusé de voter des sanctions contre l’Iran pour avoir défié le Conseil de Sécurité sur l’enrichissement de l’uranium.
La position des chinois au cours des discussions avec Bush est inconnue.
A suivre dans les prochains jours…
(Source: NY Times du 19.04.2006)
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