La dépendance énergétique, la nécessité de réduire les émissions de CO2 amènent partout un regain d’intérêt pour le nucléaire. Les problèmes liés aux déchets, à la prolifération de l’arme atomique et au terrorisme ne sont néanmoins pas résolus.
La renaissance du nucléaire est-elle simplement un palliatif pour faire le joint avec les énergies renouvelables du futur, ou véritablement une solution à long terme de production d’énergie ?
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En Grande-Bretagne, Tony Blair souhaite engager un nouveau programme nucléaire pour remplacer les vieilles centrales, malgré l’opposition des parlementaires.
En Allemagne, le ministre de l’économie Michael Glos, espère faire prolonger la durée d’exploitation des centrales au-delà de 2020 (une loi de 2001 prévoit leur démantèlement avant 2020), afin de ne pas accroître la dépendance énergétique du pays.
La voracité de la Chine et de l’Inde a incité le Japon à relancer le nucléaire. « Ils deviennent de véritables pompes à ressources dans le monde », s’inquiétait récemment le directeur de la politique nucléaire du ministère japonais de l’économie.
L’Italie, via Enel, veut retrouver une compétence perdue depuis sa sortie du nucléaire en 1987 : c’est le sens de son intérêt pour les sept réacteurs d’Electrabel (Suez) en Belgique et sa participation de 12,5 % dans l’EPR d’EDF.
La Finlande construit (par Areva) actuellement le premier réacteur en Union Européenne depuis une décennie, selon la technologie EPR (European Pressurized Reactor), opérationnel en 2009.
En janvier la France a décidé la construction d’une centrale de ce type à Flamanville dans la Manche, qui sera opérationnelle en 2012.
Aux Etats-Unis, la loi sur l’énergie de 2005 prévoit de fortes incitations pour les opérateurs souhaitant construire des centrales et la durée de vie de nombreuses centrales nucléaires a été sensiblement rallongée.
La Russie a un vaste programme de construction, même si la part du nucléaire restera modeste en 2030 (6 % de la consommation, contre 4 % en 2006).
La Chine a trente réacteurs en projet pour les quinze années à venir.
Quant à l’Inde, qui refuse le traité de non-prolifération, elle vient de signer avec Washington un accord lui donnant accès aux équipements et aux combustibles pour son programme civil.
Néanmoins, l’importance mondiale de l’énergie nucléaire restera faible : les 441 réacteurs en fonctionnement ne produisent que 6,5% de la consommation d’énergie. En France, par contre 78 % de l’électricité consommée, soit 17 % de l’ensemble de l’énergie utilisée dans le pays, sont d’origine nucléaire, ce qui permet de réduire la dépendance.
Dans le monde, seulement 24 réacteurs sont en construction et environ 60 en projet, dont 45 en Asie. C’est peu comparé au nombre de réacteurs en fin de vie…
En 2020, selon le CEA, 87 % de la production mondiale d’énergie primaire restera d’origine fossile. Le nucléaire ne représentera que 4 % du total. Un peu moins qu’aujourd’hui, mais la demande d’énergie aura progressé de 60 %.
C’est justement la protection de l’environnement qui fait remonter la sympathie pour le nucléaire. Il permet de limiter les émissions de CO2. Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, David King, est l’un de ceux qui demandent se nouvelles centrales nucléaires pour baisser les émissions de CO2 et gagner ainsi du temps jusqu’à ce que les sources d’énergie renouvelable soient disponible. Une nouvelle génération de centrale doit de plus rendre impossible la fusion du noyau. Dix pays participent aux recherches pour ce réacteur de 4e génération: Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Canada, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Japon, Royaume Uni et Suisse.
Néanmoins des états sont prêts à payer ce prix : pour protéger l’environnement, pour assurer l’approvisionnement énergétique, ou pour obtenir l’arme atomique.
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