Le rapport de Paul Volcker, publié en octobre 2005, détaille comment Saddam Hussein a détourné "Pétrole contre nourriture", concu à des fins humanitaires en faveur du peuple d’Irak, avec de nombreuses complicités à l’étranger, particulièrement en France…
Le rapport montre comment deux ex-diplomates français de haut rang ont gagné de l’argent grâce à ce programme.
A ce jour, douze personnes ont été mises en examen en France par le juge Philippe Courroye.
Elles sont soupçonnées de "trafic d’influence" et certaines de "corruption d’agent public étranger". Ce terme fait référence aux rétro-commissions versées à des officiels irakiens en échange de ventes de pétrole et de fournitures.
Parmi elles Charles Pasqua, des militants anti-embargo, des membres de réseaux pro-irakiens, des cadres de Total, des intermédiaires affairistes.
Le programme "Pétrole contre nourriture" était au départ conçu comme une "mesure temporaire destinée à couvrir les besoins humanitaires du peuple irakien", lorsque l’Irak était sous embargo, après la première guerre du golfe. Il a brassé en tout 64 milliards de dollars.
La France n’est pas le seul pays dont des personnalités sont en cause.
La corruption, dont Saddam Hussein se servait comme un moyen d’influence, a également touché la Russie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Australie, l’Inde, et même l’ONU.
Mais la France a une responsabilité particulière. Après la Russie, elle a été le deuxième pays bénéficaire de "Pétrole contre nourriture". Elle est le seul pays occidental et démocratique à être à ce point mis en cause.
Des personnalités françaises mises en cause
Serge Boidevaix, ancien conseiller diplomatique de Jacques Chirac dans les années 1970, ancien secrétaire général du ministère des affaires étrangères, ambassadeur de France à vie,, s’est retrouvé devant le juge Courroye dès le 8 septembre 2005. Il a décrit comment il avait monnayé ses entrées auprès du régime irakien.
Il a aussi décrit les failles du système onusien « Pétrole contre nourriture ».
Le régime de Saddam Hussein avait savamment détourné le programme. Il délivrait des bons de pétrole à des personnalités triées sur le volet, desquelles il attendait, en échange, des activités de lobbying pour la levée de sanctions frappant l’Irak depuis la première guerre du Golfe. "Dès le départ, l’Irak préférait vendre son pétrole à des compagnies et des individus originaires de pays perçus comme "amis" de l’Irak, en particulier s’ils étaient membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, et capables potentiellement d’alléger les sanctions," dit le rapport Volcker.
De fait, la Russie et la France ont été courtisées en priorité.
Théoriquement, les échanges de l’Irak étaient placés sous le contrôle de l’ONU. En fait, le régime irakien se livrait à une intense contrebande pétrolière. Il imposait en outre de lui reverser des rétro-commissions sur les ventes de brut et des commissions de 10 % sur le volet nourriture. Le système a rapporté d’énormes revenus illicites à l’entourage de Saddam Hussein, pendant que 26 millions d’Irakiens souffraient de l’embargo.
Serge Boidevaix admet, devant le juge, avoir rencontré des diplomates étrangers pour les convaincre d’une levée des sanctions contre l’Irak. Il admet aussi avoir perçu 22 millions de barils. Ce qui lui a rapporté une somme par lui évaluée à plus de 400 000 dollars.
Un autre ancien diplomate français de haut rang, Jean-Bernard Mérimée, a été mis en examen le 12 octobre 2005.
Ex-ambassadeur à Rome et au Maroc, ancien représentant de la France à l’ONU en 1995 (l’année où est votée la résolution "Pétrole contre nourriture"), Jean-Bernard Mérimée a lui aussi obtenu des bons de pétrole de Tarek Aziz. Les barils qu’il a obtenus, a-t-il expliqué au juge, relevaient d’un "geste de reconnaissance, une bonne manière. J’avais consacré du temps et de l’énergie à Tarek Aziz, je pense qu’il était reconnaissant de mes efforts."
Parmi les commissions dont il a bénéficié figurent 156 000 euros, versés sur ses comptes personnels au Maroc. Devant le juge, il reconnaît : "C’est une fraude fiscale."
Ancien membre du Conseil national du RPR, ancien organisateur, dans les années 1990, de voyages de parlementaires français à Bagdad, M. Grimard est mis en examen.
Il a bénéficié de bons de pétrole, délivrés par Tarek Aziz, qu’il connaissait depuis trente ans, lorsqu’il était entré en contact avec "les jeunesses baasistes".
Gilles Munier, 61 ans, secrétaire général de l’Associations des amitiés franco-irakiennes, a été mis en examen le 6 octobre 2005. Il milite encore aujourd’hui, en faveur de liens de la France avec le régime syrien de Bachar Al-Assad.
Il a aidé par le passé des élus et des journalistes français à se rendre à Bagdad et affirme sa bonne foi. Selon lui, l’argent que lui versaient les sociétés de courtage allait vers les activités de son association.
La France a obtenu, dans le cadre de "Pétrole contre nourriture", des contrats d’un montant total de 4,4 milliards de dollars pour les ventes de brut irakien. Celles-ci concernent, contrairement à la Russie, un petit nombre de sociétés pétrolières. Les compagnies Total et Socap ont représenté 74 % des achats français de pétrole d’Irak. Ces compagnies ont cessé de traiter directement avec l’Irak en septembre 2000, date de mise en place du système des surcharges illicites imposées par l’Irak aux sociétés qui levaient le pétrole.
Plusieurs anciens cadres du groupe pétrolier français ont été mis en examen par le juge Courroye. Il a orienté ses recherches vers l’utilisation par Total de sociétés écrans à l’étranger, qui lui auraient permis d’obtenir des volumes supplémentaires de pétrole irakien.
Il a interrogé à Beyrouth un intermédiaire libanais, Elias Firzli, très introduit auprès du parti Baas irakien. Le rapport de Paul Volcker affirme que lorsqu’il était consultant de Total, M. Firzli avait aidé le conseiller diplomatique de Charles Pasqua, à faire bénéficier une société suisse, Genmar, des bons de pétrole..
"Grâce à des sociétés comme Genmar et d’autres, a expliqué au juge un responsable de Total pour le secteur Moyen-Orient, Total conservait la possibilité d’acheter du brut irakien comme toutes les grandes sociétés pétrolières internationales (…). Les Irakiens se moquant de l’acheteur, du moment que les commissions étaient payées."
Les premiers bénéficiaires, les russes
La Russie a été, de loin, le premier bénéficiaire de "Pétrole contre nourriture". Des sociétés russes ont obtenu le droit de vendre du pétrole irakien pour un montant total de 19,3 milliards de dollars, soit environ 30 % des transactions autorisées dans le cadre du programme onusien, indique le rapport Volcker.
Le Kremlin, pendant les années 1990, espérait favoriser l’octroi de champs pétrolifères irakiens à
Le Parti communiste russe, le parti pro-Poutine Edinstvo, l’Eglise orthodoxe, le parti de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski (auquel ont été alloués 73 millions de barils),… ont tous trempé dans le système de corruption des officiels irakiens.
D’après le rapport Volcker, des liasses de dollars rétribuant des officiels irakiens étaient remises à l’ambassade d’Irak à Moscou. A elle seule, la société pétrolière russe Zarubejneft, contrôlée par l’Etat, aurait versé 7,9 milliards de dollars de rétro-commissions, en liquide, à l’ambassade d’Irak.
(Source : différents articles du Monde, signés Natalie Nougayrède et Gerard Davet)
En tôle et en plus, filez moi la photo, je les met au pilori avec :
"jet de tomate, de caca, de pipi, de tout ce que j’ai envie de jeter sur certains mais qu’j'm retiens parce que je suis bien élevé"
Je suis grossier, ça dérange les narines
Ben, faut bien, que je fasse sentir l’immonde odeur de leur vilain labeur : Pire que tout, certains actes puent …