Les bons aspects de la mondialisation

Richard W. Fisher et W. Michael Cox, respectivement, president et chef économiste de la Federal Reserve de Dallas, ont co-signé un article intitulé "The good in globalization" dans l’International Herald Tribune du 09.04.2006.
Il y font un vibrant plaidoyer en faveur de la mondialisation. En voici la traduction…

Les manifestations en France pour la sécurité du travail des jeunes ont montré la faille entre la mondialisation et la politique publique.
D’une part, le gouvernement français a reconnu que ses lois du travail sont anti-compétitives et un fardeau pour l’économie.
La réaction de la population montre pourtant la profondeur du désaccord sur la réalité de l’économie mondialisée.

 Les Nations ne peuvent plus rester à l’intérieur de leurs frontières et poursuivre des politiques incompatibles avec une économie mondiale de plus en plus intégrée.
Les types de services, d’industries et d’esprit d’entreprise qui génère la prospérité nationale sont plus mobile que jamais, et abandonneront les pays qui enchaînent inutilement les entreprises et le travail.

La Federal
Reserve Bank de Dallas a conduit une étude qui montre que les nations les plus « mondialisées » poursuivent des politiques qui permettent une croissance plus soutenue, une inflation plus faible, des revenus plus élevés,  et une plus grande liberté économique.
Les moins « mondialisées » prônent  des politiques qui interfèrent avec les marchés et mènent à la stagnation, l’inflation et réduisent la compétitivité.

Notre analyse a été menée à partir des résultats produits par le magazine Foreign Policy et A.T. Kearney, société de consulting, qui a classé 60 pays par degré de mondialisation.
Singapore, l’Irlande, les Etats-Unis et d’autres pays au top du classement sont beaucoup plus intégrés à l’économie mondiale que des pays isolés comme l’Iran, l’Egypte et le Bengladesh.
Nous avons réparti les pays en quatre groupes et analysé, pour chaque groupe, les politiques qui créent la performance économique.  

Prenez l’inflation, dans un monde où le capital peut filer partout en un click de souris, les nations devraient considérer les vertus de la stabilité des prix et de la préservation de la monnaie. Et elles le font : les nations les plus mondialisées de notre étude avaint un taux d’inflation moyen de 2,3%, comparé aux 10% des nations de la catégorie la moins mondialisée

L’essentiel est clair : plus les pays s’intègrent dans l’économie mondiale, moins elles maintiennent des barrières au commerce et aux flux de capitaux.
Ils sont moins enclins à imposer des taxes aux sociétés et des réglementations coûteuses.
Leurs politiques technologiques sont plus favorables à l’innovation.
 …
Le « contretemps » (en français dans le texte) français illustre que les politiques du travail sont moins sensibles à la mondialisation que des facteurs tels que les impôts ou les barrières douanières.
Aussi longtemps que les travailleurs refusent de reconnaître qu’ils sont en compétition dans une économie mondiale, ils revendiqueront d’un gouvernement réputé riche la protection de leurs emplois. Ceci en retour ralentit la croissance des emplois et augmente le chômage, créant une demande plus forte d’indemnisations coûteuses pour les chômeurs.

 
Néanmoins, la mondialisation modifie peu à peu les lois du travail. La France, l’Allemagne et d’autres commencent à se rendre compte que leurs lois du travail sont anti-compétitives, et le timing du changement est une question politique et non économique.

Les critiques de la mondialisation argumentent qu’une économie mondiale plus ouverte amène le nivellement par le bas en encourageant les pays à jeter par-dessus bord les protections des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement.
En réalité c’est le contraire qui est vrai. Si nos données montrent quelque chose, c’est que la mondialisation enclenche une course vers le haut en poussant les pays à abandonner les politiques qui pèsent sur leurs économies en faveur de celles qui alimentent la croissance et les opportunités.

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3 Réponses à “Les bons aspects de la mondialisation”


  1. 1 idoine

    Je ne sais pas à quoi sert de faire un playdoyer, pour un truc que personne ne maîtrise.
    C’est comme si tu disais : les choses se déroulent comme elles doivent se dérouler, on y peut rien, mais tout est pour le mieux !

  2. 2 Jakouiller

    La question n’est pas de maîtriser, mais de bien s’adapter pour générer de la croissance et des emplois.
    Le titre est en effet mal choisi. En anglais "The good in globalization"… Les bons aspects de la mondialisation serait meilleur.

  3. 3 Sylvain C.

    Croitre… voire, mais pour aller où ? Le vrai problème, c’est qu’à part préserver l’emploi, enrichir les plus riches et inciter à consommer toujours plus, le modèle de croissance libéral ne constitue pas une vision de long terme de l’humanité.
    Il met surtout gravement en péril l’équilibre de la planète et donc l’avenir de l’homme. Indépendemment de l’injustice sociale générée par la mondialisation libérale, quoi qu’en dise le plaidoyer, c’est cette question qui reste centrale. Quel avenir pour l’homme, sur quelle planète ?

    PS : une partie des informations fournies dans le plaidoyer sont fausses. On pourra s’en convaincre à la lecture des derniers rapports de l’OIT ou sur ce site : http://www.gapminder.org/index.h...

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