Le projet "Hamilton"

Un groupe d’économistes de renom, dont certains ont eu des responsabilités gouvernementales de très haut niveau, viennent d’écrire un "manifeste" pour redonner de l’espoir à la France et aux français.
Ce projet a pour but d’alimenter la réflexion pour l’élections présidentielle de 2007…

Manifeste

"L’éducation et le travail peuvent donner à chaque individu une opportunité de réussir et à chaque génération une prospérité supérieure à celle de ses parents.
Cette promesse, qui a formé le socle du progrès économique et social depuis deux siècles, est aujourd’hui remise en cause parce que le pays n’a plus investi dans son futur.
Il a échoué à résoudre ses problèmes de déficits et a pourtant négligé les investissements clés : son système de formation ne fournit pas aux enfants une éducation d’un bon niveau international, ses infrastructures ne sont pas préparées aux défis technologiques de demain, son Etat ne s’est pas adapté pour répondre utilement et efficacement aux demandes de la population d’aujourd’hui.
Sans changements, l’avenir des jeunes Français restera inhibé, alors qu’il peut en être autrement.

" Le premier danger pour les jeunes est la dette accumulée. Elle va peser sur leur dos alors qu’arrive l’âge de la retraite de la génération du baby-boom. Les systèmes sociaux risquent de ne pas tenir financièrement.
En outre, ces déficits menacent la confiance et, avec elle, la croissance pour des décennies.

Le deuxième danger est l’impréparation de l’avenir. Pour les salariés français, la compétition de la Chine ou de l’Inde ne se limite pas à l’industrie mais concerne tous les services qui peuvent être fournis électroniquement à longue distance.

. La France peut essayer de s’isoler et de fermer ses portes à la mondialisation. Cette approche est irréaliste et peu sérieuse, étant donné le degré déjà grand d’ouverture de notre économie. Mais les tenants du libre-échange, et les auteurs de ce texte en font partie, doivent aussi reconnaître que les libéralisations peuvent causer des fractures sociales.
Il n’est donc pas suffisant de prôner une poursuite du libéralisme, il faut aussi développer des politiques qui améliorent la productivité et qui partagent à la fois les coûts et les avantages de l’ouverture commerciale.

" Pour réduire la dette, il faudra des choix politiques et une volonté. Le problème est si lourd que nous pensons nécessaire de préférer une approche bi-partisane. Pour savoir comment relancer la croissance et l’innovation, un important travail intellectuel est encore nécessaire. Un débat doit s’ouvrir dans le pays pour parvenir à présenter aux hommes politiques des options plutôt que des solutions fermées. Les nouvelles réalités requièrent des visions neuves, des idées intelligentes et du courage politique. Notre projet est d’ouvrir ce débat.

" Pour y contribuer, nous avançons trois principes. Le premier est que l’économie pour être forte et durable ne doit exclure aucune partie de la population.
L’économie
moderne repose sur le capital humain. Dans la compétition mondiale, la France n’a pas les moyens de sous-utiliser une fraction importante de ses forces à cause du chômage ou d’une mauvaise formation.
L’éducation est l’ingrédient essentiel. Les études montrent que l’investissement dans la formation compte parmi les plus "rentables" sur la durée d’une vie. Malheureusement, la France gâche beaucoup de ce potentiel par un système mal organisé.

" Deuxième principe : l‘insécurité économique affecte la croissance.
Sans
une protection efficace en cas de revers, les gens ont tendance à fuir tous les risques, l’excès de prudence s’installe. C’est le cas en France aussi bien pour les salariés que pour les entrepreneurs.
Les bénéfices de la technologie et de la concurrence sont freinés par les craintes de leurs effets déstabilisants dans certains secteurs. Un excès de protection ruine l’incitation au travail. Il faut donc revoir les politiques actuelles pour retrouver un équilibre efficace.

" Troisième et dernier principe : le gouvernement peut agir.
Le marché est la pierre angulaire de la croissance mais il ne peut pas générer seul les investissements dans l’éducation, la science, la recherche. La politique doit tout à la fois soutenir les forces du marché et jouer son rôle dans les investissements clés. Les responsables politiques doivent reconnaître qu’ils peuvent réduire les risques mais pas les éliminer et ils doivent apprendre à la population à les mesurer plutôt que lui promettre des protections futiles et intenables.

En revanche, ils doivent promouvoir l’innovation. La croissance dépend de plus en plus de la technologie. La France est très en retard, le gouvernement doit accroître nettement ses investissements dans la science et la technologie et réformer son système de recherche."

Ce manifeste est signé par Roger Altman, Jason Bordoff, Peter Orszag, et Robert Rubin, ancien conseiller et secrétaire d’état au trésor de Bill Clinton.
Il concerne bien sûr les Etats-Unis et non la France. Eric Le Boucher l’a réécrit et adapté pour l’appliquer à notre pays, et publié dans Le Monde du 09.04.2006.
Le  projet Hamilton, c’est ainsi qu’il s’appelle, prépare le programme démocrate pour les prochaines présidentielles. Sur le site (en anglais) vous  en trouverez le texte intégral, le webcast et le script de la conférence de lancement le 5 avril 2006


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2 Réponses à “Le projet "Hamilton"”


  1. 1 idoine

    Il faut reconnaître, que quand il s’agit d’expliquer clairement dans un langage simples, les américains sont champions (ce qui nous change des discours intellectuo-pompeux de certaines élites française)
    Donc : bravo ;-)

  2. 2 idoine

    Je ne pense pas que le fait que les auteurs soient des libéraux font de tous leurs propos qlq chose d’ultralibéral. Le fait de désirer un modèle plus humain devrait, il me semble nous tourner vers des valeurs où : - l’enseignement - la recherche et de plus - l’apprentissage des relations humaines - l’étude et la compréhension des différentes cultures le tout dès le plus jeune age devrait faciliter la mise en place d’un modèle où le “pognon” ne règnerait pas en maître. Avant de dire LES FRANCAIS (ou les hommes en général) NE PEUVENT SE DEFINIR PAR CE QU’ILS NE VEULENT PAS mais plutôt par ce qu’ils veulent. point barre logique. pour info : en logique un élément muni d’une barre (dans ton exemple le point barre), c’est l’inverse du point ;-)

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