Synthèse de l’accord entre Alcatel et Thales

Les groupes français Alcatel et Thales (électronique de défense) ont annoncé le 5.04.2006, un accord prévoyant qu’Alcatel passera sa participation dans Thales de 9,5% à 21,6 % et lui apportera en échange sa branche satellites et les systèmes critiques pour la sécurité.

Les actifs apportés par Alcatel à Thales comportent :

  • 67 % dans Alcatel Alenia Space, spécialisé dans la construction de satellites civils et militaire, et détenu à 33 % par Finmeccanica,
  • 33 % de Telespazio, spécialisé dans les services satellitaires et détenu à 67 % par Finmeccanica,
  • Les activités systèmes de transports, spécialisées dans les solutions de signalisation pour transport ferroviaire et métro urbain,
  • Les activités systèmes de transports, spécialisées dans les solutions de signalisation pour transport ferroviaire et métro urbain
  • Un chiffre d’affaires 2005 de 2 milliards d’euros et un résultat opérationnel d’environ 130 millions.
  • Des effectife d’environ 11 000 salariés, travaillant principalement en France, en Allemagne, en Italie et au Canada.

L’Etat français descendra mécaniquement à 27,1% du capital de Thales contre 31,3 % précédemment, restant ainsi le premier actionnaire du groupe.
Il a opposé une fin de non-recevoir au souhait du groupe d’aéronautique et de défense EADS (Airbus) d’accompagner cette opération par l’apport immédiat de ses propres activités dans les satellites à Thales, moyennant une entrée au capital de ce dernier à hauteur de 20 %.

L’aval donné à la montée au capital de Thales constitue un succès pour Serge Tchuruk, le PDG d’Alcatel, qui, dimanche 2 avril, a également bouclé la fusion avec l’américain Lucent.
Cette opération, selon Alcatel, devait s’accompagner de la mise à l’écart simultanée d’une activité satellites jugée stratégique pour l’Europe, ce qui facilitera les accords gouvernementaux à la fusion Alcatel-Lucent.
Parallèlement
, Lucent externalisera ses activités liées à la défense aux USA (laboratoires BellSouth).

La décision prise par le gouvernement marque en revanche un nouveau revers pour le groupe Lagardère, l’un des deux principaux actionnaires d’EADS (avec l’allemand DaimlerChrysler). En 1997, lors de la privatisation de Thomson-CSF, l’« ancêtre » de Thales, les pouvoirs publics avaient déjà préféré Alcatel à Lagardère.
Quelques heures après cette décision la direction de Lagardère a annoncé qu’elle allait réduire sa participation dans EADS de 7,5 %, pour la ramener à 22,5 %. La direction de DaimlerChrysler a fait la même annonce.
Depuis plusieurs mois, Lagardère et DaimlerChrysler ne cachaient pas leur volonté de réduire leurs participations afin de pouvoir se concentrer, l’un, sur les médias, l’autre, sur l’automobile.

EADS a mal pris la chose et le Figaro du 07.04.2006 titre son article, « La colère froide de Noël Forgeard », le co-président exécutif d’EADS.
Celui-ci met en avant « une belle occasion manquée pour Thales, pour nous et pour la construction d’une Europe de la défense forte à un moment de pénurie budgétaire ».
Il insiste sur l’avenir brillant de son groupe avec « les avions ravitailleurs, l’avion de transport militaire, l’A 400 M, l’Eurofighter, les hélicoptères de combat Tigre et NH 90, les satellites militaires – nous avons du reste remporté tous les derniers appels d’offres – les missiles de MBDA, les projets de drones tactiques » et réfute les arguments mis en avant par Thales.


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