La crise du CPE vue par nos partenaires européens

Après le non au référendum sur la Constitution, les violences dans les banlieues, la France se distingue à nouveau en Europe par la crise du CPE. La plupart des gouvernements réagissent avec agacement, qu’ils soient idéologiquement pour des solutions libérales ou de gauche. Ils s’acharnent eux à adapter leurs pays à la mondialisation…

"En ce moment tout le monde vous tape dessus. Vous les Français, êtes décidément toujours un peu à part. Vous vous révoltez quand partout on essaie de s’adapter au modèle libéral", estime le président du Parlement européen, le socialiste Josep Borell, partagé entre résignation et incompréhension.

Partout la flexibilité progresse dans les relations de travail

En Espagne un tiers des salariés ont un CDD. 70% des jeunes seraient dans ce cas. Le gouvernement socialiste espagnol, qui discute depuis quelques mois avec les partenaires sociaux pour réformer le marché du travail, ne tient pas à ce que le conflit français "pollue" ses négociations. Le patronat espagnol explique que ce sont les contraintes du CDI qui induisent la multiplication des CDD.
En Italie, la flexibilité de l’emploi est aussi une réalité depuis la loi Treu de 1997, introduite par le gouvernement socialiste Prodi. Elle a été renforcée en 2003 sous le gouvernement Berlusconi par la loi Biagi. Ce texte met à la disposition des employeurs une panoplie de contrats de travail à durée déterminée et avec une faible protection sociale. 70 % des emplois créés en 2005 l‘ont été de manière précaire. En Espagne et en Italie, le chômage a fortement baissé.

 La Belgique a ne comprend pas que la France traverse régulièrement des crises et des blocages. Pour beaucoup de responsables politiques et économiques cela traduit un refus de toute réforme. Ils trouvent que le fonctionnement de leur propre pays a de nombreuses qualités. La vice-première ministre socialiste Laurette Onkelinx cite même en exemple une Belgique "qui se réforme en permanence".
Des formules de mise au travail des jeunes ont été inaugurées il y a de nombreuses années. Les syndicats ont dénoncé, souvent sans succès, ces "sous-statut" mais obtenu au fil du temps des mesures complémentaires, comme des quotas obligatoires pour l’engagement de jeunes.
"La concertation apparaît à certains comme une perte de temps, une formalité inutile. On voit, sur la base de l’exemple français, à quel point ce raisonnement est erroné", souligne Claude Rolin, secrétaire général de la Confédération des syndicats chrétiens, première organisation du royaume avec 1,6 million d’adhérents.

La même constatation vaut généralement en Allemagne, où les syndicats sont actuellement sur tous les fronts face aux pressions pour l’allongement du temps de travail et sa flexibilisation. Le Parti social-démocrate a dû aussi accepter, dans le contrat de coalition signé avec les chrétiens démocrates, l’extension des périodes d’essai de six mois à deux ans.

 

En Grande Bretagne, dans la classe politique, l’incompréhension teintée de commisération sur le thème : "décidément, incorrigibles Français !" Le refrain souvent repris, c’est que les jeunes incarnent une révolte un rien "petite-bourgeoise" destinée à perpétuer les avantages de la protection sociale de à leurs parents. La France est vue comme un pays où le peuple crie au changement lors de chaque élection, et se cabre dès qu’un gouvernant introduit un changement.

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2 Réponses à “La crise du CPE vue par nos partenaires européens”


  1. 1 idoine

    “Ils s’acharnent eux à adapter leurs pays à la mondialisation” Ailleurs on parle d’adapter un “pays”, en France on a le problème d’adapter “des hommes” …

  2. 2 pic

    La FRANCE est en crise. Que notre gouvernement fasse des réformes. Arrêtez de critiquer ce que la France fait. La France n’est plus ce quelle était et tout ce qu’on va réussir à obtenir, c’est une "fuite des cerveaux". Les bons français vont partir pour laisser le pays à ces pauvres hommes qui n’ont rien compris à la vie et qui croivent que le changement = trop de boulot et compliquer. BRAVO bande d’abruti.
    En tout cas, j’encourage le gouvernement à prendre les mesures nécessaires (qu’il soit de droite ou de gauche). ARRETONS d ETRE FENEANT…

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