Au-delà des polémiques et manifestations qui accompagnent le fameux CPE, c’est d’un vrai phénomène de solidarité à l’envers et obligatoire dont est aujourd’hui victime notre jeunesse : non seulement nous allons lui demander de payer nos dettes, mais encore elle devra le faire en travaillant dans des conditions d’autant plus difficiles que notre travail à nous, qui sommes déjà en place, restera rigide et sur-protégé.
LA JEUNESSE DEVRA D’ABORD REMBOUSER NOS DETTES.
Pour bien vivre, nous avons, comme aurait pu le faire un ménage imprudent, beaucoup trop emprunté. Et comme nous avons vite compris qu’on pouvait en « transférer » le remboursement sur ceux qui suivent, en ne payant que les intérêts, nous ne nous en sommes pas privés. De François Mitterrand à Jacques Chirac, nous avons poussé nos hommes politiques à protéger notre confort et notre fameux « système à la française », en faillite depuis belle lurette si nos enfants n’étaient pas bientôt là pour payer une addition dont on sait aujourd’hui qu’elle sera lourde.
Il va donc falloir qu’ils travaillent beaucoup, ces enfants. Plus que nous en tous cas et dans des conditions d’autant moins bonnes qu’ils vont servir de soupape de sécurité sur un marché du travail rigidifié par ceux qui sont entrés il y a déjà quelques années.
Leur second fardeau sera d’ASSUMER SEULS L’INEVITABLE FLEXIBILITE DU TRAVAIL, dont tous les exemples étrangers montrent qu’elle est nécessaire pour créer des richesses et donc de l’emploi dans une économie moderne.
Bien sur, demander à tous d’en assumer leur part remettrait en cause beaucoup « d’avantages acquis »…par ceux qui sont déjà entrés et installés dans le circuit du travail. Il n’en est donc pas question, aucun homme politique n’aurait le courage de le faire, ni même de le dire.
Mais notre fameux « système » est habitué à cela et a su trouver des parades. Ainsi a-t-il crée dans les services publiques une masse importante « d’auxiliaires » destinés à suppléer aux rigidités générées par le statut des « titulaires ». Le mécanisme s’est généralisé à l’ensemble du marché du travail par les intérimaires, stagiaires, avec une cible prioritaire, les jeunes.
Leur témoigner une vraie et effective solidarité ne consiste pas à manifester avec eux, ou à « suivre » leur mouvement. Elle consisterait à renoncer à ce qui est archaïque, à ce qui n’est plus compatible avec les données économiques actuelles, afin de répartit sur tous l’effort nécessaire. Ils ont raison de manifester, les jeunes, mais honte à l’hypocrisie de ceux qui veulent faire croire « qu’on est avec eux ».
Et même s’ils accèdent enfin, après ce qu’il faut bien considérer comme un parcours du combattant, à cet emploi tant recherché, ILS DEVRONT SE CONTENTER DE PEU.
C’est leur troisième fardeau. Même si le phénomène est couvert du voile pudique du honteux, ils faut que ceux qui arrivent sachent qu’ils gagnent peu parce que ceux qui sont déjà dans la place gagnent trop tout en ne travaillant pas assez ! Ce qu’il advient dans ce genre de circonstances : les générations ne veulent pas s’opposer les unes aux autres set se réconcilient contre leurs gouvernants paralysant encore davantage toute possibilité de réforme. Ainsi va la France…
La question posée est donc bien celle de la « stratégie » de la réforme indispensable. En ne mettant pas clairement sur la table le problème d’ensemble, celui de la nécessaire solidarité pour moderniser le pays, la classe politique a contribué à désespérer une jeunesse qui voit de moins en moins ce que le monde que nous lui laissons va lui apporter. Le statut et la rémunération des nouveaux entrants ne peuvent pas se négocier et se décider indépendamment de l’ensemble des statuts et des rémunérations. C’est comme ça, sauf à fabriquer toujours plus d’exclus pour que ceux qui sont « en place » continuent à profiter.
Et toi profites tu bien ?
"Même si le phénomène est couvert du voile pudique du honteux, ils faut que ceux qui arrivent sachent qu’ils gagnent peu parce que ceux qui sont déjà dans la place gagnent trop tout en ne travaillant pas assez !"
Ben voyons!
On dit que quand le sage pointe vers la lune, l’idiot ne regarde que son doigt.
Et quand toutes les statistiques économiques montrent que les revenus de travail ont fondu au profit de ceux du capital, il y a toujours des benêts pour venir t’expliquer doctement que c’est à cause des salariés si les salariés gagnent moins.
De quelles statistiques parles-tu? Les salaires n’ont pas diminué, ou alors donne tes sources?
Déjà, tu pourrais commencer par lire ça, ça t’éviterait de confondre salaire et revenu (quand on veut donner des leçons d’économie aux jeunes générations, ça la fout mal):
http://www.ac-versailles.fr/cerp...
Aki leka, tu me parais bien agressif(ve), au lieu de répondre à la question que je te pose, “quelles sont tes sources?” pour affirmer ce que je considère comme une contre-vérité jusqu’à preuve du contraire, tu m’envoies n’importe quoi, pour “m’apprendre” ce que je sais depuis plus longtemps que toi! Sinon je serai contraint de scratcher tes propos, qui ne seraient alors que futiles gesticulations, occupant inutilement de la place sur le blog.
Le problème , c’est que toutes les statistiques de l’INSEE ne sont pas accessibles en ligne. Mais si tu peux te procurer l’équivalent de ce tableau là pour la période 1980-2005: http://www.insee.fr/fr/indicateu...
Tu constateras par toi même qu’entre 1982 et 2002, la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée brute est passée de 72,5% à 64,2%.
Et si tu veux d’autre chiffres, tu peux aussi aller consulter ça: europa.eu.int/comm/econom…
Tu constateras que selon la commission européenne, peu suspecte de gauchisme, la part des salaires dans le partage de la VA est passé de 78,4% à 66,4%¨entre 1981 et 2005.
Voilà, excuse moi si ces chiffres sont trop agressifs pour tes croyances…
Merci pour ces statistiques fort instructives. Je n’y lis nulle part que les salaires ou revenus auraient baissé. J’y lis même (annexe du rapport de la commission européenne en page 192) que les salaires ont augmenté année par année depuis 1961, et tant mieux. Ne confondons pas le niveau des salaires et la part des salaires dans la valeur ajoutée. Si celle-ci baisse, c’est tout simplement que l’augmentation de la productivité est supérieure à l’augmentation des salaires. Tant mieux là aussi, car sinon nos entreprises seraient en faillite.
Oui et tu auras également du mal à lire dans mon post "que les salaires ont baissé"…
Bref, le gateau a grossi, et la part des salaires dans ce gateau de 10% en 20 ans.
Je me demande bien pourquoi il devraient continuer à se bouffer le nez entre eux plutôt que demander les parts perdues aux actionnaires.
La presse anglo-saxonne et la "crise du CPE"
Philip Stephens, chroniqueur au Financial Times Financial Times décrit, dans le journal du 23.03.2006, les français comme ayant peur de tout et n’importe quoi, comme divisés entre ceux qui sont dans et hors le système, entre les fonctionnaires…