Tony Blair est désormais sûr de laisser en héritage une loi qui lui tient très à coeur, conforme à son slogan proclamé dès 1997 : “J’ai trois priorités : éducation, éducation, éducation.”. Sa réforme de l’éducation a passé son épreuve parlementaire décisive, mercredi 15 mars aux Communes. L’objectif affiché de la réforme est clair : améliorer la qualité de l’enseignement en Angleterre… (Résumé de l’article de Jean-Pierre Langellier, Le Monde du 17.03.2006)
Tony Blair voulait cette victoire plus que toute autre.
Le premier ministre britannique l’a arrachée, mais au prix fort, car il la doit au soutien des conservateurs.
D’après les statistiques officielles, 40 % des élèves ont un niveau scolaire insuffisant, un enfant sur cinq ne maîtrise pas l’anglais à la fin du primaire, et un sur quatre n’est pas à la hauteur en mathématiques. Le gouvernement veut résoudre ce problème en instaurant une plus grande concurrence entre des écoles publiques. D’où le coeur du projet : les écoles qui le souhaitent pourront prendre leur autonomie vis-à-vis des autorités locales qui les gèrent actuellement. Elles seront administrées par un “trust”, une fondation, sous la direction d’un sponsor privé, qui pourra être une association, une université, un club sportif, une entreprise ou un groupe de parents d’élèves. Ces derniers joueront un rôle accru.
Ces “écoles fondations” seront propriétaires de leurs terrains et bâtiments, pourtant payés à 100 % par l’Etat. Elles ne pourront faire aucun profit ni imposer de droit d’inscription. Elles ne pourront pas sélectionner leurs élèves en fonction de leurs aptitudes scolaires et devront obéir à un code de conduite.
Des entreprises comme Toshiba, Honda ou Vodafone, des banques comme UBS, les Eglises anglicane et catholique, un milliardaire musulman et nombre d’associations ont déjà dit vouloir parrainer ces écoles.
La nouvelle loi viendra diversifier un paysage scolaire anglais très disparate.
94 % des élèves fréquentent les 21 000 écoles publiques primaires et secondaires, les autres étudiant dans 2 000 établissements privés. Parmi les écoles publiques, 7 000 sont confessionnelles. Dans le secondaire, les écoles publiques classiques sont en voie de disparition, car 75 % des 3 300 collèges et lycées sont “spécialisés” dans un domaine - gestion, langues, art, mathématiques ou mécanique - et peuvent sélectionner 10 % des élèves sur leurs aptitudes. Sans oublier les 164 “Grammar Schools”, vestiges d’un enseignement hautement sélectif.
Ce désir d’impliquer des partenaires extérieurs privés dans la gestion de l’enseignement s’est traduit en 2002 par le lancement des “City Academies”, aujourd’hui au nombre de 27, concédées à des sponsors moyennant une mise de fonds équivalant à 3 millions d’euros.
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